‹ Les manuscrits et la miniatureChapitre 19 sur 144 · I. \'. Huillard-Bréholles, Ilistoria diploniatica, III · texte numérisé non relu

I. \'. Huillard-Bréholles, Ilistoria diploniatica, III

c"'est-à-dire, au moment même où naissait Timprimerie, dont il devait si puissamment aider le développement. I Dans cette première période de son existence, il est généralement assez épais, et son épaisseur est en raison directe de son ancienneté. Il offre des vergeures et des pontuseaux très marqués, des filigranes variés et bien dessinés, dont la classification méthodique, quand elle pourra se faire, aidera à reconnaître la provenance de chaque espèce et jettera un grand Jour sur les origines de notre papeterie ^ Enfin, il est déjà remarquable par sa solidité et sa souplesse, qualités qui devaient promptement le faire préférer à toutes les matières précédemment usitées. Son prix de revient, aussi élevé d'abord que celui du parchemin, mais abaissé bientôt dans des proportions considérables, contribua largement aussi à son merveilleux succès. L'énumt'ration des procédés de plus en plus perfectionnés employés pour la fabrication de cette matière, aujourd'hui si commune, et des innombrables variétés inventées par Tindustrie européenne, en particulier par l'industrie française, appartient à l'histoire du livre moderne.

Ce n'est pas tout de voir sur quoi l'homme a écrit aux différentes époques : nous devons nous demander maintenant avec quoi. Les instruments de l'écrivain ont nécessairement dû varier suivant la nature de la substance sur laquelle son talent avait à s'exercer. Sur

I I. On peut consulter dès à présent, sur l'histoire de cette industrie, le Papier da)js l'antiquité et les temps modernes, par M. Egger, les Rapports du jury de TExposiiion universelle de 1867, II' 'o^ ^^ suiv., l'ouvrage déjà cité de Géraud, p. 84, l'Etude sur les filigranes de Midoux et Matton, les Niiove effemeride Siciliane, loc. cit., etc.

LES INSTRUMENTS DE L'ECUITURK. ^i.

la pierre, la brique, les métaux, le bois, sur la cire même et sur tous les corps durs en général, les caractères ont presque toujours été tracés à la pointe sèche. Cette pointe, en fer, en bronze ou en os, pourvue d'un manche sur lequel elle pouvait quelquefois se replier, s'appelait chez les Romains graphium ou stylus. Le style ou stylet ne servait pas seulement à cet usage pacifique : il faisait, comme Ton sait, des blessures mortelles, et sa forme aiguë nous l'explique facilement. L'extrémité du m.anche était souvent aplatie, pour permettre d'ctfacer ce qui était écrit sur la cire et de la rendre unie ; d'où l'expression si connue : styliim vertere. Cet instrument, dont nos musées renferment de nombreux spécimens, resta à peu près le même au moyen âge.

Saint Jérôme nous dit dans une de ses lettres: « Le stylet écrit sur la cire, le roseau sur le papyrus ou le parcheminé » Ce roseau, bien distinct de celui' qui fournissait le papier d'Egvpte, n'appartenait pas, comme lui, à une espèce déterminée. Il se récoltait, par conséquent, un peu partout; mais les anciens le prenaient de préférence sur les bords du Nil, à Memphis, et dans le lac Anaïtique, en Arménie. On le nommait ordinairement calamiis, mot qui éveille immédiatement le souvenir des pastorales antiques et dont le diminutif a produit dans notre langue celui de « chalumeau ». On réunissait les calami en faisceaux, et on les conservait dans un étui spécial [thcca calamarifi]^ Joint quelquefois à l'encrier, comme on le voit sur un marbre des cata-

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