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Fie. I. CALENDRIER EN MARBRE, DECOUVERT A rOMPÉl.
( D après une reproduction du Miisco BoiI'OiiiiO.)
dans Polybe et dans les ruines de Pompiii. Chacun sait quelle place importante occupe dans la science la classe
lo LES MANUSCRITS ET LA MINIATURE.
innombrable des inscriptions romaines, qu'enrichissent tous les jours de nouvelles découvertes. Les Romains se servaient aussi de la pierre ou du marbre pour conserver les édits de leurs préteurs, pour afficher certains actes, pour écrire Iquts fastes ou calendriers, exposés chaque année dans les lieux publics et contenant des indications relatives à Tastronomie, au comput, à Tagriculture, aux cérémonies religieuses, etc. Ces calendriers affectaient la forme de cubes, et chacune des quatre faces verticales de ces cubes était remplie par un trimestre. Au moyen âge enfin, malgré l'emploi universel du parchemin, la pierre reçut, comme de nos jours, les inscriptions tumulaires, et quelquefois des chartes entières, gravées, soit sur les murs des églises, pour rappeler aux fidèles les donations de quelque bienfaiteur, soit sur les édifices municipaux, pour constater un privilège accordé aux habitants. On voit en Italie des spécimens assez fréquents de ces chartes lapidaires; en France, on en connaît à peine une dizaine, qui se trouvaient notamment dans l'église de Saint- Germain des Prés, à Paris, dans les cathédrales d'Arras et d'Orléans, et sur les portes de la ville de Blois. Elles remontent toutes à une époque antérieure au xiii'' siècle ^ Ainsi la pierre n'a pas été uniquement réservée aux inscriptions proprement dites; elle nous a transmis des monuments écrits d'une certaine longueur, et presque des livres, comme la chronique de Paros, conservée à Oxford sur les marbres d'Aruntiel. Quelques pierres précieuses ont même prêté à
I. Voy. la Bibliothèque de l'Ecole des chartes, i^ série, III, p. 3i et suiv.
LES INSTRUMENTS DE L'ECIUTUKE. ji
rhistoirc le secours de leur solidité inahérablc; mais elles n'ont pu recevoir que des fragments très courts. Tel est le cône de basalte trouvé dans TEuphrate et couvert de caractères cunéiformes qu'on peut voir au Cabinet des antiques de la Bibliothèque nationale. Des inscriptions plus brèves encore ont été quelquefois gravées sur Tagate, sur le Jaspe, sur la cornaline.
Les métaux ont également perpétué Jusqu'à nous des textes importants. Les anciens confiaient au bronze aussi bien qu'à la pierre des lois, des traités de paix et même des actes moins solennels, comme le fameux sénatus-consulte qui interdit, l'an 566 de Rome, la célébration des bacchanales, et qui se trouve au musée de Vienne. Ont-ils été Jusqu'à faire des livres en airain, comme on l'a prétendu, et comme le savant Géraud paraît le croire^? Les paroles d'Hyginus sur lesquelles il s'appuie (in curis librisi désignent plutôt de simples tablettes de bronze, puisqu'elles ne sont mentionnées qu'à propos de concessions et de délimitations de terres ne sortant pas de la catégorie des actes. Les Spartiates écrivirent aux Juifs, du temps des Macchabées, sur des tablettes de ce genre. Des lettres missives assez nombreuses se sont conservées sur le bronze, et un discours presque entier de l'empereur Claude se voit encore à Lyon gravé sur ce métal. On possède même un poème de l'an io35 dont l'auteur déclare que l'airain fera passera la postérité un double de son ouvrage; mais un poète parlant de ses vers est toujours quelque peu sujet à caution.