I. Essai sur les livres dans l'antiquité, p
L'écriture sur plomb a des origines très reculées, d'après un des plus vieux récits de la Bible. « Ah ! s'écrie 7ob, si mes paroles étaient consignées dans un livre avec un stylet de fer!... si elles étaient tracées sur des lames de plomb ^ ! » Faut-il, ici, prendre le mot liber à la lettre? Il est certain que le plomb se prêtait davantage, par sa nature, à recevoir la forme d'un volume, et qu'effectivement les anciens, avant la propagation du papyrus, disposaient ce métal en lamelles très minces, qu'ils assemblaient ou qu'ils roulaient, après y avoir écrit des actes, des prescriptions religieuses ou des fragments quelconques". Ainsi des sentences tirées d'Hésiode, tracées sur de longues bandes de plomb, se lisaient encore, au \f siècle de notre ère, dans un temple de Béotie ^. C'est peut-être sous cet aspect que se présentèrent les premiers livres; mais ce n'était pas encore là une invention de nature à faciliter la rédaction et la diffusion des œuvres de Tesprit, des morceaux de longue haleine : ce n'était que l'embryon du livre.
Quant à l'or et à l'argent, ils ne servirent jamais à l'écriture qu'à titre exceptionnel, pour flatter quelques empereurs romains. Il faut en dire à peu près autant du cuivre. Mabillon indique bien une ordonnance de Charlemagne gravée sur cette matière; mais son authenticité est fort douteuse. Le métal, en général, fut abandonné de très bonne heure, et le moyen âge n'y
1. Job, XiX, 24. Voir sur ce passage RosenmûUcr, Prolegomena in Jobiim.