‹ Les manuscrits et la miniatureChapitre 44 sur 144 · Mss. 291 et 297 de la bi-bliothèque de Douai · texte numérisé non relu

Mss. 291 et 297 de la bi-bliothèque de Douai

autant de points il y a dans ton livre, autant de fautes te sont remises'. » Un religieux, qui avait à se reprocher une assez grande quantité d'infractions à la discipline, s'était volontairement imposé pour pénitence la transcription d'un gros volume de TEcriture sainte. Après sa mort, son âme est conduite devant le Juge suprême : les démons la réclament en invoquant ses fréquentes infidélités; mais les anges présentent son ouvrage à Dieu pour le désarmer. Ils font le compte des lettres qu'a tracées le malheureux copiste: ô bonheur! leur nombre est supérieur d'une unité à celui de ses fautes. Le coupable n'est pas admis dans le ciel (le dénouenient serait un peu trop immoral), mais il est renvoyé sur la terre pour avoir le temps de corriger sa vie. Une seule lettre omise dans son travail, ajoute le légendaire en guise de conclusion pratique, et il était damné".

Un autre de ces naïfs manuscripteurs, nous raconte un contemporain de saint Louis, avait contracté l'habitude de baiser religieusement le nom de Marie toutes les fois qu'il le rencontrait, et de le reproduire avec un soin particulier en lettres de trois couleurs, à l'exemple de ses prédécesseurs du vi" siècle, qui transcrivaient le nom de Dieu en lettres d'or. L'excès de la fatigue le fait tomber gravement malade; il reçoit les derniers sacrements. Mais, à cet instant suprême, un de ses frères voit de loin la sainte Vierge descendre au chevet du mourant, et l'entend lui dire : « Ne crains rien, mon fils; puisque tu as si bien pris soin d'honorer

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