‹ Les manuscrits et la miniatureChapitre 65 sur 144 · INITIALE F A N T ASTI Q^U E · texte numérisé non relu

INITIALE F A N T ASTI Q^U E

XIl'' SIÈCLE.

en enfant, rcpudio toutes ces fantaisies absurdes, devienne raisonnable et essaye de se prendre corps ù corps avec les scènes de la vie réelle

0 u m y s t i que. »

Dans les miniatures de la même période, le personnage est déjà moins e' I o i g n é du type naturel.

La sccMie légendaire du Cruciiiemeni se trouve encore traitée avec le svmbolisme car-

dans un missel de Laon datant de ii5o environ; mais les attitudes, l'expression des visages sont ici un peu

no. 4j.

CRUCIFIKMKNT SYMBOI,IQ UK. XIl" SI

(Tire d'un manuscrit de Laon, reproduit par E, Fleury, 2" partie, pi. 21 )

i6o LES MANUSCRITS ET LA MINIATURE.

mieux rendues; une certaine originalité s^ révèle. Si ce n'est pas tout à fait, comme le pensait M. Fleury, « la première fois que nous voyons le dessinateur sortir du cadre un peu banal de la lettre illustrée pour tracer une scène complète et compliquée, un vrai tableau où les personnages ont plus de dimension et d'ampleur que d'habitude «, du moins nous pouvons reconnaître avec lui que, dans cette page, « les vêtements et les accessoires sont bien traités, et qu'il y règne, en même temps que la simplicité naïve et la dignité, un vif sentiment de religiosité et de foi ^ » Les scènes de la vie des saints gardent toujours le caractère hiératique. Les figures de saint Martin et du pendu qu'il ressuscite avec le secours de la puissance divine, symbolisée par la main traditionnelle, dans un Sulpicc Sévère de la bibliothèque de Tours (xi* siècle), ne sont pas totalement affranchies du joug de la convention, non plus que celles de sainte Radegonde étudiant l'Ecriture et du poète Fortunat écrivant la biographie de cette princesse , dans le curieux manuscrit de Poitiers analysé par le P. Cahier (xii" siècle)^. Cependant le dessin des premières et le coloris des secondes sont l'indice d'un double progrès. Les proportions du corps sont absentes, et la tête est beaucoup trop développée, comme dans la statuaire du temps ; mais les contours, marqués ordinairement par un trait noir, ont acquis de l'assurance et de la souplesse. En même temps, la gamme des couleurs s'est enrichie; le ton plus cherché des carnations, les teintes variées de l'or bruni ressor-

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