‹ Les manuscrits et la miniatureChapitre 67 sur 144 · XI 1* SIÈCLE · texte numérisé non relu

XI 1* SIÈCLE

(Tiré d'un manuscrit de Poitiers,

reproduit par le P. Cahier, Noiiv. Me'!., IV, 4.)

i(Î2 LES MANUSCRITS ET LA MINIATURE, "

que (il a cru le remarquer, du moins) fût un trait de satire lancé par eux contre les Juifs, les Lombards et les autres usuriers de race méridionale qui pressuraient à l'envi leurs contemporains^. Sans être aussi téméraire, on peut prendre pour une affirmation de la même tendance Tapparition de ces miniatures d^une classe toute spéciale, alors très clairsemées, et plus tard si fréquentes, qui représentent Tauteur ou le copiste écrivant son livre, ou bien Toffrant à Dieu, à la Vierge, à son patron. Au nombre de ceux qui répandirent les premiers le goût de ces frontispices classiques, où Pécrivain, où Tartiste se retrouve sous toutes les formes et avec tous les accessoires de son métier, figurent Heldric, moine de Saint-Germain-des-Prés, qui, dans ur exemplaire de PExposition d^Haimon sur Ezéchiel (x* ou XI*' siècle), s'est peint lui-même à genoux devant le fondateur de son abbaye, en accompagnant ce tableau dMne dédicace en vers, et Névelon de Corbie (mort vers ii3o), qu'on voit tour à tour, dans un même manuscrit, présentant à saint Pierre un martyrologe et à saint Benoît un exemplaire de sa règle, avec les marques d'une égale vénération-. Mais ce n'est que plus tard que les miniatures de cette intéressante catégorie deviendront une source féconde et sûre pour l'histDrien et l'archéologue.

En résumé, l'art des enlumineurs, à l'époque romane, n'a pas encore trouvé sa voie; mais on sent qu'il la cherche, et, pour employer l'heureuse expression du même critique, « c'est la chrysalide qui se démène dans

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