‹ Les manuscrits et la miniatureChapitre 68 sur 144 · I. P. Cahier, op. cit., IV · texte numérisé non relu

I. P. Cahier, op. cit., IV

?.. Delisle, op. cit., II, 118.

LA MIMATUIIE EN FRANCE. tCj

rctui de l'hiver dès qu'elle a senti poindre le printemps», 'rouiefois la chrvsalide n'a pas attendu sa délivrance pour se revêtir des brillantes couleurs du papillon. L'ornementation des livres a pris des proportions inconnues jusquc-li. Elle est devenue un goût général chez les clercs, sinon chez les laïques, à tel point qu'on voit les premiers disciples de saint Bernard, les austères religieux de Cîteaux, blâmer ce genre de luxe chez leurs rivaux de Cluny. L'auteur d'un traité anonyme sur Ic^ vices capitaux dénonce également comme un écart répréhensible la « superbe des livres» ; il tonne contre les bibliophiles amoureux delà peinture et de la dorure, et distingue dans leur folle passion huit péchés à la fois'. On a remarqué que cette doctrine sévère semblait avoir prévalu chez les théologiens de la Sorbonne naissante, car les manuscrits provenant de cet antique établissement ne contiennent aucune décoration; mais il ne faut pas oublier Pindigence professionnelle de ses premiers membres, les « pauvres maîtres en théologie», ni le caractère sérieux de leurs études et de leur bibliothèque. En revanche, un évêque du XI' siècle, saint Meinwerk, artiste lui-même et amateur délicat, ayant reçu chez lui un de ses confrères pourvu d'un missel pauvrement enluminé, et ne trouvant pas ce volume digne de tigurer à l'office divin, le fit tout simplement jeter au feu. La légende ajoute même que le malheureux clerc pris en flagrant délit de négligence fut battu de verges par les ordres de la reine -.De

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