‹ Les manuscrits et la miniatureChapitre 93 sur 144 · Voy, le Magasi>i plitoresqae, t. XXUI-XXVIII, fussim · texte numérisé non relu

Voy, le Magasi>i plitoresqae, t. XXUI-XXVIII, fussim

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gorie. Indépendamment de ceux-là, il y en a d'auircs qui sont complètement étrangers au texte du livre et constituent de simples études de mœurs, sous la forme de hors-d'œuvre. Telles sont notamment les variantes multiples du frontispice classique qui représente Tauteur faisant hommage de son livre à quelque grand personnage. Autrefois cet hommage s'adressait à Dieu ou aux saints; maintenant il va d'abord aux princes de la terre qui se sont faits les Mécènes de Fart: ce seul détail permet de toucher du doigt la différence qui sépare les deux grandes phases de Tenluminure. Dans la < miniature « de présentation » (c'est le terme adopté), Tautcur est ordinairement agenouillé et présente son ouvrage au dédicataire, qui le reçoit assis sur un trône ou sur une « chaière», entouré de ses familiers. Excellent prétexte pour les portraits et les scènes de mœurs. Deux remarquables types de cette catégorie ont été joints à l'édition illustrée de Joinville publiée par la maison Didot. Le premier nous montre le bon sénéchal otlrant la vie de son regretté maitre «à son bon seigneur Looys(LouisX), tilz du roy de France, par la grâce de Dieu roy de Navarre, de Champaigne et de Brie conte palazin «, comme le disent les lignes tracées au-dessous. Cette peinture du xiv« siècle doit à sa date, si rapprochée de révénement, une couleur locale absolument sûre et une saveur toute particulière. La seconde, au contraire, exécutée deux cents ans plus tard, pourrait aussi bien être intitulée: « Le chevalier Bayard apportant à François I" une part du butin qu'il vient de conquérir. )> Les qualités de l'exécution ne rachètent pas, à nos yeux, ce grossier anachronisme, plus choquant dans un sujet

aao LES MANUSCRITS ET LA MINIATURE.

appartenant à notre histoire et à une époque relativement peu éloignée de Tartiste. Entre ces deux œuvres, il y a place pour de charmantes pages de Page intermédiaire, qui sont à la fois des peintures heureuses et des tableaux véridiques. Telles sont, parmi cent autres, la présentation de la Cité de Dieu faite à Charles V par Raoul de Presles*, et celle du Livre des tournois faite à Charles VI II par Louis de Bruges.

Des sujets de genre non moins intéressants sont les vignettes des douze mois de Tannée, dans le calendrier placé en tête des beaux livres d'heures de la même période. L'enlumineur profite ordinairement de la liberté qui lui est offerte par ce cadre si commode pour introduire, soit en haut des pages, soit dans les larges bordures qui les encadrent, de petites scènes essentiellement naturalistes et parfois très curieuses. Mais, ici même, son caprice n'a pas tout à fait la bride sur le cou : il est enchaîné par la tradition et tourne dans un cercle de sujets entre lesquels il a simplement à choisir. Les douze mois sont régulièrement accompagnés de la représentation des occupations, des événements, des jeux ou des plaisirs propres à chacun d'eux, ainsi que des signes du Zodiaque. Voici quels sont, le plus souvent, ces attributs figurés.

Janvier. — Le Verseau, ou un jeune garçon versant de l'eau. Un terrain semé d'arbres défeuillés. Effet de neige. Un paysan au repos ou à table. Un bourgeois ou un seigneur dînanr, le dos au feu, seul ou avec un ami. Le jeu de la crosse. Les amusements de l'enfance.

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