‹ Les Marbres du Calcaire Carbonifère en Bas-BoulonnaisChapitre 104 sur 211 · I. — GENRE GRANULOSPHAERA NOV · texte numérisé non relu

I. — GENRE GRANULOSPHAERA NOV

GRANULOSPHAERA LAEVIS.

A. — Morphologie.

- Ce sont des balles creuses limitées par un épais manchon calcaire. Il en est de toute taille, jusqu’à 0 mm 250 — mais ce diamètre est exceptionnel et, dans l’ensemble des cas, il ne dépasse pas O0 mm 1 (cf. PI. XVIII, fig. 71). k La cavité centrale est de calcite hyaline et occupée dans la majorité des cas par un ou deux individus cristallins. Le manchon, gris ou d’un noir profond, est de calcaire granuleux (cf. PI. XVI, fig. 58, secteur sud-ouest, en bas) et sans action apparente sur la lumière polarisée. L'aspect extérieur de ces petites balles est, en lame mince, des plus variés. L’épaisseur relative de la cavité et du manchon variera suivant que la section s’écartera ou se rapprochera de la ligne des pôles et de l'équateur. La portion centrale, hyaline, changera d’aspect suivant qu’on la voit directement ou seulement par transparence à travers une très mince couche de calcaire granuleux ; elle pourra n’apparaître que sous la forme d’un halo ou même disparaître complètement dans le cas de sections tangentes à ia surface. À l’extrême, elles se présenteront sous la forme de sphères de petit calibre et entièrement granuleuses, sans distinction aucune de cavité et de manchon (cf. PI XVIIE, fig. 75).

B. — Microtexture du manchon cortical.

Plusieurs cas sont ici à envisager :

1. — Dans la presque totalité des cas, le manchon est purement et simplement granuleux, sans qu’on puisse y distinguer autre chose qu’une fine mosaïque de petits cristaux serrés les uns contre les autres (cf.

134. CAYEUX L. — C. R. Ac. Sc., 1929, t. 188, p. 594. 135. DE LAPPARENT J. — Leçons de Pétrographie. — p. 269.

PI. XVI, fig. 58). La seule remarque à faire ici, c’est que toutes les Granulosphères ne présentent pas le même aspect et qu’il en est qui sont de grain plus fin que d’autres, mais ce point est accessoire,

Fig. 21. — Microtexture de Granulosphaera laevis, gen. nov.

1, Forme la plus répandue, à sphère centrale de calcite hyaline entourée d’un épais manchon de calcaire granuleux — 2, Dans certains individus, le manchon granuleux montre, dans son épaisseur, une succession de lignes alternativement plus sombres et plus claires — 3, Canaux radiaires traversant de part en part toute l'épaisseur du manchon granuleux — 4, Le manchon esquisse parfois une vague structure réticulée qui pourrait être la résultante des structures figurées en 2 et 3.

2. — À côté de Granulosphères à test opaque, granuleux et homogène, il en est dont le manchon se partage en deux ou trois zones concentriques, alternativement plus opaques et plus transparentes, ces dernières semblant montrer parfois une orientation de granules qui donne l'aspect de petites fibres (cf. PI. XVIII, fig. 78).

3. — Dans d’autres sections, le manchon granuleux est parcouru radialement dans toute son épaisseur par des lignes noires dont le parcours parfaitement rectiligne semble n’avoir été conservé qu’à la faveur de très fines particules charbonneuses provenant de la décomposition de matières organiques (cf. PI. XVIII, fig. 73, moitié de droite, au milieu). Ces lignes, très fines, continues ou ponctuées, seraient de très fins canalicules qui mettraient la cavité centrale en communication avec le milieu extérieur. Etudiés en place dans la roche elle-même, ils semblent se terminer à la surface interne du manchon par une petite tache blanchätre papilliforme et, à sa surface externe, par un petit renfoncement en entonnoir qui ne s’observe que rarement, les conditions se présentant au mieux (cf. PI. XVIIL, fig. 75, moitié de droite, au milieu).

4, — Enfin, chez certains individus, des lignes foncées moins nettes, moins continues et à direction tangentielle recoupent les lignes radiales dont il a été question ci-dessus et semblent esquisser un vague réseau qui occuperait toute l'épaisseur du manchon. Ce manchon prend dès lors l’aspect d’un massif cellulaire à cellules superposées sur deux ou trois rangs, de section cubique chez les individus de petite taïlle ou de forme plus ou moins aplatie tangentiellement à la surface de la sphère

a cie

dans les individus de grande taille. A la rencontre des lignes radiales et tangentielles, j’ai observé des empâtements de matière noire ou brune qui accentuent beaucoup l'aspect réticulaire (cf. PI. XVIII, fig. 74).

Ces détails de microtexture peuvent être ou n’être pas en rapport avec la structure concentrique dont il a été question plus haut (cf. 2). II ne me paraît pas faire de doute que ces aspects divers se réfèrent en réalité à une seule et même espèce organique de microtexture plus ou moins bien conservée suivant les conditions du milieu. En ce qui concerne les calcaires carbonifères du Boulonnais, il est à remarquer que les cas 3 (structure radiaire) et 4 (structure réticulaire) se rencontrent dans des calcaires grenus à grain fin dont le fond se montre plus chargé de matières organiques, disons d’une manière plus générale d’impuretés.

J’appellerai les sphères creuses à manchon granuleux que je viens de décrire du nom de Granulosphaera laevis (syn. Calcisphaera laevis WiLLIAMSON) 1%, la forme la plus répandue étant celle figurée par cet auteur sous le n° 70 de la pl. 20 de son travail « On the organization of the fossil plants of the coal-measures ». C’est cette même forme que M. MILON figure sous la lettre c dans les pl. IIL IV et V de sa thèse de doctorat.

Outre cette forme, la seule des formes décrites par WILLIAMSON que je ramènerai à Granulosphaera laevis est Calcisphaera fimbriata (cf. loc. cit., pl. 20, fig. 67) qui présente la microtexture que j’ai décrite ci-dessus dans le cas n° 2.

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