‹ Les Marbres du Calcaire Carbonifère en Bas-BoulonnaisChapitre 106 sur 211 · CAYEUX L. — C. R. Ac. Sc., 1929, t. 188, p · texte numérisé non relu

CAYEUX L. — C. R. Ac. Sc., 1929, t. 188, p

le premier, insistant surtout sur la forme du test et sur le caractère poreux de la véritable muraille de la sphère ; le second, sur la nature granuleuse de la paroi.

« Il y a lieu aussi de signaler, dans. cette classe, certains Foramini- fères formés d’une seule loge en forme de sphéroïde ou de sphère et dans laquelle on ne voit aucune ouverture. Cette forme, connue dans les mers actuelles, y est arénacée : on l’appelle Psammosphaera. Nous la rencontrerons en abondance dans les sédiments carbonifères, mais elle y est granuleuse. Les,auteurs anglais la désignent sous le nom de Calcisphaera. Pour rappeler sa texture nous l’appellerons Granulosphère » 142,

b. — En faveur de l’hypothèse végétaux, WILLIAMSON (1880) et WETHERED (1888) n’ont émis que de vagues suggestions. M. CHAP- MAN (1921) précise davantage et signale la présence d’une calcisphère (lato sensu) dans un Sporocarpon aculeatum #% ; mais la ei en question se rapproche du type Calcisphaera spinosa WizL. et n’a aucun \ rapport structural avec Granulosphaera.

M. CAYEUX est le seul, que je sache, à avoir précisé la position systématique de Granulosphaera. Se basant sur l’épaisseur de l’enveloppe calcaire et Pétat de fossilisation, il écarte les Foraminifères monoloculaires ; et il fait des Granulosphères « des thalles d’algues calcaires, microscopiques et unicellulaires» qui «par tous leurs caractères. se rattachent aux algues siphonées » 141,

Je dois l’avouer : ce que je connais des Granulosphères me laisse dans l'incertitude sur leur attribution définitive au règne animal ou végétal.

Pour ce qui est du mode de fossilisation, le manchon cortical de Granulosphaera ne diffère en rien du test de certaines espèces d’Endothyra ; par ailleurs, le calcaire granuleux qui le constitue est de même allure absolument que celui dont sont édifiées les parois des tubes chez les Algues calcaires.

Quant à la structure réticulaire de certaines formes, elle est trop vague encore et trop imprécise. La présence de canaux radiaires traversant de part en part l’épaisseur du manchon me paraît suffisamment établie ; moins évidente peut-être est l'existence du réseau que M. CAYEUX ne signale pas dans ses silexites, moins aisé à formuler est le rôle et la signification exacte des ponctuations et des traînées

142. DE LAPPARENT J. -— Lecons de Pétrographie. — 1923, p. 269. 143. CHAPMAN FRED,. — loc. cit., 1921, p. 338. 144. CAYEUX L. — C. R. Ac. Sc., 1929, t. 188, p. 596.

sombres concentriques. Soulignent-elles simplement les phases d’épaississement du manchon? — ou le réseau existe-t-il en tant que tel, vestige d’un squelette animal ou végétal ?

Pour toutes ces raisons et puisque rien de décisif ne me parait absolument établi, j'incline à laisser provisoirement les Granulosphères là où de nombreux savants les ont placées, c’est-à-dire au rang des Foraminifères. Du point de vue purement pétrographique du reste, le classement de ces multiples petits organismes est accessoire, hasardeux et de nulle valeur scientifique aussi longtemps qu’on ne les trouve pas en place comme c’est le cas pour les « médusoïdes >» de l’organisme Henriette, aussi longtemps que ce classement n’est pas justifié par des caractères morphologiques, anatomiques et minéralogiques indiscutables. De presque toutes ces petites formes sphériques on peut faire avec autant de certitude des Foraminifères, des spores, des cellules végétales sexuelles, des kystes, des thalles microscopiques unicellulaires ou pluricellulaires, etc.

D. — Conclusions.

1. — Il n’y a pas de doute qu’il y ait des Granulosphères de petite taille et d’autres de grande taille ; ce fait est facile à déduire de l’étude comparative des diamètres du vide central et des épaisseurs de l’anneau cortical granuleux, en décomptant bien entendu, comme je l’ai dit plus haut, un certain nombre d'individus chez lesquels l’aspect d'ensemble et les dimensions relatives du vide central et du manchon cortical sont modifiés par la direction de la section suivant laquelle ils sont intéressés. Les Granulosphères de tailles diverses représentent bien un seul et même type organique à des stades de développement plus ou moins avancés — donc un organisme susceptible de croissance et muni, de son vivant, d’un manchon cortical qui n’était pas absolument rigide. ?

À l’appui de cette affirmation, je puis citer le cas, rare mais non exceptionnel, de Granulosphères qui ont perdu leur forme régulière et rigoureusement sphérique pour affecter celle d’ellipsoïdes.

2. — Mais, à côté de ces Granulosphères déformées, j'en ai observé dont le manchon cortical est éclaté et divisé en deux ou trois segments qui, pour lordinaire, ont gardé leur position relative. Aïnsi en est-il, à mon avis, de la « forme irrégulière, à revêtement épais et montrant un canalicule >» figurée par M. MILON à la pl. 2, fig. 1, de sa thèse. Cette forme ‘est une Granulosphère typique et le canalicule, purement accidentel, est dû à l’éclatement du/manchon cortical et à l’écartement des lèvres.

3. — Du fait de sa remarquable homogénéité de grain, le manchon cortical des Granulosphères ne me paraît pas pouvoir s'expliquer par Padjonction de matériaux que ces organismes auraient puisés dans le milieu ambiant et agglutinés. Le granule calcaire que, d’une manière générale tant dans les parois organiques que dans les sédiments euxmêmes, je regarde comme le témoin d’une substance organique aujourd’hui disparue, résulterait de l’activité cellulaire de l’organisme. Déchet ou non, ce carbonate de calcium, employé par l’organisme pour renforcer sa coque, lui aurait laissé une certaine souplesse ; sa production normalement ménagée aurait pu s’exagérer avec l’âge de l’organisme et, après sa mort, transformer le manchon cortical demi-souple en une balle complètement rigide et susceptible d’éclater à la pression. Ainsi s’expliqueraient les Granulosphères déformées et celles que l’on trouve segmentées et éclatées.

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