HAIGNERE. — loc. cit. Boulogne, vol. 3, 1882, p
NES 1 ADREES
Les cuves baptismales ont été beaucoup plus rares à partir du XII siècle,
parce que ces objets s’usaient peu et que toutes les paroisses en étaient pourvues » 24,
2. — Un second fait qui doit retenir l’attention, c’est la place qu’occupent dans les documents les marbres exotiques dont quelques-uns furent employés à la confection du jubé de l’ancienne cathédrale de Boulogne. Ce jubé fut fait en 1667, 1668 et 1669; dans sa description, il y est parlé « d’une riche balustrade, aussy de marbre de Namur ». Puis le document ajoute:
« Ce magnifique jubé a esté faict aux despens de M. Antoine, Duc d’Aumont, Mareschal de France, Gouverneur de Boulogne, où il despensa des sommes considérables à la construction de ce jubé, ayant faict venir la plus part du marbre du Brabant avec les ouvriers. Les colonnes quarrées sont du Boulognois avec les marches qui sont du stincal » *#.
Dans les Actes Capitulaires, il est question:
à la date du 21 octobre 1652 d’« aller en Angleterre quérir quaranteun pieds eubes d’albastre qui sont nécessaires pour l'autel»,
et en 1653 de payer « 36 livres au matelot qui est allé quérir à Douvres trois blocs de marbre blanc dont l’un était dit marbre de Gênes ; — 41 sous 6 deniers à 2 voituriers pour deux charretées de marbre jaspé amené d’Elinghen pour faire les balustres de la clôture du chœur.:.»26.
Des marbres belges il est encore fait mention dans une note de l'abbé HAIGNERE sur la lame de pierre posée en 1173 sur le tombeau de Matthieu I, Comte de Boulogne, lame conservée au Musée de Boulogne-sur-Mer et «que l’on croit être une sorte de marbre noir de Belgique » ?7.
De tous ces documents ressort le fait de la contribution exorbitante de l’étranger dans notre approvisionnement en marbre au XII et au XVIL siècle. Cette contribution est confirmée et précisée par des chiffres dans un mémoire de M, le Vicomte HERICART DE THURY à la Société d'Encouragement à Paris. GARNIER cite ce mémoire au début de son travail et ajoute:
« On serait tenté de croire, comme il le dit, que l’étranger a Le privi-
24. Boulogne-sur-mer et la Région boulonnaise. — XXVIII° Congrès de l’Assoc. Franc. pour l’Avanc. des Sc., vol. 1, pp. 299 et 300.