DESEILLE E. — L’Année Boulonnaise. — 1885-1886, p
26. DESEILLE E. — L'Année Boulonnaise. — 1885-1886, p. 378 sq.
27. HAIGNERE. — Le tombeau de Matthieu I, Comte de Boulogne, au Musée de Boulogne-sur-mer,
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lège exclüsif de nous approvisionner de marbres. En sie on lit dans ce mémoire que leur importation a été en 1817, de 3.111.831 kilogrammes
en 1818, de 3.998.026 »
en 1819, de 2.874.688 > en 1820, de 4.080.872 »
et qu’elle a éprouvé encore un accroissement CARRE pendant l’année 1821. ALES FRS AA
Il est donc très important de reprendre, dans 1e différentes parties de la France, l’exploitation de carrières abandonnées depuis longtemps, et dont les produits cependant ont jadis servi aux Romains pour construire ces beaux monuments » ?8,
3. — Par contre, c’est à titre exceptionnel que, dans les documents historiques, il est fait mention des marbres du Boulonnais; encore est-il plus vraisemblable, étant donné l’usage qu’on en a fait, qu’ils aient été employés simplement ouvrés et non polis.
Il y a quelques années (1922), M. LE CAT signalait, en séance de la Société Académique de Boulogne-sur-Mer, «la présence chez un boulanger de la ville, d’une cuve baptismale en marbre sculpté, cerclée de cuivre portant sur un écusson le millésime « 1613 » 2. Cette cuve provenait d’une paroisse de Boulogne. M. LE CAT s'était offert à me conduire chez le boulanger en question, mais plus ne se trouva le bonhomme, ni ce qui est plus grave le bénitier. Je ne puis donc préciser davantage.
Il a été question, nous l’avons vu, de marbres du Boulonnais dans la description du jubé de l’ancienne cathédrale Notre-Dame (1667 à 1669) : « de colonnes du Boulognois, de marches de Stincal, de marbre jaspé d’Elinghen ».
J’ai relevé, encastrées dans les murs de l’église de Marquise, quelques pierres en marbre du Boulonnaiïis avec épitaphes datant de 1640, 1650, 1653, 1691. Une, beaucoup plus récente, gravée à la mémoire d'Antoine François Marie Gody portait le millésime 1809 ; elle commençait à se ternir, mais de toute évidence, avait été polie. Le dessin du marbre m'a permis de l'identifier soit comme provenant de la partie supérieure du Napoléon Grand Mélange, soit comme Napoléon Gris ou Tigré.
28. GARNIER F. — Mémoire géologique sur les terrains du Bas-Boulonnais. — 1823, p. 3.
29. Communication faite à la Soc. Acad. de Boul.-sur-mer, Séance du 11 janvier 1922.
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Un fait indubitable c’est l’importante contribution des carrières du Haut-Banc # dans la production des matériaux de construction : « des carreaux, des pavés, des bornes, des pierres sépulcrales, etc. sont taillés et appropriés ; enfin des rochers entiers sont extraits et charriés à leur destination. Il n’est peut-être pas en France de carrières d’où l’on puisse tirer des blocs d’une homogénéité aussi parfaite, et toutes les écluses, les ponts-levis, les quais et les fortifications de la plupart des villes du nord de la France doivent quelque tribut aux carrières du Haut- Banc » “1. Il est resté des traces de cette industrie dans Les Etats Généraux de 1789 et les cahiers de doléances de la paroisse de Fiennes, de la communauté de Landrethun et de la paroisse de Caffiers ?. Les uns (Fiennes) réclament l’entretien des chemins aux frais des entrepreneurs de carrières. Landrethun proteste contre les grands droits exigés des marchands de pierre pour le transport des pierres brutes et de celles « qu’ils appellent ouvrées ». La paroisse de Caffiers demande que l’on décharge les laboureurs des paroisses de Ferques, Elinghen, Landrethun et Caffiers « des corvées exorbitantes >» (une toise cube de pierre à voiturer par cheval) « exigées d’eux pour la réfection et réparation » du chemin qui conduit de ces carrières au bourg de Guines.
B. — Documents fournis par les travaux géologiques.
Sans en avoir l’absolue évidence, il semble, d’après les documents historiques, que le développement de l’industrie marbrière dans le Boulonnais soit de date assez récente. Sans doute, j'ai cité quelques pièces qui remontent à la seconde moitié du XVII: siècle — mais ces pièces sont rares, exceptionnelles même, à côté de la célébrité acquise aux pierres de Marquise, aux marbres de Flandre et de Namur en particulier, au marbre de Gênes, etc...
Avant de consulter sur ce point les travaux des géologues, il me paraît utile de préciser la valeur exacte à donner au mot « marbre » employé par ces documents. Personnellement, je me demande si ce terme de «marbre» n’est pas purement et simplement employé par opposition à pierre de Marquise qui est une roche calcaire, oolithique
30. « Transport de 161.200 pieds cubes de pierres de taille et d’environ 2000 toises cubes de blocailles, tirées des carrières de Landrethun, de Ferques, et du Haut-Banc pour les ouvrages du port de Dunkerque.» Cf. Archives de Boul.-surmer. — N° 1643 (liasse), Année 1757-1760.
31. BERTRAND. — Précis de l’hist. de Boul.-sur-mer et de ses environs. — 1829, vol. II, p. 187. À
32. Etats Généraux de 1789. Assemblée du Boulonnais. Cahiers de remontrances et doléances des trois ordres. Cahiers de doléances des paroisses et commupautés. — Boul.-sur-mer, 1889, pp. 319, 256, 356.
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et peu homogène et s’il est synonyme nécessairement de calcaire poli et non pas plutôt de calcaire homogène et assez finement cristallisé pour pouvoir recevoir un beau poli.
1. — Quoique sur leur carte N° 1 intitulée « Carte minéralogique d’une partie du Boulonnaïis, du Calaisis et de la Flandre, où se trouvent Ambleteuse, Calais et Dunkerque » les marbres soient signalés à Leulinghen, Ferques, Elinghen, Fiennes et Hidrequin (Hydrequent), GUET- TARD et MONNET (1780) ne citent positivement que le steinqual, le plus ancien du pays au dire de Bertrand #. C’est une roche calcaire assez compacte, d’un fond brun jaunâtre relevé de larges mouches foncées. Il « prend un très beau poli et fournit de beaux manteaux et chambranles de cheminée. Sa couleur (foncée) est cause qu’on en fait aussi des carreaux pour paver les édifices publics: en le mariant avec des carreaux de pierre marquise °* qui est très blanche, il produit un assez bel effet » 5,
Après avoir cité les carrières de Ferques, MONNET décrit la Vallée Heureuse, «le Haut-Banc » et sa carrière ; « on en tire des marbres depuis un temps immémorial, dit-on ». Il ajoute : « Ce marbre est aussi connu sous le nom de marbre de steinqual ; et... (comme) cette carrière est plus ancienne, il y a lieu de croire que c’est d’abord à ce marbre que ce nom fut appliqué, nom qui ne désigne plus aujourd’hui que la qualité et la couleur de ce marbre, et non le lieu où il se trouve #.
2. — Somme toute, l’auteur ne signale que le Steinqual ; il a bien fait allusion à un autre marbre (marbre d’'Hydrequent?) maïs sans le nommer. Il faut attendre jusqu’en 1823 pour avoir un travail un peu étendu sur les marbres. GARNIER *? commence par avouer qu’on manque de données sur les carrières de marbre du Bas-Boulonnais (p. 2) « abandonnées depuis longtemps» (p. 3) et dont « l’exploitation est toujours restée dans une inaction désespérante » (p. 15). C’est pour aider à sortir de ce marasme que la Société d'Agriculture de la ville
33. BERTRAND. — Précis de l’hist. de Boul.-sur-mer et de ses environs. — 1829, vol. II, p. 446. |
34. Pierre de Marquise, calcaire oolithique dont il a déjà été fait mention.
35. GUETTARD et MONNET. — Atlas et description minéralogique de la France. — 1780, p. 39.
D’après la description qu’en donnent les auteurs, le marbre Steinqual dont il est question ici est un marbre dévonien, originaire des carrières de Ferques.
36. GUETTARD et MONNET. — Atlas et descr: minéral. de la France, — 1780, p. 40.
37. GARNIER F. — Mémoire géologique sur les terrains du Bas-Boulonnais. —
de Boulogne propose de décerner une médaille d’or à l’auteur du meilleur mémoire sur les marbres du Boulonnais. On devait dresser une carte des gisements avec direction et inclinaison des couches, fournir un mémoire géologique avec description des roches, indiquer le mode actuel d'exploitation, celui qu’on pourrait lui substituer, et l’utilisation possible de ces marbres à la construction et à la décoration, enfin envoyer deux échantillons de tous les marbres, l’un poli et l’autre brut. C’est à ce programme de concours que répond le mémoire de GAR- NIER ; la carte qu’il a jointe à son travail et dont je donne une repro-
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Fig. 4. — Carte géognostique du Bas-Boulonnais d’après GARNIER (1823).
1, calcaire crayeux ; 2, calcaire compacte ou marbre — grès et calcaires siliceux ; 2a, direction des couches de marbre ; 2b, couches de houille ; 2c, couches de grès ; 3, calcaire oolithique.
Les flèches indiquent les différents points de l’horizon vers lesquels tend linclinaison des couches.
duction, montre que, si les marbres sont peu exploités, du moins les carrières ne manquent pas à cette époque.
L’auteur signale # sous le nom de calcaire d’Hydrequent un calcaire compact, de teinte grise, rayé de blanc ou irrégulièrement veiné de brun rose (échantillon N° 53 bis). Ce marbre qui provient de Haute- Falaise me paraît, à la description, devoir être un Lunel du type Lunel rubané Notre-Dame, dont on n’a, au dire de l’auteur, exploité que la tête des couches 5.
Quelques pages sont ensuite consacrées à des carrières ouvertes dans le Dévonien (pp. 16-20). L'auteur, à ce qu’il me semble, décrit, sans
| Rio SAT TIREL SA 4 38. Je borne ma nomenclature des marbres carbonifères à ceux qui intéressent plus directement mon travail.
39. GARNIER F. — Mém. géol. sur les Terrains du Bas-Boul. — p. 14.
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le désigner par son nom, le marbre Stinqual #. Cinq couches seulement sont exploitées comme marbres parce qu’elles sont de dessins plus variés; mais ces marbres sont peu recherchés à cause de leur teinte sombre. |
Un autre calcaire d’un gris pâle de café au lait passant parfois au gris foncé, dont «les différentes nuances. entremêlées. donnent lieu à des dessins de feuillages» et qui, «exploité sur une profondeur de près de 40 pieds, paraît être en masse », fait penser au sommet du Napoléon Grand Mélange. Ce marbre qui fut choisi pour la Colonne Napoléon, a été extrait de la carrière b 4% dont l'exploitation a commencé en l’an 1803 ; elle a depuis été remblayée. Cette carrière, ajoute l’auteur, «est la seule, de toutes celles actuellement exploitées dans le Bas-Bou- : lonnais, qui présente un grand intérêt sous le rapport commercial >» .
GARNIER juge qu’au point de vue marbre il faut abandonner les carrières du Haut-Banc dont les calcaires « qui tous jouissent à un haut degré de la propriété de recevoir un beau poli, n’ont cependant jamais * été exploités que pour pierres de construction ; leur couleur uniforme de gris cendré plus ou moins foncé s’oppose en effet à ce qu’ils puissent offrir quelques dessins variés » # ; il suggère le développement d’une carrière sise à Haute-Falaise, carrière « peu exploitée » et dont le marbre (marbre d’'Hydrequent) « est peut-être de tous ceux que l’on a jusqu’à présent exploités dans le Boulonnaïis, le plus précieux... » #3. :
3. — À BERTRAND le premier (1829) revient le mérite de nous avoir donné une nomenclature et une description des marbres du Boulonnais #, description sur laquelle j'aurai à revenir dans le courant de
40. Pris ici dans le sens restreint qu’il a gardé de nos jours, à savoir : marbre de texture assez compacte, brun jaunâtre avec mouchetures de teinte plus foncée. — Ce nom dérive du mot Steinkalk qui veut dire pierre calcaire, nom donné peut-être par quelque ouvrier allemand (GUETTARD et MONNET) — ou par quelqu'un des ouvriers flamands que le Duc d’Aumont, Gouverneur de Boulogne, fit venir du Brabant en 1667, 1668, 1669 (cf. supra). Sous ce nom «formation de Stinkalk » dont il faisait l’analogue de « Mountain Limestone », ROZET dans sa « Description géognostique... » (1828) incluait tout le paléozoïque, calcaires dévoniens et carbonifères.
40bis. Cette carrière a été reportée par Garnier lui-même sur la carte qui accompagne son mémoire sur les marbres du Boulonnais, carte dont je donne cidessus une copie.
41. GARNIER F. — Mém. géol. sur les terrains du Bas-Boul. — pp. 20 et 21.
42. GARNIER F. — Mém. géol. sur les terrains du Bas-Boul. — p. 24.
Voir plus loin (pp. 25 et 26, 66 et 67) ce qui concerne [a découverte d’un marbre rubané (probablement Caroline).
43. GARNIER F. — Mém. géol. sur les terrains du Bas-Boul. — p. 25.
44. BERTRAND. — Précis de l’hist. de Boul.-sur-mer et de ses environs. — 1829, vol. II, pp. 129 sq., 184 sq., 444 sq.