‹ Les Marbres du Calcaire Carbonifère en Bas-BoulonnaisChapitre 154 sur 211 · AE LES · texte numérisé non relu

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que les oolithes fossiles, tout comme les récentes, auraient été primitivement en aragonite.

Pour LINCK enfin, les formations oolithiques ou similaires sont essentiellement inorganiques et, si les organismes interviennent, leur rôle est accidentel et purement accessoire :

« Aussi, je crois pouvoir affirmer avec assurance que toutes les oolithes et les « rogenstein » sont des formations inorganiques. Lorsque, dans les oolithes, on trouve des restes d'organismes, j’affirme que ces restes ont été inclus mécaniquement par l’aragonite en voie de cristallisation — ou que les sphérolithes ont servi à ces organismes (v. g. Algues) de points de fixation » 177,

Les expériences tentées par LINCK et les conclusions qu’il en tire présentent un réel intérêt ; je me bornerai toutefois à faire observer que les résultats obtenus par lui ont été acquis par voie expérimentale en laboratoire et que rien ne prouve absolument que les conditions réalisées dans la nature aïent été les mêmes.

b. — VAUGHAN (1913) distingue avec plus de précision la précipitation de carbonate de calcium sous forme de boues calcaires, précipitation qui est selon lui d’ordre chimique — et la formation des oolithes, formation postérieure en date et qu’il attribue à l’action des bactéries :

« dans ces boues formées par précipitation chimique, les oolithes se développent ; souvent elles se forment alors que la précipitation a eu lieu » 178,

Ces oolithes formées dans les boues calcaires sont des « spherulites > dépourvus de structure concentrique ; mais, comme par ailleurs il se forme, dans le voisinage, des oolithes dont quelques-unes rappellent les sphérolithes qui prennent naissance dans les boues calcaires, VAUGHAN imagine deux stades dans la formation des oolithes, le stade . sphérolithique étant le stade originel.

177. « So glaube ich mit Bestimmtheit sagen zu kônnen, dass alle Oolithe und Rogensteine anorganogene Bildungen sind und dass, wo man organische Reste in den Kôrnern findet, diese von dem kristallisierenden Aragonit mechanisch eingeschlossen wurden, oder dass die Sphaerolithe den betreffenden Organismen (7. B. Algen) zeitweilig als Anheftungsstelle gedient haben». Cf. LINCK G. — Neues Jhb. für Min., Geol. und Pal., B. B. XVI, 1903, p. 510.

178. «in these chemically precipitated muds oolites develop, often forming after the muds are precipitated ».

c. — Pour DREW (1914), les bactéries dénitrifiantes 17 interviendraient pour modifier les conditions chimiques du milieu et permettre en conséquence la précipitation du carbonate de calcium. Somme toute, il ne fait que reprendre, pour le pousser plus avant, l’essai d’interprétation de LINCK.

d. — BROWN enfin (1914) reprend la question des oolithes dans son ensemble à l’occasion d’une étude sur quelques formations oolithiques, calcaires, dolomitiques, siliceuses et ferrugineuses d'Amérique. D’après lui, elles ne peuvent s'expliquer que par un phénomène chimique de précipitation :

«Je m’efforcerai de montrer que, dans tous les cas de sédiments oolithiques d’origine américaine qu’il m’a été permis d’étudier, la formation des oolithes peut être interprétée par ce dernier processus (phénomène chimique) ; personnellement, je crois que c’est le seul par lequel elles se soient formées » 180,

Je m’arrêterai à une seule de ces formations oolithiques, à celle des sables calcaires du Grand Lac Salé (Utah) et ce, en raison de l’étude qu’en avait faite ROTHPLETZ, en 1892, du point de vue de la théorie organique.

Trois faits principalement sont à retenir et qui, tous trois, militent en faveur de l’hypothèse de LINCK :

1) le carbonate de calcium est un des sels prédominants des eaux de rivières qui alimentent le Grand Lac Salé ;

2) les analyses des eaux du Grand Lac Salé n’ont jamais donné en ce qui concerne le radical COS, que des résultats négatifs ;

3) le point du Grand Lac Salé où se forment les oolithes est proche de l'embouchure de la rivière Jordan. Elle apporte annuellement au

179. A propos des Bactériacées, il convient de citer une note récente de M. L. DANGEARD aux Comptes Rendus de l’Académie des Sciences (Séance du 17 juin 1929, t. 188, p. 1616 à 1618) intitulée « Sur les Bactériacées des minerais de fer oolithiques ». L’auteur a constaté que certaines enveloppes oolithiques à surface brillante irisée se résolvaient en écailles extrêmement minces, appliquées les unes sur les autres et que ces pellicules étaient associées à des filaments très fins (1pà 1y, 5 de largeur). Il les rapprocherait « des voiles irisés divers qui se forment à la surface des eaux ferrugineuses tranquilles. Ces voiles, en s’épaississant, peuvent former des lamelles jaunes ou brunes cassantes, à structure granuleuse Rs et à surface brillante irisée », (p. 1617).

180. «I shall attempt to show that in all American occurrences of Solite which I Lai been able to study the formation of the oolites can be explained by the latter process, and that I think it is the only process by which they are formed ». (cf. BROWN T. C. — Origin of oolites and the oolitic texture in rocks. — Bull. of the Geol. Soc. of America, Vol. 25, déc. 1914, p. 752).

lac une proportion de calcium qui n’est pas négligeable et qu’elle transporte sous la forme de sulfate.

CLARKE donne en deux tableaux, les résultats de nombreuses analyses, les unes des eaux de rivières tributaires du Grand Lac Salé, les autres des eaux du Grand Lac Salé lui-même. Le rapprochement des deux tableaux est impressionnant et met admirablement en relief les faits exposés ci-dessus. Un peu plus loin, il interprète nettement la formation du sable oolithique comme le résultat d’un phénomène physicochimique de précipitation :

« Toutes les eaux qui aboutissent au Grand Lac Salé (autant qu’on peut le déduire des analyses) contiennent des quantités notables de carbonates, tandis que les eaux du lac lui-même n’en contiennent pas. Ces sels ont donc, de toute évidence, été précipités ; la preuve en est dans les lits de sable oolithique, essentiellement constitué de carbonate de calcium, qui existent en maiïints endroits du lac le long du rivage. Il semble que les eaux du lac fussent trop riches en sels pour que le carbonate de calcium pût y rester en solution » 181,

Pour BROWN, l'association des algues avec les oolithes n’est pas purement accidentelle ; « maïs c’est parce qu’elles meurent et que leurs tissus fournissent du carbonate de sodium. Elles participent par là bien plus à l'édification des oolithes qu’elles ne l’ont fait durant leur vie par n'importe quel procédé de sécrétion du calcaire » 182,

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