‹ Les Marbres du Calcaire Carbonifère en Bas-BoulonnaisChapitre 165 sur 211 · CONCLUSIONS GENERALES TOUCHANT LES CALCAIRES OOLITHIQUES · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS GENERALES TOUCHANT LES CALCAIRES OOLITHIQUES

Que conclure ?

1. — 11 me semble que la formation des oolithes est un phénomène essentiellement physique et chimique — et que les organismes n’interviennent qu'indirectement en tant qu’agents susceptibles de modifier le milieu et de rompre son équilibre chimique.

Dans le cas des sources chaudes, de certaines en particulier à température élevée, les organismes ne peuvent être mis en jeu et la précipitation du carbonate de calcium à partir d’eaux bicarbonatées s’explique comme conséquence d’une sursaturation due au refroidissement, à l’évaporation, au dégagement de l’excès de gaz carbonique en solution dans l’eau, ce dernier étant provoqué par l’agitation de l’eau et une diminution de pression.

Quant aux oolithes formées en milieu marin, si l’évaporation d’un milieu lagunaire concurremment à agitation des eaux peut donner naissance au phénomène chimique de précipitation, il n’en est pas moins vrai que les organismes doivent jouer une part dans sa formation — soit en appauvrissant le milieu en gaz carbonique et en provoquant la décomposition des bicarbonates dissous (algues vertes ou autres) — soit en fournissant, par la putréfaction de leurs tissus, le carbonate d’ammonium qui, par réaction sur le sulfate de calcium de l’eau de mer, provoquera la formation de carbonate de calcium.

Il est clair que ces actions et d’autres encore sont possibles et qu’il serait illusoire de vouloir assigner à cette formation une cause unique. C’est un phénomène chimique de précipitation qui rélève, suivant les

cas, de causes physiques ou biologiques diverses,

2. — Les organismes sont restés étrangers à la formation des balles’

oolithiques et à l’édification de la texture oolithique en tant que telle ; dans aucun cas en effet, je n’ai vu les organismes exercer une influence directe sur l'élaboration d’une texture oolithique typique.

3. — Cette texture, qu’elle soit radiée, concentrique, ou radiée et concentrique à la fois, ne me paraît pas originelle mais acquise ; la variété même de ces textures en serait une preuve, et un témoin des conditions diverses de milieu et de temps dans lesquelles cette texture acquise s’est formée.

Ces balles, molles et informes à l’origine, se sont régularisées par les mouvements même auxquels elles ont été soumises, et ont sédimenté plus ou moins lentement suivant les cas.

4, — Pour certains calcaires oolithiques du moins, il semble établi que l’évolution des éléments figurés était terminée quand ces éléments se sont déposés. Ce serait le cas du calcaire oolithique à Girvanelles dont il a été question dans ce chapitre et celui des calcaires oolithiques à structure entrecroisée, dont l’évolution a dû s’achever pendant le transport.

Cette évolution se serait faite d’une venue (oolithes à texture radiée) ou par phases successives (oolithes à texture radiée et concentrique), chaque zone concentrique correspondant à un arrêt du phénomène à moins qu’on ne l'interprète comme résultant d’une évolution secondaire.

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