CHAPITRE V
LES CALCAIRES MAGNÉSIENS.
Les sédiments magnésiens constituent un des facies communs et caractéristiques du Calcaire carbonifère,
En 1913, M. A. CARPENTIER, dans sa « Contribution à l’Etude du Carbonifère du Nord de la France», signalait la présence de dolomie 1% dans les bandes carbonifères d’Etroeungt (Etroeungt), d’Avesnelles (carrière du Camp de César), d’Avesnes, dans celle de Ferrièrela-Petite, Limont-Fontaine, Bachant, Berlaimont…. Cette formation, dont le développement maximum n’excède pas 50 m. d'épaisseur, s’étend dans PAvesnois, sur le Tournaisien supérieur et le Viséen inférieur à Daviestella Llangollensis et Productus sublaevis.
Dans la région centrale du bassin de Namur, et sur sa bordure septentrionale, ce facies atteint une puissance considérable (170 m. environ) et s'étend, d’une venue, sur le Tournaiïsien, le Viséen inférieur et une partie du Viséen moyen 1%, La dolomitisation qui, dans plusieurs coupes, atteint même « des bancs situés très haut dans la série à Productus Cora et dans la zone des calcaires à phtanites et s’élève aïnsi, dans cette partie du bassin de Namur jusqu’au voisinage de la Grande Brèche » 1%, diminue beaucoup d’envergure sur la bordure méridionale du bassin et dans ses régions orientale et occidentale, de même que dans le bassin de Dinant.
Dans la Province du sud-ouest de l'Angleterre comme en Belgique, la dolomitisation «s’étend sur de grandes épaisseurs dans le nord, et se réduit graduellement à mesure qu’on descend vers le sud et qu’on
197. CARPENTIER A. — Contribution. — Mém. Soc. géol. Nord, t. VII, II, 1913, pp. 19, 29 (fig. 11) sq., 50 sq., 69 sq., 86.
198. DELEPINE G. — Recherches sur le Calcaire carbonifère de la Belgique. — Mém. et Trav. Fac. Cathol. Lille, Fasc. VII, 1911, p. 125 et 126, pl. VI.
199, DELEPINE G. — Ibid., p. 128.
s’écarte ainsi des rivages formés par les massifs anciens (pays de Galles, — Brabant et massif de Stavelot) » 200,
Dans le Boulonnais, ce facies est représenté par deux masses d’inégale importance et d’âges divers:
La plus ancienne (Dolomie du Hure), d’une puissance d’une centaine de mètres, est située au nord de la faille de Ferques et repose directement sur le Famennien 21 à la bordure septentrionale du massif carbonifère, Cette masse dolomitique, bien que de beaucoup plus faible épaisseur dans le Boulonnais, est, d’après MM. DE DORLODOT et A. SALEE, « le correspondant de l’assise dolomitique si développée aux environs de Namur »2% ; elle est, d’après eux, tournaisienne dans sa plus grande partie, Dans sa portion supérieure, MM. G. DELEPINE et P. PRUVOST ont trouvé en 1919 des Brachiopodes (Daviesiella Llangollensis) des Cyathophyllides et des Clisiophyllides qui « caractérisent dans le nord de la France et en Belgique la base du Viséen, et pour préciser, la zone à Productus sublaevis » 203,
L’autre masse, d'âge viséen moyen, est constituée par une série de bancs, les «Bancs dolomitiques à Lithostrotion Martini», niveau-repère important du point de vue stratigraphique ; elle est subordonnée au marbre Lunel. Elle comprend un certain nombre de bancs, de facies grenu, plus ou moins dolomitisés et silicifiés (silex en cordons), qui s’observent à la partie inférieure (portion orientale) de la carrière Hénaux de la Vallée Heureuse et qui sont exploités comme castine à la carrière de Basse-Normandie. Les phénomènes de dolomitisation étant particulièrement palpables dans les bancs immédiatement sous-
200. DELEPINE G. — Recherches sur le Calcaire carbonifère de la Belgique. — Mém. Fac. Cathol. Lille, Fasc. VIII, 1911, p. 368.
201. DUTERTRE A. P. — L’inconnu du Hure. — C. R. somm. Soc. géol. Fr. 1923, n° 11 (28 mai), pp. 109-110.
202. DE DORLODOT H. et SALEE A. — Sur le synchronisme du Calcaire carbonifère du Boulonnais avec celui de la Belgique et de l’Angleterre. — C. R. Ac. Sc., 1911, t. 153, p. 556.
203. DELEPINE G. — Sur la position stratigraphique de la Dolomie de Hure. — Ann. Soc. géol. Nord, 1920, t. XLV, p. 144.
jacents aux calcaires blancs exploités comme marbre (marbre Lunel), ces bancs étant par ailleurs d’un accès plus facile, je me bornerai, pour la description détaillée, à la portion de ce complexe dolomitique qui affleure au centre de la carrière Hénaux de la Vallée Heureuse sous le marbre Lunel (cf. PI. I, fig. 1).