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II. — LES BANCS DOLOMITIQUES A LITHOSTROTION MARTINI

A. — Episodes dolomitiques.

L'ensemble, de teinte foncée noire ou grise, tranche sur la teinte claire, d’un gris blanc, des bancs qui lui sont superposés.

Les portions plus foncées sont constituées par une roche brune tirant tantôt sur le jaune, tantôt sur le noir et formée d’un agrégat de rhomboèdres de dolomite jaune brun, à arêtes vives, juxtaposés (dolomie grenue). Les organismes, rares, n’y sont représentés que par quelques sections de Syringopora. Partant de cette dolomie grenue située au niveau du sol et qui s’ennoie progressivement vers le sudouest, on passe à une zone grise. L’appauvrissement en dolomite est brusque ; la dolomie grenue a fait place à un calcaire grenu fin à Tabulés, Syringopora et nombreux Foraminifères des types Endothyra, Trochammina et Archaediscus, simplement piqué de-ci de-là de rhomboëdres de carbonate double. A la partie supérieure du deuxième banc, le phénomène s’accentue pour donner d’abord un calcaire dolomitique brun à nombreux Polypiers silicifiés et, plus haut, une dolomie grenue d’ün brun noir, à Syringopora, Polypiers, et gros Brachiopodes.

Cet ensemble constitue ce que j’appellerais volontiers un cycle ou un épisode dolomitique : la dolomitisation se présente ici comme un phénomène continu avec ses périodes paroxysmales de dolomitisation intense et brusque (dolomies grenues), espacées et séparées par des périodes de dolomitisation décroissante (calcaires dolomitiques et calcaires piqués de points de dolomite).

L'épisode dolomitique que je viens de décrire s’étend sur le premier banc (celui qui affleure au centre de la carrière Hénaux sous le marbre Lunel), le deuxième et la partie inférieure du troisième. Un nouvel épisode, moins étendu, englobe une partie du troisième banc et la base du quatrième ; il est caractérisé par une diminution notable du type <dolomie grenue» et est temporairement interrompu à la partie supérieure du troisième banc par une oolithe à structure entrecroïsée et non dolomitique. Dès le milieu du quatrième banc et au cinquième, plus d’épisode dolomitique complet : plus de dolomies grenues, raré-

faction des calcaires dolomitiques et prédominance des sédiments piqués de rhomboèdres de dolomite isolés. L’appauvrissement en dolomite est définitif malgré quelques oscillations (calcaires dolomitiques) de peu de durée. Le phénomène diminue d'intensité, s’espace, se raréfie et finit, à la partie supérieure du cinquième banc, par un niveau dolomitique (dolomitisation irrégulière sous forme de poches) qui supporte la masse du Lunel qui n’est dolomitique que très excep: tionnellement et localement.

B. — Les facies dolomitiques.

De la description que je viens d’esquisser des épisodes dolomitiques à Lithostrotion Martini, il me paraît utile de retenir 3 types ou facies de sédiments calcaires dolomitiques à savoir: les dolomies grenues, les calcaires dolomitiques et les calcaires ponctués de cristaux de dolomite. Bien que les roches soient le résultat d’un seul et même phénomène qui se serait produit avec des intensités variables, il y a utilité, du point de vue descriptif, à les définir pour pouvoir au besoin préciser les facies qui entrent dans la composition d’un complexe dolomitique.

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