‹ Les Marbres du Calcaire Carbonifère en Bas-BoulonnaisChapitre 175 sur 211 · FT ERA · texte numérisé non relu

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Les marbres Napoléon Grand Mélange ( et Joinville, le dns noir de Réty sont d’une nature très différente et représentent, le premier, un calcaire bréchique, les deux autres, des LE caires de facies grenu.

A part Archaediscus dont le test est poreux et hyalin, les Foraminifères carbonifères ont un test non poreux et de texture

granuleuse. Il semble plus probable que ces granules de carbonate de calcium aient été empruntés par l’organisme au milieu marin et qu'il en ait consolidé sa fragile coquille. Les Foraminifères granuleux seraient donc des agglutinants.

Les Foramiuifères granuleux sont Son abondante dans les calcaires à grain fin. Ces sédiments sont riches en microorganismes et montrent, outre les Granulosphères (p. 132), nombre

d'organismes de types divers. J’ai montré (p. 140) que certains d’entre eux se ramènent à une seule et même espèce se présentant dans des états différents de conservation ; je les ai

rapportés à l’espèce Cytosphaera cancellata, Dose de Cal-

cisphaera cancellata WiLLIAMSON.

Ce que j’ai dit de la Ubrotetie des Céphalopodes laisse subsister un léger doute.

Il me semble plus probable qu’il faïlle exclure les Serpules. Par ailleurs, pour expliquer les différences de texture, on pourrait, et certaines sections le suggèrent, recourir à l’hypothèse de la coexistence de deux types de Céphalopodes, l’un enroulé, à coquille mince et aplatie, l’autre déroulé, à coquille épaisse et globuleuse.

La différence de texture Snlee peut néanmoins s’interpréter par un phénomène de recristallisation. Cette recristallisation, du reste, n’est pas une hypothèse en l'air ; elle a atteint les cloisons qui ne subsistent plus, dans certaines coquilles, que sous la forme de minces lignes ombrées.

Certains calcaires granuleux peuvent résulter d’un phénomène de recristallisation ; ils présentent alors un aspect dépoli qui est caractéristique.

Les petites mouches de calcaire granuleux, que l’on rencontre, en plus ou moins grande abondance, dans tous les sédiments calcaires, me paraissent être le vestige de matières organiques aujourd’hui disparues et qui furent jadis, sur le fond marin, des lieux d'élection pour les échanges chimiques et, conséquemment, pour la précipitation du carbonate de calcium.

Bien que les oolithes me paraissent s'être formées par voie de précipitation chimique, il semble difficile néanmoins d’exclure de leur formation toute participation organique.

Cette action des organismes serait indirecte ; ils auraient joué une part dans la formation des oolithes en appauvrissant

le milieu marin en gaz carbonique et en provoquant la décomposition des bicarbonates dissous — en fournissant, par la putréfaction de leurs tissus, le carbonate d’ammonium qui, réagissant sur le sulfate de calcium de l’eau de mer, aurait amené la formation du carbonate de calcium.

X.— La formation des sédiments magnésiens (dolomies et calcaires dolomitiques) n’est pas liée exclusivement à un facies déterminé ; elle n’a pas sa raison suffisante dans l’accumulation d'organismes magnésiens.

Le phénomène de dolomitisation me semble lié à un impondérable qui résulterait de l’affaissement du fond marin. Cet affaissement aurait déterminé la formation de vastes cuvettes à eaux dormantes où les organismes se seraient accumulés ; sous l’effet de la concentration croissante des sels en solution dans l’eau, ils auraient fini par périr et se seraient désintégrés lentement au sein d’eaux sursaturées.

Ces affaissements n’avaient pas nécessairement le caractère cataclysmal ; rien ne force à les considérer comme brusques et subits. Ce qui a été subit, c’est le déclenchement du phénomène de dolomitisation ; l’observation montre en effet que l’on passe sans transition d’un calcaire typique à une dolomie ou à un calcaire dolomitique. J’ai dit plus haut (p. 231) que les appauvrissements en carbonate double étaient, eux aussi, subits ; cela veut dire que la diminution de la teneur en dolomite est rapide au début de la période, quitte à se prolonger assez longtemps sous la forme de calcaires ponctués de rhomboëdres de carbonate double.

Les calcaires faiblement dolomitiques correspondraient au comblement des fosses qui aurait diminué, supprimé la concentration des sels’par circulation de l’eau, lessivage du fond marin et dilution des matières organiques en voie de désintégration.

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