RÉ CEN
c. — Malgré le mauvais état de conservation de la texture fine, l'étude de quelques fragments de thalle et l’ensemble des autres caractères que j'ai cités, de même que la structure d’ensemble m'incitent à rapporter cet organisme au genre Corydopodium ; mais, sa forme étant ici moins massive, aplatie en forme de lame et de ruban, j'en ferai une espèce distincte sous le nom de :
Corydopodium laminare nov. sp.
À cette espèce se rapporteraient, d’après moi, les grumeaux décrits plus haut sous les n°° 2 et 3 et partie aussi de ceux décrits sous le n° 1.
2. — D’autres organismes rubanés à portion thallaire encore plus réduite paraissent limités par des croûtes granuleuses. Ces croûtes se montrent divisées dans leur épaisseur ; les solutions de continuité sont marquées par des traînées cristallines horizontales recoupées verticalement par de petits canaux qui les font communiquer les unes avec les autres. Il semble que ces croûtes aient tendance à se disloquer et à se fragmenter suivant ces lignes de moindre résistance ; elles auraient de ce fait donné naissance aux fragments grumeleux rectangulaires que j'ai décrits plus haut sous le n° 4.
D. — Conclusion.
Ainsi donc, sans prétendre que tous les calcaires grumeleux soient formés exclusivement par l’accumulation de débris organiques que j'inclinerai à regarder comme appartenant au règne végétal, je crois pouvoir conclure que c’est nettement le cas du marbre Caroline: à côté d'organismes rubanés à structure plus ou moins bien conservée et du type laminaire, d’autres rubans sont constitués essentiellement par ces mêmes organismes plus ou moins disloqués, plus ou moins finement divisés, et pouvant assumer dans certains cas l’allure bréchique.
Je n’ai fait, il est vrai, que l’étude des grumeaux de grande taille, les seuls qui pussent me permettre de tirer argument; il me semble néanmoins logique de déduire que, si les portions massives ont fourni des fragments grumeleux de grande taille, les petits grumeaux qui leur sont mélangés proviennent, soit des petits nids dont j'ai parlé plus haut, soit de la fragmentation des petits tractus qui joignent les unes aux autres les portions plus massives du thalle d’autant que souvent ces tractus ont disparu en tout ou en partie et que les lames semblent affaissées les unes sur les autres.
DR 2, EEE
III. — COMPARAISON DES ASPECTS FOURNIS PAR LE MARBRE CAROLINE AVEC LES STRUCTURES DES SPONGIOSTROMIDES.
Les calcaires grumeleux qui viennent d’être décrits sont donc, selon moi, des calcaires de débris organiques, interrompus ou non par des organismes rubanés à structure plus ou moins bien conservée. On conçoit aisément que ces débris, suivant leur forme, leur taille et leur degré de tassement, sous l’influence de phénomènes plus ou moins accentués de dissolution et de recristallisation, puissent donner naissance à des sédiments d’aspects très divers, dont quelques-uns miment à la perfection certaines structures interprétées comme organiques par GURICH dans son travail sur « Les SPORE du Viséen de la Province de Namur ».
J'incline à interpréter comme calcaires grumeleux de formation mécanique plusieurs des aspects figurés par GURICH et définis par lui comme organismes. Cette interprétation ne s’est pas imposée à moi du premier coup ; c’est le résultat d’un long et laborieux examen poussé jusqu’au détail même de la texture des grumeaux.
À l'esprit de GURICH s’est posée de même l'hypothèse de formations mécaniques :
« L'étude de ces structures est. très difficile, parce que la trame organique a été fréquemment, et fort irrégulièrement, l’objet de recristallisations qui rendent l’ensemble absolument confus. On court le danger de prendre des restes modifiés d'organismes connus (par exemple, de Stromatopores) pour tout autre chose. D’un autre côté, on peut être conduit à considérer des sédiments clastiques, des formations incrustantes sédimentaires et des actions minérales secondaires pour le produit de l’activité des organismes » 75,
«Il est très difficile de tracer la limite de ces structures et de simples formations sédimentaires mécaniques » 76.
Après de multiples hésitations, il a penché pour l’hypothèse organique et a groupé ses formations et ses structures dans la famille des Spongiostromides et l’ordre des Spongiostromacés dont il fait une famille et un ordre à part dans le groupe des Protozoaires.
Ce n’est pas sans appréhension que j’entreprends l’étude critique du travail de GURICH. Il faudrait, pour le faire avec quelque sécurité, le matériel et les lames minces dont s’est servi l’auteur ; les illustrations,
75. GURICH G. — Les Spongiostromides du Viséen de la Province de Namur. — Mém. Mus. roy. Hist. Nat. Belgiq., Bruxelles, 1906, t. III, p. 6. 76. GURICH, — op. cit., p. 15.
Re À: Le ON
très abondantes toutefois, qui accompagnent son travail, manquent souvent de la netteté indispensable en pareil cas. Ce peu de netteté tient à l'épaisseur des lames et elle a encore été accentuée par les grossissements auxquels il. a fallu recourir pour mettre en évidence les détails de la texture. Dé la lecture et de l’étude du texte, il reste en outre une impression pénible d’obscurité et d’imprécision résultant à la fois d’un excès d’analyse dans l’étude du tissu organique et d’un excès de systématisation dans la classification des structures.
A. — Les structures des Spongiostromides.