MARBRE RUBANÉ NOTRE-DAME
Du point de vue pétrographique, le Rubané Notre-Dame est un marbre analogue au marbre Caroline. a
Il est formé par une succession de dépôts grumeleux et organiques, ces derniers à caractère plus ou moins accentué suivant les niveaux, et comprend deux séries de rubanés séparées par une formation organique (Napoléon Gris). La série superposée au Napoléon Gris s’appelle Lunel rubané n° 1 — et la série sous-jacente au Napoléon Gris, Lunel rubané n° 2, parce que, plus éloignée de la surface, cette dernière a été découverte en second lieu. Voici, en superposition normale de haut en bas, la succession de ces diverses formations :
— Lunel n° 1 ou Rubané Notre-Dame, très délité (3 m. 50 environ).
— Napoléon gris, de 1 m. 30 à 1 m. 50 d'épaisseur.
— Lunel rubané n° 2, à rubans plus larges (2 m. 50 environ).
— Napoléon tigré dit « Pattes d’Alouettes », de O0 m. 80 à 1 m. 20.
— Napoléon Grand Mélange de 4 à 5 m.
LUNEL RUBANE N° 1 fois,
C’est, dans l’ensemble, une formation rubanée, à caractère détritique et organique très accentué. Elle mesure en épaisseur approximative 2 m. 50.
Les rubans limités par des lignes stylolithiques jaunes ou rouges varient beaucoup en épaisseur ; les plus épais mesurent dans les 5 cm.
80 bis. Le Lunel n° 1 ou Rubané Notre-Dame et le Lunel rubané n° 2 étant des formations analogues, décrire l’une c’est par le fait même décrire l’autre à quelques détails accessoires près.
DEN NE AISEUN
mais, en certains points de la formation, les stylolithes se multiplient, se coupent et se recoupent dans toutes les directions, d’où l’aspect morcelé que prend parfois le calcaire.
A. — Dans le bas, on voit persister sous forme de taches brunes et de paraphes blancs, d’une part les Pattes d’Alouettes, d’autre part certaines masses organiques que j’étudierai plus loin et que d’aucuns, en carrière, ont baptisé des noms de Mam’zelles ou Gra’mères en raison des aspects (figurines) sous lesquels ces masses se présentent parfois.
Le facies devient bientôt plus ou moins finement bréchique : la teinte grise qui marque le fond de la roche est relevée par de petites mouches ou flocons blanchâtres mélangés de fragments plus gros et de tailles variées. Ces fragments sont les uns de teinte unie gris blanc ou gris foncé — d’autres sont zonés de gris blanc et de gris foncé ; tous sont de facies grumeleux et font penser à la destruction de petits lits rubanés de faible épaisseur. Ce caractère bréchique, ébauché dans le bas de la formation, s’accentue plus où moins suivant les niveaux.
Il est plus malaisé de préciser avec certitude la nature et, par suite, l’origine des flocons blanchâtres : faut-il y voir une brèche de rubanés en lits plus minces et plus finement divisés ou une brèche à fragments de rubanés mêlés de fragments organiques ? Il est un fait certain : c’est que dans nombre de ces petits flocons j’ai observé des formations en tout identiques aux ampoules de Corydopodium Pruvosti. D’autres fragments se présentent comme des portions de thalle à texture floculente, mais, sur des surfaces d’aussi faible étendue, est-il possible de trancher sans témérité s’il y est question d’un grumeleux banal ou au contraire de minces débris organiques à texture floculente?
Somme toute, dans le tiers inférieur, la formation est de facies bréchique, la brèche résultant de la dislocation de rubanés zonaires et de la destruction d’une prairie de Corydopodium. Ces phénomènes se sont produits vraisemblablement sur place et sans transport appréciable de matériaux, à en juger par la forme anguleuse des fragments de rubanés et par ce fait que, à certains niveaux, des fragments anguleux contigus, de nature organique, semblent s’ajuster pour reconstituer par leur juxtaposition un fragment assez étendu de thalle de Corydopodium.
B. — Dans sa moitié supérieure, le Lunel rubané n° 1 est plus nettement organique.
Les fragments de « Pattes d’Alouettes » s’y présentent d’abord sous la forme de moutonnements d’un blanc laiteux qui tranchent sur un
En AE Ps