II. — BRECHE D’ORGANISMES
Un peu plus haut, la brèche change : ses fragments à contours arrondis sont d’une nature très différente et proviennent, à n’en pas douter, de la destruction d’organismes du type Pattes d’Alouettes. Ils
sont grisâtres et soulignés sur tout leur pourtour par un cerne de calcaire brun foncé qui contribue à leur donner du relief ; ils sont artboutés les uns contre les autres et laissent entre eux de larges interstices
comblés par une fine vase calcaire d’un gris blanchâtre, d’un brun clair et d’un brun foncé et dans lesquels la calcite a largement cristallisé (cf. PI. XII, fig. 45).
En d’autres points, la brèche est plus fine et montre, à côté de fragments de calcaire gris de texture compacte ou subcompacte et de nature indiscernable, de petits fragments où s’observent des ampoules et des bâtonnets analogues à ceux que j'ai décrits dans le marbre « Pattes d’Alouettes ». é
Le caractère organique de cette brèche est donc nettement accusé ; il s’accentue encore plus haut, où les fragments, de très grande taille (30 cm de long et plus), sont constitués par des organismes laminaires plus ou moins voisins des Corydopodium, à texture conservée et qui ont été dérangés de leur position normale, déviés ou même renversés. Ces organismes se présentent sous forme de flammes arborescentes dressées verticalement et qui semblent s’insérer sur une partie basale simplement sinueuse, ou disposée en festons ou encore affectant la forme d’accents circonflexes plus ou moins aigus. ,
Il semble que l’on ait affaire à des organismes en place, et bouleversés sur l’emplacement même où ils se sont développés. Le fait que leurs angles sont légèrement arrondis s’explique par la fragilité même du tissu de ces organismes et par leur peu de compacité ; point n’est besoin, me semble-t-il, de faire appel à un transport, si faible soit-il.