‹ Les marbriers romains et le mobilier presbytéralChapitre 1 sur 96 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

mosaïste, on ajoute quelques édifices dont les constructions extérieures, au moins dans certaines parties, procèdent des mêmes principes, on obtient une division à part de l'histoire de l'art, division nettement définie par son caractère propre et son origine, correspondant à un long espace de temps représenté par plusieurs siècles, et tenant une place importante dans la succession des chefs-d'œuvre italiens. Cette période artistique, large trait d'union entre l'antiquité romaine déchue et l'art italien renaissant, va faire l'objet de cette étude.

Notre point de départ est un moment historique quelque peu incertain et dont la date est difficile à fixer; c'est le tem))s où la grande école classique abâtardie, épuisée, disparaît laissant derrière elle un vide immense, époque qui vit les derniers artistes abandonner l'Italie pour se réfugier à Byzance et n'entretenir plus avec Rome que de lointains rapports, exode commencé dès la fin du iv' siècle, se poursuivant pendant tout le cours du \ pour ne rien laisser derrière lui au vi".

Nous avons ])oursuivi ce travail jusqu'à la fin du xiif siècle et au commencement du xiv% jusqu'à la limite de ce temps glorieux pendant lequel l'ÉgUse romaine, jouissant d'une suprématie incontestée sur toutes les souverainetés temporelles, encourageait autour d'elle les arts et les artistes; et nous nous sommes arrêtés, en face de ce long interrègne dans le domaine de l'art que marque l'exil de la papauté au comtat d'Avignon.

A travers ces siècles nébuleux et obscurs, formant ce que l'on est convenu d'appeler la « basse époque », nous avons cherché, comme dans un steppe immense, les quelques points saillants permettant de tracer à grands traits la marche des arts du marbre et de la pierre dans

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l'Italie des paj)es ; nous avons noté leur décadence pendant la période byzantine, nous avons suivi leurs développements successifs lorsqu'un peu d'ordre et de sécurité eurent été rétablis à Rome par le gouvernement pontifical.

Dans cette course à longues étapes, le fil conducteur ne s'est jamais brisé dans notre main et nous avons pu constater que les épo(jues ténébreuses ne marquent dans l'histoire qu'une suspension momentanée de la vie spirituelle d'un peuple. Quelque impalpable que soit devenu notre guide au cours des x' et \f siècles, il ne nous a cependant jamais fait complètement défaut, nous permettant d'arriver avec certitude aux routes mieux tracées qu'ouvrait devant nous le \if siècle.

Un maître, M. Geffroy, ancien directeur de l'Ecole française de Rome, a merveilleusement écrit : « Aux yeux de l'historien philosophe, ce qu'on appelle les bas temps ou les époques de décadence ne mérite pas le dédain. Ce sont des époques de transition pendant lesquelles les restes flétris mais encore vivants de la saison dernière protègent et suscitent la germination de la saison nouvelle. Le travail de l'esprit dans les lettres et les arts, comme le travail de la terre ne s'arrête jamais. Il suit, plus ou moins actif, mais sans jamais s'interrompre, des voies logiques; il subit, plus ou moins docile, mais sans jamais s'y soustraire entièrement, des influences historiques qu'il importe de retrouver par un patient examen, sous peine de laisser perdre plusieurs anneaux d'une chaîne qui n'est autre que l'histoire intellectuelle et morale de l'humanité \ »

1. L'École française de Rome : Ses premiers travaux. A. Geffroy.

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