VIII INTRODUCTION
Ayons-nous, pendant notre voyage à travers ces régions encore peu fréquentées, été assez heureux pour faire quelque découverte? Nous voulons l'espérer.
Certes, de nombreux historiens ont avant nous parcouru ritalie artistique du moyen âge, et aucune œuvre ayant une im])ortance véritable n'aurait dû échapper à leurs recherches. Cependant, cette terre privilégiée est un champ tellement vaste à cultiver, une mine si riche à fouiller, qu'il nous a été possible d'y trouver encore quelques épis à glaner, quelque filon à exploiter.
En nous adressant aux auteurs anciens, nous avons pu reconnaître combien les documents relatifs aux travaux des marbriers sculpteurs étaient rares, confus, disséminés et souvent enfouis sous une quantité considérable de matériaux étrangers. Néanmoins, ils nous ont été d'un grand secours, par l'exactitude de leurs descriptions et surtout en faisant revivre à nos yeux plusieurs monuments aujourd'hui disparus dont ils ont conservé le souvenir.
Les auteurs modernes, artistes ou historiens, se sont en général peu préoccupés de la large part qui, selon nous, revient aux marbriers dans le développement des arts au moyen âge ; mais les beaux travaux de J.-B. de Rossi, le rénovateur de l'archéologie romaine, ainsi que de nombreux articles publiés sous sa direction dans le BuUettino di archeologia cristiana et dus à la plume autorisée de certains de ses collaborateurs, nous ont été d'une grande utilité. Les savantes publications de M. E. Mùntz, dont la science profonde, mise au service de tous avec tant de bonne grâce, fait autorité en tout ce qui touche aux arts italiens, nous ont également fourni d'intéressants renseignements. M. Rohaut