Centumcelicus ou Centumcelke aujourd'hui Civita-Vecchia
Autel et Ciborium de l'église de Sainte-Marie à Castel-Saiut-Eli
la. — xie siècle.
Il ne reste plus qu'un seul des deux anciens ambons canoniques; on y monte comme autrefois par un unique escalier dont les rampes et la plate-forme sont protégées par des parapets formés de pannaux encastrés dans d'étroits pilastres verticaux, et surmontés de cymaises moulurées. C'est un meuble refait, le peu d'harmonie régnant entre ces différentes j)arties l'indique suffisamment, de plus, la lourdeur des profils, la grossièreté môme du travail dénotent une inhabileté professionnelle parfaitement d'accord avec la barbarie de l'époque. La forme primitive de l'ambon n'a même pas été religieusement conservée, il manque les deux rampants triangulaires qui rachetaient les parties verticales du parapet. Les restaurateurs de Sainte- Marie à Cas tel Saint-Elia étaient donc des artisans peu expérimentés et leur œuvre ne vaut guère que par les souvenirs d'époque antérieure qu'elle nous a conservés. Comme nous l'avons déjà indiqué, plusieurs des panneaux provenant de l'ancien mobilier du ix' siècle ont servi à refaire l'ambon du xn' et constituent seuls la partie artistique de l'œuvre.
Au delà d'un chancel également reconstruit avec d'anciens éléments, s'élève un autel très simple. Ses faces de marbre sont appuyées aux angles sur de petits pilastres semblables à ceux de l'ambon et du chancel ; la table sainte, faite d'une grande dalle de marbre gris veiné, doit être fort ancienne. Cet autel est protégé par un ciborium dont la toiture à deux versants s'appuie
110 LES MARBRIERS RUMALNS
sur une rangée de colonnettes formant attique. Sommesnous ici en présence du ciborium primitif réparé? Tout le ferait croire: la variété des fûts, les uns en brèche, les autres en granit, la forme des chapiteaux, assez barbares du reste, mais ayant une ressemblance frappante avec ceux de la grande nef, semblables euxmêmes aux chapiteaux de Sainte-Marie in Gosmedin à Rome, le peu de hauteur des colonnettes de l'attique, tout nous semble indiquer suffisamment une œuvre de la fin du ix' siècle, complétée ou restaurée peutêtre au \i\
La partie supérieure de ce ciborium peut donner exactement l'idée de ce que devait être celui de l'église de Gorneto avant sa mutilation, car une toiture à deux versants soutenue par de courtes colonnettes pouvait très naturellement s'adapter sur l'architrave de marbre blanc que l'on voit aujourdliui. Gette forme simple se trouve du leste assez fréquemment employée par les constructeurs des vni' et ix' siècles.