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Cet arc a disparu depuis longtemps

ÉPOQUE NËO-UOMAINE (XI* SIÈCLE) 97

anil)ons, les balustrades, les l)apiistères, les tonihcanx: se couvrent-ils bientôt de cette brillante ornementation; des filets d'émail s'enroulent autour des colonnettes, montent autour du candélabre, poussent et fleurissent en étoiles sur les corniches des tabernacles et des cloîtres.

D'un usage- d'abord assez restreint en Italie, la mosaïque d'incrustation, d'origine toute byzantine, fait son a])parition avec les premières années du xn' siècle ; bientôt elle se répand partout, et pendant trois cents ans, devient le complément nécessaire de tout travail de marbrerie destiné à orner ou à meubler une église.

Les Marmorarii Romani, à la fois architectes, décorateurs et statuaires exercent principalement leur art dans la restauration des églises, la création ou la réfection du mobilier presbytéral, mais ils s'emploient en de nombreuses occasions à doter ces mêmes églises de pavements merveilleux. L'art païen savait bien incruster de marbres de couleur les parois des palais et des temples, et le luxe barbare de la décadence continua ces traditions qui ne se perdirent jamais. Mais, ce qui n'était alors qu'une fantaisie devint entre les mains des marbriers du xn' siècle un art très vivace, et l'on admire encore ces superbes tapis de marbre où de souples lignes de mosaïques s'enroulent autour de disques de porphyre obtenus en sciant les colonnes brisées des monuments antiques, où une ingénieuse géométrie fait alterner les cercles, les carrés,

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les losanges, où l'artiste juxtapose les couleurs avec une variété infinie et une éclatante har de travail s'appelait: Opus tcssellatum.

une variété infinie et une éclatante harnionie. Ce genre

En parcourant le xn" siècle, moins riche cependant en artistes que ceux qui le suivent, nous allons rencontrer quelques-uns de ces Maîtres marbriers. Si l'on ne ])eut admirer leurs œuvres sans restrictions, si elles faussent généralement les lois du véritable bon goût, il faut cependant leur attacher un certain prix et leur mérite est d'autant plus grand que, loin d'être le résultat d'une décadence, elles présagent au contraire une sorte de renaissance. Le style néo-romain apparaît avec le \\f siècle, atteint la plénitude de sa floraison avec le xnf, et, bien qu'altéré dans ses lignes principales par l'introduction des formes gothiques, est encore en faveur pendant le xiv'. Les grandes écoles pisanes et florentines avaient alors poussé de fortes racines jusqu'au cœur de la ville de Rome, et, sous leur influence, les artistes romains s'étaient élancés dans la voie qu'eUes leur avaient ouverte.

Parmi les monuments datant de la fin du xi' siècle, il en est un dont l'examen offre un intérêt tout particulier. Nous voulons parler de l'église dédiée à la Mère de Dieu, comprise dans l'enceinte du vieux château de Gorneto.

La ville, autrefois soumise à la juridiction épiscopale

(le Toscanella sa voisine, s'élève vis-à-vis la mer, au sommet d'un des derniers contre-forts des montagnes d'Etrurie, auprès de l'emplacement qu'occupait jadis l'antique Tarquinie, entourée encore aujourd'hui de l'enceinte fortifiée qui la protégeait au moyen âge, et hérissée des tours féodales élevées par ses principaux habitants. L'église de Sainte-Marie m Castello, placée, comme son nom l'indique, dans la forteresse, sorte d'acropole occupant l'extrémité du dernier sommet, fournit, par les inscriptions et les dates dont presque toutes ses parties sont revêtues, des renseignements précieux pour l'étude de l'histoire de l'art au moyen âge.

La confession et l'autel sont protégés par un grand ciborium dont la partie supérieure a malheureusement disparu; une architrave de marbre blanc repose seule sur quatre fortes colonnes de marbre africain, les chapiteaux d'ordre dorique semblent avoir été refaits d'après un bon modèle, tandis que les bases, mal agencées, variant de formes et de moulures, sont des matériaux antiques rapportés et mis en place sans beaucoup de discernement. L'autel est formé de grandes dalles de brèche violette accostées à leurs extrémités par des pilastres avec bases et chapiteaux décorés de petites feuilles. Le sanctuaire est séparé de la nef par un chancel de marbre divisé, de chaque côté de l'ouverture médiane, en plusieurs panneaux comprenant des plaques de serpentine et de porphyre encadrées dans des carrés

réguliers. Ce parapet est surmonté d'une cymaise à feuille d'eau, et terminé par des pilastres.

Sur la face extérieure de l'architrave du ciborium, on peut lire, parfaitement gravée en caractères romains, rinscription suivante :

>h VIRGINIS ARA PIE . SIC. Ë . DECORATA. MARIE QVE GENVIT. XPM. TANTO. SUB. TPR.

scriptV. anno. milleno . VI . et . AGENO.

Et sur la façade intérieure de cette même architrave :

lOHS . ET . GVITTO . MAGISTRI . HOC.OPVS. FECERVNT.

Voici qui semble bien certain: « en l'année 1000, deux maîtres marbriers, Jean et Guitto, exécutèrent cet autel dédié à la Vierge Marie qui engendra le Christ ». Cependant il existe dans la même église une inscription, encastrée sur le coté intérieur du mui' de la façade, d'après laquelle : Henri V étant empereur, Calliste étant pape, Vannée mil cent ving un depuis la naissance de Notre- Seiijneur Jésus-Christ ayant été atteinte, Guida, digne et bienveillant prieur, fit ces œuvres premières <( PRI- MO RDI A )) ; Vannée suivante il fit graver cette inscription. De même que la précédente, cette inscription a tous les caractères de l'authenticité. Il résulterait donc du rapprochement que l'on ne peut manquer d'établir entre les deux textes, que le ciborium apparaissant

ainsi de soixante années antérieur à la Fondation de réglise actuelle, aurait appartenu au mobilier d'une autre église plus ancienne, remplacée par celle que le prieur (îuido avait fait construire en 1121; ou bien encore, que le ciborium provenait d'une autre église également consacrée à la Vierge Marie, et aurait été transporté dans celle de Gorneto à une époque postérieure quelconque. Il est facile de mettre d'accord les deux inscriptions en appliquant les mots : « HEC PRIMOR- DIA )) qui signifient fondation au seul mur de façade dans lequel se trouve incrustée l'inscription, et de supposer, ce qui s'accorde parfaitement avec les usages de l'époque, qu'il n'y a pas eu en 1121 une construction totale complètement nouvelle, mais une restauration partielle, comportant principalement la réfection de cette façade, sans que le reste du monument ait éprouvé de changement notable. Il devient très naturel alors d'admettre que le ciborium des maîtres Jean et Guitto, fait eh 1060, soit resté en place et que rien n'ait été changé dans le sanctuaire de l'église.

Nous pouvons encore indicpier comme appartenant à la fin du xi' siècle, et révélant une date certaine, le ciborium de l'église Saint-Pierre à Toscanella. Il est formé de quatre arcs portant sur quatre colonnes de marbre blanc, et d'un dôme pyramidal reposant sur une corniche horizontale également de marbre blanc. La date de cette construction (1093) est très nettement indiquée dans une grande inscription gravée sur le listel de la cor-

lOG LES MAnBUIERS ROMAINS

niche et se poursuivant sur les quatre faces du ciborium.

^ RICARDVS PRAESVL TVSCANVS CENTVM CELCUS ATQUE BLEDANVS. ^ SIT RICARDVS PARADISI SEDE PARATVS AMEN. ►î^ EGO PETRVS PRESBITER HOC OPVS FIERI IVSSIT.

►î^ ANNO AB INCARNATIONE DOMINI MILLENO NONAGESIMO III.

Rieardus, cvè(|iie de Toscaiiia de Ceidiimccliciis ^ cl de Rleda, (|iio Ricardus trouve au paradis un siège préparé pour lui, anieu. Moi, Pierre, prêtre, ait commandé de faire cet ouvraij;e, dans Tannée de l'incarnation de Notre-Seigneur 1093.

L'éf>lise de Castel-Saint-Elia, dans la(|uelle nous avons déjà découvert des traces de haute antiquité, subit vers hi tin du xi' siècle ou au commencement du xu' une transformation presque complète et devint une assez importante basilique à trois nefs. Quelques dispositions intérieures purent cependant être conservées, mais l'ancien mobilier répai^é ou plutôt refait, en utilisant comme nous l'avons vu d'anciens fragments, a perdu en partie son caractère primitif. Ainsi, la clôture du chœur a disparu, toutefois, le pavage en mosaïque s'est conservé intact et indique encore au milieu de la nef l'espace occupé par l'ancien chœur.

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