ATTO SUA DEXTRA TEMPLVM
FECITQVE FENESTRAM CVI DEVS ETERNAM
VITAM TRIBVATQVE SVPERNAM.
Ainsi, un architecte nommé Atto fit de sa main le temple et la fenêtre, et demande à Dieu pour prix de son travail de lui accorder au ciel une vie éternelle.
Cette inscription, composée de grandes lettres romaines, toute chrétienne dans la forme et dans les termes, bien en rapport du reste avec les idées de foi ardente et de renaissance religieuse propagées dans la vallée du Haut-Tibre entre Pérouse, Orvieto et Spolète, nous
LES MAUBUIKliS ROMAINS
reporte au milieu du \\f siècle; époque qui concorde évidemment, à ([uelques années près, avec celle que nous avons assignée aux travaux de Melioranzio et de son école. Le bas-relief de Saint-Pierre di Bovara peut donc encore être rangé parmi les œuvres des marbriers appartenant à Técole de Spolète.
Entrons maintenant à Foligno, le second centre artistique de rOmbrie.
La cathédrale présente d'une façon marquée, dans son architecture extérieure, le caractère de deux époques très distinctes, bien que chronologiquement assez rapprochées l'une de Tautre. La façade principale, la partie la plus ancienne de l'édifice, est très simple, presque entièrement dépourvue d'ornementation sculptée, mais elle tire son intérêt de cette simplicité même.
Malgré les modifications considérables, survenues par suite d'une reconstruction presque totale faite au cours du xvnf siècle, il n'est pas difficile d'en reconstituer l'ordonnance. Trois portes donnant accès dans les nefs, deux fenêtres géminées s'ouvrant au-dessus des portes latérales, un large bandeau appareillé en damier de coloration rouge et blanche, s'étendant à la partie supérieure de la façade, et couronné par une corniche à modillons, sont des éléments suffisants pour se rendre un compte exact de ce qu'était autrefois le monument ; on peut y ajouter quelques têtes d'animaux sculptés en relief et encore encastrés dans la maçonnerie.
L FXOLE OMBRIENNK (XIT SIÈCLE) 175
Au-dessus des portes passait une frise de marbre hlauc portant une longue inscription gravée en grands caractères romains. Bien que l'architecte de la moderne réfection ait cru devoir rompre cette frise pour faire place au fronton de la porte principale, l'inscription a pu être conservée intégralement; elle indique, avec le nom de l'architecte et la date de la construction, les causes de l'extrême simplicité de l'œuvre entière. Elle commence par les mots : ANNO . DOMINI. M . C XXX. III.... « Dam (( Vannée du Seigneur mille eent trente-trois ee temple (( sacré du Père, du Fils et du Saint-Esprit fut com- « mencé à être construit dans un temps de grande « famine par le Seigneur Marco sous le pontificat de « Calixte II LATHOMUS ATTO que le Christ les pré- (( serve et leur vienne en aide. Amen. »
Il y a dans cette inscription un léger anachronisme, le pontificat du pape Calixte II s'étend de l'année 1119 à l'année 1124, et la date, 1133, se rapporte au règne d'Innocent II; il faudrait donc lire 1123 au lieu de 1133, puisque le nom CALIXTUS II ne peut être l'objet d'aucune incertitude. Quoi qu'il en soit, ces temps troublés par des guerres perpétuelles, des invasions successives, avaient à ce point ruiné les populations de l'Ombrie et dévasté leur territoire, que des temps de grande famine devaient en être la conséquence immédiate; aussi, nous pouvons nous étonner qu'un particulier ait encore pu trouver les sommes nécessaires à payer un travail aussi considérable que celui de la construction d'une
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église, quelque modeste et simple qu'en ait été l'architecture extérieure.
On lit dans rinscription de Foligno : LATHOMVS ATTO ; 01' le mot Latlionius ou latomus signifie tailleur de pierre ; Atto aurait donc été le directeur de la construction, le maître de l'œuvre, l'architecte. Ce ])ersonnage peut être identifié avec celui que nous avons rencontré à l'abhaye de Bovara ; rien ne s'y oppose, les lettres des deux inscriptions sont bien de même forme et le texte exprime exactement la même pensée de salut éternel ; on peut donc admettre qu'elles ont été gravées par la même main sous l'inspiration du même sentiment.
Avant de compléter notre étude du dôme de Foligno par l'examen de la façade latérale, la plus riche et la plus im])ortante, il est nécessaire, pour suivre le développement de l'école ombrienne, de faire une excursion aux environs de la ville.
Arrêtons-nous d'abord au bourg de Spello, situé sur la route d'Assise. Nous y trouvons une église dont la façade rappelle exactement celle du dôme de Foligno, même ordonnance générale, même mode de construction, même pauvreté d'ornementation. Suivant Jacobili', elle aurait été fondée en 1127; il est certain toutefois que la chronique locale la désigne dès 11G7
1. Ludovico Jacobile da Folip^no. — Discorso délia cltadi Foligno, 1646.
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comme étant la « nouvelle église ». De même qu'à Foligno, la façade est traversée par une grande inscription, malheureusement presque illisible, gravée sur une seule ligne. On y peut cependant distinguer très nettement les mots :
xIp MADIO SVB MENSE MAGISTRI
la suite est complètement effacée ; il est donc impossible de lire les noms qui devaient terminer l'inscription.
Celte regrettable lacune pourrait peut-être se trouver comblée en se reportant à une autre inscription gravée sur une pierre encastrée dans la façade de l'église du bourg de Saint-Gemini. On y voit que, en 1145, trois artistes, Nicolas, Simon et Bernardus, commencèrent ce travail; or, le voisinage des localités , le rapprochement des dates , la simiKtude des caractères, et surtout, l'emploi du mot Magistri, écrit au pluriel dans l'inscription de Spello, indiquant par cela môme que plusieurs maîtres ont simultanément travaillé à la construction de l'église, permettent de supposer, non sans une grande vraisemblance, que ces collaborateurs ou entrepreneurs associés n'étaient autres que ceux dont les noms se lisent à Saint-Gemini.
Du reste, plusieurs architectes exerçaient leur art dans ces contrées à cette même époque ; on trouve dans l'église de Saint-Apollinaire à Foligno une inscription gravée sur pierre donnant à cet égard une indication précise: « En Vannée 1149, Colas Pucci donne l'ordre
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à FELICIANVS (le construire cette éfjlise »; le renseignement est complet.
Bevagna est un autre gros bourg, ou mieux une petite ville, voisine de Foligno. Ici, deux églises, toutes deux fort intéressantes, sont situées sur la même place et se font vis-à-vis l'une à l'autre. La plus ancienne, croyonsnous, autrefois placée sous l'invocation de Saint-Sylvestre, a été complètement désaffectée, tout ce qui constituait son mobilier a été enlevé, mais les murs, les voûtes et les colonnes subsistent, et l'on peut se rendre compte de l'effet saisissant que devaient produire ces dispositions originales. Par trois portes on pénètre dans trois nefs peu étendues, séparées par une suite de trois grandes arcades portant sur de grosses colonnes trapues; la nef du milieu est terminée par un large escalier d'une douzaine de marches montant au transept et au sanctuaire surélevés, tandis que, à l'extrémité des deux autres nefs, deux autres escaliers descendent au contraire et amènent à une belle crypte s'étendant sous tout le transept et l'abside; de nombreuses petites colonnes de marbre supportent la retombée de voûtes d'arête juxtaposées qui la couvrent. Cette disposition d'ensemble, fort élégante et très favorable au développement des cérémonies religieuses, avait été adoptée dans la construction de plusieurs églises voisines ; on la retrouve, à peu de chose près la même, à Saint-Syxte de Viterbe et à Saint-Pierre de Toscanella.
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La façade de l'église de Saint-Sylvestre est très simple: trois portes, avons-nous dit, amènent à l'intérieur; au-dessus de la porte médiane s'étend une loggia composée de trois arcades portées sur des doubles colonnettes de marbre. De chaque côté, des fenêtres géminées éclairent les nefs latérales, et, au-dessus, passe une corniche dont la saillie est soutenue par des modillons ornés parmi lesquels on remarque quelques têtes d'animaux.
La porte principale cintrée, s'ouvre sous une archivolte entièrement sculptée reposant sur deux piedsdroits également couverts de sculptures dans toute la hauteur. Cette première archivolte, ornée d'un rinceau vigoureux, est elle-même enveloppée par deux arcs concentriques dont les claveaux, alternativement rouges et blancs, sont adossés à une moulure extérieure.
Auprès du pilaste de droite, sur un morceau de marbre encastré dans la maçonnerie, on lit l'inscription suivante gravée en petits caractères gothiques :
ANNO DOMINI M .C. X . C. V. ENRICO IMPERA- TORE REGNANTE DEVS TE SALVET PRIOR ET FRATRES EIVS ET BINELLUS VIVANT IN CHRIS- TO.AMEN.
La mention faite expressément ici du nom de l'empereur, et l'omission de celui du pape, indi(iue d'une façon assez remarquable qu'à cette époque, l'intluence
allemande s'étendait sur toute la contrée. Frédéric Barberousse était mort en effet en 1190, laissant l'empire à son fds Henri VI, qui depuis vingt ans portait le titre de roi des Romains. Toutes les villes de l'Ombrie reconnaissaient sa suzeraineté, ses troupes étaient cantonnées à travers tout le pays ; le pape ne jouissait plus d'aucune autorité, son pouvoir spirituel, comme nous le constatons, n'était même plus invoqué lorsqu'il s'agissait de consacrer une église.
Si nous avons reconnu, pendant les trois premiers quaris du xn' siècle chez les artistes ombriens, un ardent désir de se rapprocher des formes et des beautés antiques ; si, dans bien des cas, ils y sont parvenus d'une façon tout à fait remarquable, la fin de ce même siècle marque pour l'école ombrienne une véritable transformation; les délicatesses, les finesses, les élégances, ont disparu, les mêmes principes d'ornementation, les mêmes lois architectoniques sont toujours appliqués, mais la force, l'ampleur, un peu de lourdeur même ont remplacé la gracieuse fermeté d'autrefois . Peut-être a-t-on pris d'autres modèles, peut-être a-t-on cédé à des inspirations venues d'autre part, en tous cas, il est certain que Tinfluence nouvelle se faisait sentir jusque dans l'interprétation de l'antiquité. Les rinceaux de l'archivolte, à la porte de l'église Saint-Sylvestre, ainsi que les ornements courants des pieds-droits, sont décoratifs, abondants, bien dessinés, sculptés avec vigueur, mais il se distinguent nettement de
ce que nous avons vu à Spolète et au temple de Clitumne: d'un côté la sobriété d'une apogée, de l'autre l'abondance d'une décadence.
L'église voisine, dédiée à saint Michel est, à l'intérieur, complètement modernisée; mais la façade, restaurée avec soin et intelligence, donne encore une idée très exacte de ce qu'elle devait être au moment de la construction primitive. Trois portes s'ouvrent, comme toujours, au rez-de-chaussée; de triples fenêtres sont percées au premier étage sous une corniche soutenue par de petites arcatures retombant sur des modillons variés ; de distance en distance, au droit de quatre larges pilastres, de grands animaux symboliques, reposant sur des consoles en encorbellement, interrompent la ligne de la corniche ; à l'étage supérieur, une rosace éclaire la grande nef. Seule, la porte principale est accompagnée d'une riche ornementation ; trois archivoltes concentriques, en retrait les unes sur les autres pour former ébrasement, encadrent la partie cintrée et reposent alternativement sur des pilastres et sur des colonnettes. La première de ces archivoltes, celle qui se développe à l'extérieur, est formée d'un champ de marbre blanc incrusté d'un beau dessin courant formé de mosaïques d'émail; l'archivolte intermédiaire est un simple clavage de marbre rouge ; enlin, sur l'archivolte intérieure, protégée par les deux autres, un rinceau, largement composé et vigoureusement exécuté, se déroule en volutes symétriquement disposées à partir du sommet de l'ar-
cade. A gauche, entre le pied-droit et la retombée de l'arc, un sommier de marbre porte gravés, en caractères gothiques exactement semblables à ceux de l'inscription de Saint-Sylvestre, les mots:
RODOLPHVS ET BINELLVS FECERVNT EC OPERA XPS BENEDICAT ILOS SEMPER MICHAEL
CVSTODIAT.
Comme à Saint-Sylvestre, cette inscription ne comporte aucune mention du pape régnant ; elle n'est pas datée, mais la similitude absolue de l'écriture, le style identique des sculptures, les dispositions analogues de l'architecture, ne peuvent laisser de doute sur l'origine presque contemporaine des deux édilices. Il y a mieux encore. Binellus apparaît dans les deux inscriptions comme ayant été l'architecte des deux églises, mais, chargé seul à Saint-Sylvestre, de la direction des travaux, il est forcé, à Saint-Michel, de s'adjoindre un aide; ce qui tendrait à prouver que la construction des deux édifices ayant eu lieu presque simultanément, l'architecte de l'un, déjà fort occupé par ces premiers travaux, n'avait pas cru pouvoir se charger des seconds sans le secours d'un collaborateur. Nous inscrirons donc les deux égUses comme appartenant aux dernières années du xii^ siècle, et nous pouvons leur attribuer à toutes deux la date de 1195.
Cette association des deux maîtres ombriens, avant
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donné à Bevagna d'heureux résultats, a pu subsister pendant quelques années, et, comme rien ne s'oppose à cette supposition, il est permis de croire, à défaut d'indications plus précises, que Rodolphus et Binellus turent choisis pour diriger la reconstruction de la façade latérale de la cathédrale de Foligno. En la comparant à la façade ])rincipale de Saint-Michel à Bevagna, on y retrouve en effet le même sentiment artistique, le même style, les mômes combinaisons architectoniques, le même genre d'ornementation, la même facture même; il n'est donc pas téméraire d'attribuer les deux édifices à la collaboration des mêmes maîtres.
Malgré les transformations importantes qui ont complètement changé l'aspect de sa partie supérieure, la façade latérale de la cathédrale de Foligno n'en reste pas moins un des monuments les plus intéressants, le plus important peut-être, qu'ait produits l'école ombrienne. La partie centrale de cette façade forme, du reste, un ensemble distinct, séparé du grand mur latéral de l'église par une saillie assez accentuée et appareillé avec beaucoup plus de soin. A ces deux indices on peut tout d'abord reconnaître une œuvre faite après coup et postérieure à la construction générale de l'église.
Gomme à Saint-Michel de Bevagna, une corniche coupe la façade transversalement dans toute sa largeur; les modillons qui en supportent la saillie sont pour la
plupart sculptés en forme de têtes d'animaux variés, quelques-uns représentent des dragons ou des lézards rampants, et l'on y remarque de belles têtes de bœufs refaites ou rapportées, mais n'ayant certainement pas fait partie de la disposition première. Quatre chimères ailées s'appuient sur cette corniche en laissant entre elles des espaces à peu près égaux; celui du milieu est occupé par une loggia formée de six arcades retombant sur de légères colonnettes cannelées en spirale, avec des chapiteaux ornés de feuilles et de colicornes. Trois portes s'ouvraient à la partie inférieure, mais, autant la porte principale est riche et largement encadrée, autant les deux autres sont petites et insignifiantes; nous n'en parlerons pas.
Un perron de quelques marches, placé dans l'axe de la façade, amène donc à une baie cintrée, encadrée par un large chambranle composé de cinq voussures formant ébrasement et retombant sur des pieds-droits échelonnés les uns derrière les autres. La sculpture domine dans Tornementation générale, cependant les deux derniers arcs, l'un extérieur, tracé sur le nu du mur, l'autre reposant sur un pilastre tout uni, sont incrustés de rosaces et de postes en mosaïque de marbre de différentes couleurs. En opposition à cette partie relativement simple de l'encadrement, un troisième arc, complètement couvert par les enroulements d'un superbe rinceau, retombe sur des pilastres égalementornés de sculptures; la quatrième voussure est formée par un tore tout uni
Porte de la cathédrale de Foligno. — xii" siècle.
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correspondant à des colonnes engagées posées sur le dos de deux lions, elle sépare la première arcade sculptée d'avec le dernier arc, non moins richement décoré, mais dont la partie cintrée offre une particularité frappante. Cette arcade est divisée en treize claveaux comportant tous un sujet différent; dans celui qui forme clef de voûte deux personnages nimbés représentant Jésus-Christ et la Sainte-Vierge, et, dans les autres, les douze signes du Zodiaque sont reproduits en bas-relief. L'Ange, le Bœuf, l'Aigle et le Lion, symboles évangéliques, se détachent en haut relief accrochés à l'intrados de la voussure.
L'ensemble de cette architecture forme une œuvre véritablement belle; l'opposition bien pondérée des parties nues avec les parties décorées, la riche ornementation de celles-ci, ornementation inspirée comme toujours de l'antiquité, mais interprétée avec une liberté qui touche de bien près au naturalisme, le soin apporté dans la distribution des colorations, rouge pour les portions unies, blanc pour celles qui sont sculptées, la préoccupation du constructeur de mettre ainsi cette porte en harmonie avec le parement de la façade, composé de hautes assises de marbre blanc séparées par des assises basses de marbre rouge, tout dénote un goût artistique avancé, une science déjà grande. Certes, il est bien évident que le sculpteur était encore fort embarrassé lorsqu'il s'agissait de reproduire la figure humaine, ses personnages sont lourds et difformes, mais l'ornemen-
tatioii est en général largement conçue, habilement répartie et vigoureusement enlevée.
Sur le claveau central du plus grand arc, le soleil et la lune apparaissent encadrés dans l'inscription suivante, écrite de chaque côté en lignes verticales :
ANNO.DOMINI.M.CC.I.M.IV.NII.SIDA.S .OL LVNA.MÔSTRAT.SVA.TPÂ.PVRA.
Dans rannée du Seigneur mil deux cent, le premier mois, le quatrième jour des noues, la lune montra sa face pleine au soleil.
Il ne faut pas faire honneur de cette science astronomique au maître marbrier probablement peu au courant des conjonctions célestes; les indications nécessaires à l'exécution du zodiaque et de la clef d'arc lui ont été fournies par un personnage d'une instruction supépérieure. On en trouve la preuve en lisant l'inscription gravée en petits caractères gothiques, sur le couronnement d'un des pieds-droits de l'ébrasement :
ELVMNVS.FVLGENENSIS.ET.NVCER. ECCLESIE.
EPE.HOC.OPVS.FIERl.FECIT.
Elumnus ou Auselmus, cvèque de Foligno et de Nocera avait ordonné
ce travail.
Il faut croire que l'évéque, fier de son savoir, avait voulu en faire part à ses administrés. La chronique de Foligno, recueillie par Jacobili, indique qu'en l'année 1160, Anselmus fut nommé évoque de Foligno, et.
L^ËCOLE OMBlilKNiNK (XII'^ SIÈCLE:) 191
qu'ayant bien mérih'' du Saint-Siège A])Ostoli(|iie, le pape Alexandre III, en l'année 1103, lui concéda le titre d'évêque de Nocera; Jacobili ajoute (ju'il entreprit de grands travaux d'embellissement à la cathédrale, et qu'il mourut le 20 août 1201.
Anselmus ne s'était pas borné à faire reconstruire la façade latérale que nous venons de décrire; en 1190, il fondait et consacrait dans la môme ville de Foligno, une autre église placée sous l'invocation de saint Thomas; l'inscription gravée près de la porte l'indique en ces termes :
EDEM . FVNDAVIT . IPSAM . DOMINOQVE.
SACRAVIT.FVLGENEI.PRAESVL.ANSELMVS.ET.
HIC.NVCERINVS.
Ansclmiis, cvc(|iie de Foligno et de Nocera fonda eel édifice et le consacra au Seigneur.
Nous voici arrivés à l'extrême limite du \\f siècle. Pendant tout son cours nous avons suivi les efforts faits par les marbriers romains ou ombriens pour sortir de l'état de décadence où leur art était tombé . Sans atteindre au degré de perfection réservé aux artistes du xni^ siècle, ces modestes artisans n'en ont pas moins créé de nombreux monuments où prennent naissance les formules nouvelles dont leurs successeurs vont s'emparer.
En architecture, comme en sculpture, ce sont des précurseurs. Et, si l'on veut bien faire la part de la diffi-
culte des temps, se reporter aux époques troublées qu'ils eurent sans cesse h traverser, on reconnaîtra que leur ardeur et leur persévérance ont eu une grande part dans le développement des arts pendant la période brillante qui leur a succédé.
Tympan. — Cloître de Saint-Jean de Latran. — xuf siècle.