‹ Les marbriers romains et le mobilier presbytéralChapitre 33 sur 96 · FECIT · texte numérisé non relu

FECIT

De même que Petrus, Nicolas, l'auteur de cette fenêtre, était également fils de Ranuccius. Pierre et Nicolas, frères, et tous deux marbriers, travaillaient donc en même tem])s à la façade de l'église de Corneto, et chacun, dans rinscri])tion qui le concerne, se glorifie d'être fils de Ranuccius. Il faut en conclure que ce Ranuccius était, ou avait été lui aussi marbrier, et jouissait d'une certaine célébrité; mais il est surprenant que sur aucun monument, sur aucun meuble, on ne retrouve la signature de ce Ranuccius dont l'existence ne nous est révélée que par les travaux de ses enfants.

Une autre inscription, gravée sur une pierre encastrée à l'extérieur du mur de face entre la porte et la fenêtre, indique que la dédicace de l'église eut lieu en l'année 1208; il faut donc, à défaut d'indication phis précise, rapporter aux premières années du xnf siècle la reconstruction de la façade principale de l'église de Sainte-Marie in Castello.

A l'intérieur, adossé à l'un des piliers de la nef, s'élève un ambon de forme très élégante et d'une exécution très délicate. On y monte par deux escaliers

dont les trois premières marches sont comprises dans la hauteur du socle, et les six autres sont placées en retour d'équerre; la cuve, faisant saillie, présente trois faces distinctement séparées par des colonnes cannelées en spirale sur lesquelles ressautent la corniche et la base. Une moulure horizontale et deux pilastres verticaux déterminent, sur la façade, des panneaux de différentes grandeurs, ornés de marbres de couleurs, de porphyre et de serpentine, disposés suivant des dessins variés. La sculpture, judicieusement distribuée sur cet ambon, est particulièrement traitée avec soin, le coup de ciseau est nerveux et clairement détaché dans les parties purement ornementales, mais le dessin des chapiteaux et des bases, où des figures d'animaux fantastiques se mêlent à quelques feuillages, est lourd et maladroit; encore plus étranges sont les deux lions accroupis sur le socle, pour défendre, semble-t-il, l'accès des escaliers. Malgré ces imperfections, cette œuvre est remarquable, la conception générale en est bien équi- Hbrée et les détails exécutés avec beaucoup de franchise et de netteté.

On peut lire très distinctement une grande inscription, tracée en lettres gothiques sur le méplat de la moulure transversale :

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