‹ Les marbriers romains et le mobilier presbytéralChapitre 47 sur 96 · Délia Valle. Storia del Duomo d'UrvieLo · texte numérisé non relu

Délia Valle. Storia del Duomo d'UrvieLo

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superbe l)asili([ue, et tirant une importance considérable (le la vénération (pii s'attachait aux reli([ues de rA|)otre des gentils, dont il abritait le tombeau. Il parut donc nécessaire à Arnolfb de traiter l'architecture de ce ciborium d'une façon plus riche, plus délicate qu'il ne l'aurait fait s'il s'était agi d'un édifice exposé au contact de l'air et aux intempéries des saisons. Il voulut en outre satisfaire au goût des Romains, grands admirateurs des colorations vives, des mosaïcjues d'émail et d'or, rehaussées des tons vigoureux des porphyres et des marbres.

Parmi les nombreux monuments exécutés pendant cette importante période de l'art où les formes élancées de l'architecture gothique sont accompagnées de sculptures d'un naturalisme presque classi(iue, nous choisirons, pour en faire le sujet de nos études, quelques tombeaux dus en partie, il est vrai, à des artistes étrangers au territoire romain, mais se rattachant étroitement par leur destination à l'histoire artistique de Rome.

Le premier en date, ou du moins, celui qui par son élégance, la simplicité et la convenance de ses dispositions, semble avoir été construit avant les autres, se trouve à la cathédrale d'Anagni et renferme les restes de plusieurs personnages de l'illustre famille des Gaëtani, branche de la puissante maison des Orsini.

Depuis les temps troublés où, sous prétexte de patriotisme, le sénateur de Rome Rrancaleone, avait, en

1257, chassé le pape Alexandre IV et ses cardinaux, Anagni, Viterbe et Péroiise eurent tour à tour l'honneur de donner asile à la cour pontificale. Aussi, prescpie tous les papes ayant régné pendant la seconde moitié du xiif siècle ont-ils été inhumés dans les églises de ces trois villes : Alexandre IV et Jean XXI reposent à Saint- Laurent, cathédrale de Viterbe, dans un simple sarcophage surmonté de la statue du premier d'entre eux; Adrien V est à l'église Saint-François de la même ville; au dôme de Pérouse, Urbain IV, Innocent III et Martin IV ont trouvé place tous les trois dans une même urne en pierre de fort modeste apparence; les restes de Grégoire X sont conservés au dôme d'Arezzo; et le mausolée de Benoît XI, le dernier des papes ayant séjourné en Italie avant le grand exil, s'élève dans l'église Saint-Dominique de Pérouse.

La lamille Gaëtani, originaire d'Anagni, a donné deux papes à l'Eglise : Nicolas III, cardinal diacre de Saint-Nicolas, préconisé le 25 mars 1277, mort à Suria près de Viterbe en 1280; etBoniface VIII, Benoît Gaëtani, élu le 24 décembre 1294, une des plus grandes ligures du pontificat romain, personnalité digne d'être j)lacée à côté de celles de Grégoire VII et d'Innocent III. Le tombeau où sont inhumés quelques-uns des membres de cette illustre famille porte une inscription qui fait connaître leurs noms et donne une date précise, mais qui, malheureusement, n'indique pas le nom de l'auteur du monument.

Touibcau de la famille Gaëtani. — Cathédrale d'Anaj-iii. — xiii" siècle.

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On s'accorde cependant généralement, sans preuves bien certaines il est vrai, à l'attribuer à Jean Cosmati, marbrier romain ayant construit plusieurs tombeaux du même style; mais rien n'est positif à cet égard. Voici l'inscription :

IN . ISTO . TVMVLO . RECL . OSSA . DOMINT PETRI . EPI . OVI . NVTRIVIT . DOMINV . BONIFA-

TIVM . PP . VIII . ITEM . SVBTVS . OSSA . DOMINI. GOFFREDI . CAYETANI . COMITIS . CASERTANI. ITEM . OSSA . DOMINI . lACOBI . CAYETANI . HIC. RECONDITA . KAL . AVGVSTI . ANNO . DOMINI . M .ce. LXXXXIII.

Aux calendes du mois d'août de rannée 1293, les restes de Pierre Gaëtani, père du pape Boniface VIII, de Godefroy Gaëtaui, comte de Caserte, et de Jacques Gaëtani, ont été déposés dans ce tombeau.

Au-dessus d'un socle assez haut et d'un grand soubassement orné de bandes de mosaïcjues dessinant des losanges inscrits dans des compartiments carrés, s'élève le sarcophage, vaste coffre de marbre dont la face est divisée en trois champs couverts de mosaïques sur lesquelles se détachent en relief les écussons de la famille Gaëtani: d'or à une bande jumelle ondée d'azur. Cette tombe, d'une noble simplicité, est abritée sous un dais supporté en avant ])ar deux colonnes de marbre dont les bases reposent sur le socle inférieur; une arcade ogivale, trilobée, surmontée d'un fronton à crossettes, retombe

sur ces colonnes, donnant ainsi naissance à des tympans ornés de rosaces sculptées et de mosaïques. Deux pinacles à clochetons, reposant directement sur les chapiteaux, assurent la stabilité de Tédifice et contribuent à lui donner une parfaite élégance. La partie de la muraille circonscrite par cette arcade est couverte d'une peinture à fresque représentant, dans un style absolument byzantin, la Sainte-Vierge, intronisée entre deux anges, le diyin Enfant sur ses genoux, recevant les prières de l'éyéque Pierre et de saint Etienne qui lui présente un petit personnage vêtu d'un manteau de pourpre, la tête coiffée d'un bonnet d'hermine orné d'une couronne, dans lequel on doit i^econnaître le comte de Caserte, Godefroy Gaëtani. Comme on le voit, si le sarcophage est de style romain, le dais qui l'accompagne est absolument gothique et se rapproche par son genre de construction et son ornementation du grand ciborium de Saint-Paul-hois-les-Murs; ce sont les mêmes principes d'art, mais appli((ués ici avec une certaine mesure et plus de timidité.

La famille Savelli avait puissamment contribué à la grande restauration de l'ancienne église de Sainte-Marie in Capitolio, plus tard Sainte-Marie in Ara CœlL Jacques Savelli, cardinal du titre de Sainte-Marie in Cosmedin, devenu pape sous le nom d'Honorius IV, aurait dû trouver après sa mort une place honoral)le à l'intérieur d'un temple que les siens avaient embelli avec tant de soin et

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de libéralité. Il n'en fui rien cei)en(lant; Honoriiis IV, mort en 1287, attendit trois siècles au fond des Grottes vaticanes, couché dans un modeste sarcophage surmonté de sa statue, (|ue l'injustice de ses contemporains ait été réparée. PaulIIIen 1545 fittransporter la statue, àPéglise de Sainte-Marie in Ara Cœli, et la lit |)lacer dans la chapelle de Saint-François, fondée par la famille Savelli'. Honorius IV est représenté couché, revêtu des ornements pontificaux, la tête appuyée sur un double coussin, ce qui lui donne une |)Ose disgracieuse, sans modifier en rien, par ce mouvement contourné, la raideur de l'ensemble. Il repose sur un très beau sarcophage primitivement destiné à recevoir le cor])s de Vana ou (iiovanna Aldobrandesca de Santafiora, femme de Lucas Savelli et mère d'Honorius IV.

Au-dessus de deux socles superposés, ornés d'entrelacs et de bandes de mosaï(|ues s'élève la châsse sépulcrale, dont les panneaux, complètement inscrustés de mosaïques, figurent une riche étoffe noire étoilée de rouge. Sur la façade, se détachent les écussons des familles Savelli et Aldobrandini; les premiers avec des bandes alternées rouges et blanches, l'autre, celui du milieu, avec son aigle noir sur fond d'or.

Une ancienne gravure de Francisco Gualdi de Uiinini, de l'année 1677, reproduite dans la vie des papes par Ciacconio, donne le dessin d'ensemble du mausolée,

1. CeUe chapelle est située dans le bras droit du transept, dont elle occupe l'extrémité.

tel qu'il était autrefois*. Un dais gotliique avec arc trilobé et fronton à crossettes, soutenu en avant par deux colonnes, protégeait le mausolée, et deux pinacles en forme d'aiguille maintenaient les poussées de la voûte.

Cette disposition, sensiblement analogue à celle ado])tée au tombeau des Gaëtani, caractérise bien le style en faveur, pendant les dernières années du xnf siècle; les deux mausolées peuvent du reste être considérés comme contemporains. Le dais reproduit dans la gravure de Ciacconio disparut en 1735, lorsque l'ancienne chapelle de Saint-François fut transformée et consacrée à sainte Rose de Viterbe'.

Le tombeau de Lucas Savelli, père d'Honorius IV, fut certainement érigé avant la mort du pape survenue en 1287. Ce monument situé, dans la même chapelle de Saint-François, vis-à-vis le mausolée d'Honorius IV, est un sarcophage antique, datant comme celui du cardinal Fieschi de la belle époque romaine. La façade, admirablement fouillée, représente trois génies tenant des guirlandes de fruits d'où émergent deux bustes, Tun déjeune homme, l'autre de jeune femme. Le sarcophage était-il accompagné d'un socle ou de quelque autre motif d'architecture? Nous l'ignorons, M. de Rossi pense que longtemps après la mort de Savelli, deux sculpteurs de Sienne, Agostino et Agnolo, auraient transformé le monument

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