Pompeo Lîgonio. Ilisloria délie SUilioni di Roma
ÉPOQUE nOMANO-r.OTlIlQUE (X 11 1'' SIÈCLE) 291
Ugonio, exécuté les deux ambons qui se trouvaient placés dans le chœur de cette basilique. Malheureusement, ambons, tabernacle et inscription ont depuis longtemps dis])aru ; Pom])eo Ugonio écrivait son livre en 1580 et, dès Tannée IfiOO, le cardinal Sfrondato avait déjà fiiit de grands changements à Sainte-Cécile ; d'autres transformations plus considérables encore furent opérées en 1725. Il est donc bien difficile, pour ne pas dire impossible de se faire actuellement une juste opinion sur le style et la valeur de ces ouvrages et d'en déterminer l'auteur.
Le nom de Rudolf us ne se rencontre sur aucun monument à Rome , et la légende d'un second Arnolf us ne repose sur aucun fait certain. Il est plus simple, croyons-nous, d'admettre qu'Arnolfo di Gambio, s'étant arrêté à Rome à son retour de Naples, comme nous l'indiquions tout à l'heure, se soit occupé du ciborium de Saint-Paul, ou, tout au moins, que sollicité par le légat du pape après son retour à Florence, il ait fourni les plans et les dessins nécessaires au travail qui devait être fait à Rome. Dans tous les cas, un marbrier romain du nom de Petrus, très honoré de pouvoir s'inscrire comme le collaborateur du célèbre florentin, aurait été chargé de l'exécution matérielle de l'œuvre commune.
A l'appui de cette opinion, nous citerons divers documents rapportés par le père Délia Valle, religieux franciscain et historien véridique, d'après lesquels il y avait à Rome, aux xiif et xiv' siècles, plusieurs ateliers de
marbriers travaillant d'après des dessins et des plans tracés par des architectes étrangers. Il indique, entre autres monuments importants, la cathédrale d'Orvieto, dont certaines parties furent exécutées à Rome, dans un atelier situé près de la ])orte Saint-Paul, et expédiées pièce à pièce par des bateaux qui remontaient le Tibre. Délia Valle ajoute même que tous ces marbres étaient tirés des monuments antiques, et relate en ])lus l'existence de deux marbriers du nom de Petrus, vivant à cette époque à Rome*. Il est donc très possible que l'un d'eux ait été chargé par Arnolfo des travaux du ciborium de Saint-Paul.
Au reste, dans cette discussion, le monument luimême apporte un argument d'une grande valeur : le style adopté dans l'agencement et l'ornementation des éléments dont il se compose est identique à celui de beaucoup de monuments élevés à Florence par Arnolfo, on y retrouve l'arc aigu trilobé, le fronton à crossettes, et les pinacles surmontés de clochetons si fréquemment employés à l'église de Santa-Croce et au Dôme. Si le lîls de Gambio a enrichi le ciborium romain d'une'décoration particulièrement exceptionnelle, dont on ne trouve pas d'exemple dans le reste de son œuvre, ' c'est qu'il dessinait, non plus un monument de grandes dimensions, mais un édicule, un meuble, tenant la première place dans le mobilier presbytéral d'une