J.E3 ALLUMETTES DE PRÉCAUTION
Ce disant, il frotta une allumette... Rien ne jrit... Il en frotta une seconde, une troisième... route la boîte y passa... Aucune trace de feu.
Impatienté, il tira la sonnette. Un domestique )arut :
— Monsieur a sonné?
— Certainement, j’ai sonné. Je m’évertue demis une heure à frotter vos maudites allumettes ït pas une ne prend.
— Dieu merci 1
— Comment, Dieu merci? .
— Nos savants ont eu assez de mal à faire* ;elte découverte.
— Quelle découverte?
— Monsieur n’est donc pas de ce pays-ci, qu’il .gnore?...
— Non, je ne suis pas.de ce pays-ci.
— Je conçois. Pour lors, monsieur, qu’autrefois nous avions des allumettes chimiques, comme on les appelait. Ces satanées allumetteslà s’enflammaient dès qu’on avait le malheur de les frotter.
— 11 me semble que c’était là une qualité pour des allumettes, et non pas un défaut.
— Une qualité! Ah! bien, par exemple, on voit bien que monsieur n’est pas de ce pays-ci.
— Que prétentez-vous insinuer par là?
— Rien, monsieur... Seulement, si monsieur était de ce pays-ci, il saurait que les allumettes chimiques, ça n’était bon qu’à mettre le feu...
— Évidemment.
— A mettre le feu aux maisons.
— Quand on commettait des imprudences.
— Peut-être bien ; en tout cas, nous avions tous les ans des incendies en veux-tu, en voilà. Pour lors, les savants, dont je parlais, se sont réunis pour délibérer, et ils ont décidé que si quelqu’un trouvait quelque chose de meilleur, il aurait raison.
— Vraiment, les savants se sont réunis pour prendre une décision de cette importance?
— Mais un peu, monsieur. Voilà ^comme ils
sont chez nous. On voit bien que monsieur n’est pas de...
— Assez.
— Faites excuse, je ne le disais pas méchamment. Pour lors qu’après avoir décrété ce que je vous contais, ils ont attendu qu’un amateur se présente avec une invention.