LE VŒU D’ONÉSIME
Soudain Onésime rouvrit les yeux...
0 surprise!...
Il se trouva dans sa chambre de la rue des Martyrs, le jour entrait tout grand par la fenêtre, Il regarda la pendule.
Trois heures !
Il y avait donc douze heures qu’il dormait, douze heures qu’il rêvait!
Car maître Ilelleborus, son voyage fantastique, la planète Fantasia, les marchands de santé, son
mariage, son procès, sa catalepsie, tout, tout était l’effet d’un songe, occasionné sans doute par la potion qu’il avait prise la veille au soir, et dont la fiole était restée sur la table de nuit.
Mais les songes portent conseil, à ce qu’il paraît, car Onésime se tâta pour bien s’assurer que c’était lui, sauta hors de son lit, se mit à s’habiller, et tout en enjambant son pantalon :
— Décidément, c’est un avertissement du ciel. J’étais grotesque comme mon pauvre aïeul Argan. Je ne le veux plus être... Jamais je ne me suis senti si robuste. Je jure de ne jamais consulter un médecin de ma vie !
— Bravo ! s’écria un de ses amis qui entrait et avait ouï la fin de la phrase. Bravo! Onésime. C’est bien vrai ce que tu as juré là? Plus de médecins?...
— Jamais !
— Eh bien ! alors, je viens d’hériter de cent mille francs, permets-moi de les placer en viager sur ta tête.