UNE GARDE-MALADE
— J’ai bien soit...
— C’est convenu... quand mon café aura bouilli... Est-il exigeant cet être-là ! . . Avec tout
ça, je ne sais pas ce que je mangerai à sou-
per.
A tout risque, j’ai là un poulet, un gigot, des asperges, un petit poisson... mais j’ai peur que le gigot, ça ne me soit un peu lourd..
— J’ai soif...
Toujours!... 11 ne pourrait seulement pas
me donner un malheureux conseil pour mon estomac. Il aurait le cœur d’aimer mieux me voir des pesanteurs...
— J’ai soif...
— Ah! mais, vous savez, il ne faut pas m’échauffer les oreilles. Je suis bonne enfant, c est vrai; je garde les malades, c’est encore vrai; ce qui n’empêche pas que j’ai eu une position. Et puis je ne peux pas souffrir les obstinés... Cré coquin... J’ai laissé le marc dans ma catetière... Aussi c’est sa faute à ce geignant... Oui, c’est votre faute...
— J’ai... j’ai... j’ai... ai... ai...
— Eh bien, qu’est-ce qu’il lui prend ? 11 tortille les yeux... Eli! monsieur... vous savez que
je n’aime pas qu’on meure sans me prévenir... Monsieur...
En voilà un drôle de malade... 11 est capable de tout, ma parole... C'est qu’il ne remue plus... Eh!... Plus personne! N...i.\. ni... Je m’y connais... Il n’aura plus de rages de dents. Attention à la manœuvre !