‹ Les marchands de santéChapitre 113 sur 166 · LE POÈME DE LA FLANELLE · texte numérisé non relu

LE POÈME DE LA FLANELLE

Je répétais là ce que les donzelles de ma Tie de gfarconm^yaient' dit/ mais ma femme, ma boaae petite femme :

•— DatDMl^'MoîïSietir, votre sauté arant tout. — ^Migbontiei je...

— Votre sauté avant tout^ tous dis je.. • Vous en porterez..

— De quo

— De la flanelle donc... Je ne suiâ pas de ces femmes qui aiment en égoïstes.

— Puisque tu l'exigi^s. . .

— Certainement, Monsieur.

Depuis j'en' portai — et je fus bien heureux en ménage.

• Pourtant dans ces derniers temps...

Je ne sais trop ce qu'elle a, mais ma femme est changée, changée..

Préoccupée, soucieuse et bizarre...

le

Non, je ne sais pas ce qu'elle a... Elle est si différente d'elle-même qu'hier elle m'a dit avec acrimonie :

— Ah! ça, est-ce que tous vous enduirez perpétuellement de flanelle avec ces chaleurs^Ià?...

Je n'ai rien répondu.

Mais je tremble de comprendre.

Est-ce qu'elle aurait envie de devenir veuve?...

Quoi qu'il en soit, lecteur, respecte la flanelle. Et écoute ce mot suprême.

Quand une voix féminine te conseillera de quitter ta flanelle méfie-toi 1

Pour théâtre, la boutique de madame la Ressource, revendease du quartier d'Ântin.

Madame la Ressource, forte femme, est occupée à se tirer les cartes et on Tentend murmurer :

— Une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf... Un homme de campagne... Dix, onze, douze, treize... une femme brune... quatorze, quinze, seize... avec de l'argent.

Quelle chance 1

Mon affaire avec Fanny réussira. J'en étais sûre. En rétranglant un peu... Elle a besoin d'argent et elle me lâchera son collier pour un morceau de pain.

Recommençant à compter : dix-sept, dix-huit, dix -neuf...

Tandis que la maltresse du logis est absorbée par ses préoccupations cartomanciennes, les défroques pendues autaur du magasin en profitent pour se livrer à des épanchements intimes.

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