LS POÈME DE LA FLANELLB
En vérité, c'est une précieuse étoffe!
Douce, moelleuse, aussi bonne que jolie, — avec des finesses incomparables et des caresses réchauffantes.
En vérité, c'est une précieuse étoffe 1
J'ignore qui Ta inventée, — sans quoi je proposerais incontinent d'élever une statue à ce bienfaiteur de l'humanité.
Aujourd'hui surtout qu'on élève des statues a propos de tout — et de rien — à des célébrités dont Yapereau lui-même ne voudrait pas.
' Après avoir âpolliéos6''tàtit*d'}G(fitîdtiS'<ïai —
sous prétexte de gloire — ont tt^vaUlé' à lades-
^tracri'oiï de Y imm^hité;' tte 'Sôraiitiil' pfàsijifôte; une
fois par hasard, d'orner d'un piédestal lâPiùéiiidire
^ decelul'qui n'àiravaîïlé qû'àttotre prêserwitiôÂ ?.. .
*' Cài^ f*itiveiitfenr^ dô la flandle' flit' n n* grand phi -
lanthrope, j'en répondsi' ÔLiïïôîns ^e eene^fûr^ia
^l)Oûiîetifer, Vès'-fdrl en illfeiriBS.
Hais je n'en veux pas moins crier :
' — filoireà lui!
Et puisque la joie de ie chanter m'est interdite, je chanterai son produit.
En vérité, c'est une précieuse étoffe!
Douce, moelleuse, aussi bonne que jolie, *— avec des finesses incomparables et des caresses^ réchauffantes!...
D*ou vient donc qu'un ridicule se soit attaché à cette amie de l'tiomme?
C'est que Futile est toujours ici-bas la victime du futile.
Et puis, entre nous, je soupçonne les médecins d'avoir fait courir sur le compte de mon héroïne toutes sortes de bruits malveillants.
N'était-il pas naturel qu'il y eût eu rivalité et jalousie?
La flanelle veille an salut de notre espèce, — les médecins, ne font pas tout à fait la même chose
Aussi ont-ils senti la concurrence.
Avec elle plus de bons petits refroidissements, plus de pleurésies anodines, de pneumonies lucratives, d'asthmes productifs, d'amours de phtbisies!
Plus de grasses recettes à palper, de bonnes longues maladies à traîner.
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Voilà pourquoi on a cherché à tuer la flanelle par Tironie.
Ne les écoutez pas, les gouailleurs!
Il leur manque du bon sens — ou dix francs pour acheter ce dont ils se moquent.
Oh I les immenses services qu'elle a rendus à la société, —» cette flanelle méconnue.
Ils sont si nombreux les cas où intervient sa bienfaisante protection !
L'heure du rendez-vous a sonné.
Un importun qui vous a happé au passage sur le trottoir vous a mis en retard.
Elle va s'impatienter, vous bouder, — partir peut- être.
Au galop ! au grand galop !
Vous franchissez sans vous arrêter les rues et les places.
Bonheur!
de-Mars oa des Champs-Elysées.
Et, inaIg)rélàbi36i}ai'^d6iae)^MrpOtlfe2 être didiaMe, tpersnasî^'iffsiâu^t.
Vous po^mzi pittiéer^'lès<^'ieiKK)fMKftMes''MMé- Duantes de TOtre tardive arrivée, déployer votre esprit ou votre cœar t
La flanelle est là qaf vous ôte le souci des courants d'air... In hoc signo vinces...
Un homme qui s^enrhûthé du cerrteiu au ixiilieu d'une déclaration, poorràit-il jamais'étre pris "au 'sérrôûi?
•'SaD<^ ttm^^Vèv leâ 'mille VitPbg tifcxnistitùfies de la vie:
C'est encore grâbiei k» elle '^e'^voiïs pfOtfVBz affrotaftef 'périmant Mit bewes fes' suffocations des drames d'Ennery.
Si elle est impuissante à préservei^'V^tre^oral
hS 'FOÉMB DB LA ' lrtâ»ELLB )df 59
pendant, après au moins, elle garantit vôtre^hysique.
Puisque cette existence est une course, courons^ mes frères.
En route, solliciteurs d'antichambre, quémandeurs de places, poursuiveurs de millions...
Eff route»..
Et que la flanelle vous protège coatt^ les^ ««iia« tions du temps — et des hommes I
Mais je n*ai fait encore qu'èiOfleurei'ttion ïujet.
A peine ai-je esquissé quelques-unes des vertus de cette méconnue si digne d'intérêt.
J'avais huit ans.
L'amour maternel veillait à^mes côtés.
4Ieurettx 4gel
El Tamour maternel mei^fsoil sanscesse i^Gher m{gnwliSerr«(sait|rr6iJâs bten^gard<«,«
\eO MAISON AMOUR ET c'*
— Bah!
— Ne quitte pas ta flanelle.
— Cela m'ennuiei
— C'est pour ton bien, méchant démon.
— Peuhl... la belle affaire I
^ Taisez-Yous, Monsieur Je Texige...
Sur quoi un baiser adoucissait la rigueur de ruitimatum.
Plus tard j*eus vingt ans»
L'amour changea de nom.
Du moins je me figurais alors que c'était de Tamour..*
Joyeux soupers, danses échevelées, Bullier, Mabille et mauvaise compagnie!
J'eus des maîtresses.
De celles qu'on appelle de bonnes filles, — par antiphrase, j'imagine.
La première, «— un ou deux soirs avant sa ca-
LB POàMB DB LA FLANELLB 161
pituIatioD, — * me faisait vis-à-^is dans un quadrille, i
Quadrillé houleux, si houleux qu^en gesticulant le bout de la manche passa... La manche des gilets qu'on m'avait envoyés du pays.
— Gomment, exclama la gigolette de mes rêves, tu mets de la flanelle t
— Dame 1 fis-je naïvement
— Ohl c'te tête 1... Tu sais que tu me planteras ça un peu lestement
— C'est que ma mère m'a dit que cela me ferait mal si je... ^
^ — Et puis après?... En voilà un coeodès I
Immédiatement Tamour-propre eut prononcé.
J'obéis.
vu
Tontes mes maltresses jusqu'à quarante ans votèrent successivement contre la flanelle.
Î62 i^MAISON ' AMOUR; ^ET C*®
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. A quaraifteideilx jeMBaftinatiai.
Une femme: ch&nûafile 1
Règle générale : quand on se marie on trouTô toujours sa femme charmante, ou si l'on ne la trouve pas telle^oa ie dit d'autant plus haut pour tâcher de persuader les autres.
Et elle m'aimait, Monsieur'
Elle m'aimait...
En Youlez-vous la preuve?
Tout de suite, — sans que j^usse râème eu le temps d'y penser, — elle me dit aprè? notre hy- ^ttteée:
— Mon ami
— Bobonne?
— Mon ami, tu as bien tort.
-^ Etfqiioi', «hwurtftor?
— «Bf wcfuéHtfifiejpôites'pàsîtïeUMiélle?
— Jamais... C'est grotesque pour un homme I