‹ Les marchands de santéChapitre 112 sur 166 · LS POÈME DE LA FLANELLB · texte numérisé non relu

LS POÈME DE LA FLANELLB

En vérité, c'est une précieuse étoffe!

Douce, moelleuse, aussi bonne que jolie, — avec des finesses incomparables et des caresses réchauffantes.

En vérité, c'est une précieuse étoffe 1

J'ignore qui Ta inventée, — sans quoi je proposerais incontinent d'élever une statue à ce bienfaiteur de l'humanité.

Aujourd'hui surtout qu'on élève des statues a propos de tout — et de rien — à des célébrités dont Yapereau lui-même ne voudrait pas.

' Après avoir âpolliéos6''tàtit*d'}G(fitîdtiS'<ïai —

sous prétexte de gloire — ont tt^vaUlé' à lades-

^tracri'oiï de Y imm^hité;' tte 'Sôraiitiil' pfàsijifôte; une

fois par hasard, d'orner d'un piédestal lâPiùéiiidire

^ decelul'qui n'àiravaîïlé qû'àttotre prêserwitiôÂ ?.. .

*' Cài^ f*itiveiitfenr^ dô la flandle' flit' n n* grand phi -

lanthrope, j'en répondsi' ÔLiïïôîns ^e eene^fûr^ia

^l)Oûiîetifer, Vès'-fdrl en illfeiriBS.

Hais je n'en veux pas moins crier :

' — filoireà lui!

Et puisque la joie de ie chanter m'est interdite, je chanterai son produit.

En vérité, c'est une précieuse étoffe!

Douce, moelleuse, aussi bonne que jolie, *— avec des finesses incomparables et des caresses^ réchauffantes!...

D*ou vient donc qu'un ridicule se soit attaché à cette amie de l'tiomme?

C'est que Futile est toujours ici-bas la victime du futile.

Et puis, entre nous, je soupçonne les médecins d'avoir fait courir sur le compte de mon héroïne toutes sortes de bruits malveillants.

N'était-il pas naturel qu'il y eût eu rivalité et jalousie?

La flanelle veille an salut de notre espèce, — les médecins, ne font pas tout à fait la même chose

Aussi ont-ils senti la concurrence.

Avec elle plus de bons petits refroidissements, plus de pleurésies anodines, de pneumonies lucratives, d'asthmes productifs, d'amours de phtbisies!

Plus de grasses recettes à palper, de bonnes longues maladies à traîner.

LB POéME DE LA FLANELLE 157

Voilà pourquoi on a cherché à tuer la flanelle par Tironie.

Ne les écoutez pas, les gouailleurs!

Il leur manque du bon sens — ou dix francs pour acheter ce dont ils se moquent.

Oh I les immenses services qu'elle a rendus à la société, —» cette flanelle méconnue.

Ils sont si nombreux les cas où intervient sa bienfaisante protection !

L'heure du rendez-vous a sonné.

Un importun qui vous a happé au passage sur le trottoir vous a mis en retard.

Elle va s'impatienter, vous bouder, — partir peut- être.

Au galop ! au grand galop !

Vous franchissez sans vous arrêter les rues et les places.

Bonheur!

de-Mars oa des Champs-Elysées.

Et, inaIg)rélàbi36i}ai'^d6iae)^MrpOtlfe2 être didiaMe, tpersnasî^'iffsiâu^t.

Vous po^mzi pittiéer^'lès<^'ieiKK)fMKftMes''MMé- Duantes de TOtre tardive arrivée, déployer votre esprit ou votre cœar t

La flanelle est là qaf vous ôte le souci des courants d'air... In hoc signo vinces...

Un homme qui s^enrhûthé du cerrteiu au ixiilieu d'une déclaration, poorràit-il jamais'étre pris "au 'sérrôûi?

•'SaD<^ ttm^^Vèv leâ 'mille VitPbg tifcxnistitùfies de la vie:

C'est encore grâbiei k» elle '^e'^voiïs pfOtfVBz affrotaftef 'périmant Mit bewes fes' suffocations des drames d'Ennery.

Si elle est impuissante à préservei^'V^tre^oral

hS 'FOÉMB DB LA ' lrtâ»ELLB )df 59

pendant, après au moins, elle garantit vôtre^hysique.

Puisque cette existence est une course, courons^ mes frères.

En route, solliciteurs d'antichambre, quémandeurs de places, poursuiveurs de millions...

Eff route»..

Et que la flanelle vous protège coatt^ les^ ««iia« tions du temps — et des hommes I

Mais je n*ai fait encore qu'èiOfleurei'ttion ïujet.

A peine ai-je esquissé quelques-unes des vertus de cette méconnue si digne d'intérêt.

J'avais huit ans.

L'amour maternel veillait à^mes côtés.

4Ieurettx 4gel

El Tamour maternel mei^fsoil sanscesse i^Gher m{gnwliSerr«(sait|rr6iJâs bten^gard<«,«

\eO MAISON AMOUR ET c'*

— Bah!

— Ne quitte pas ta flanelle.

— Cela m'ennuiei

— C'est pour ton bien, méchant démon.

— Peuhl... la belle affaire I

^ Taisez-Yous, Monsieur Je Texige...

Sur quoi un baiser adoucissait la rigueur de ruitimatum.

Plus tard j*eus vingt ans»

L'amour changea de nom.

Du moins je me figurais alors que c'était de Tamour..*

Joyeux soupers, danses échevelées, Bullier, Mabille et mauvaise compagnie!

J'eus des maîtresses.

De celles qu'on appelle de bonnes filles, — par antiphrase, j'imagine.

La première, «— un ou deux soirs avant sa ca-

LB POàMB DB LA FLANELLB 161

pituIatioD, — * me faisait vis-à-^is dans un quadrille, i

Quadrillé houleux, si houleux qu^en gesticulant le bout de la manche passa... La manche des gilets qu'on m'avait envoyés du pays.

— Gomment, exclama la gigolette de mes rêves, tu mets de la flanelle t

— Dame 1 fis-je naïvement

— Ohl c'te tête 1... Tu sais que tu me planteras ça un peu lestement

— C'est que ma mère m'a dit que cela me ferait mal si je... ^

^ — Et puis après?... En voilà un coeodès I

Immédiatement Tamour-propre eut prononcé.

J'obéis.

vu

Tontes mes maltresses jusqu'à quarante ans votèrent successivement contre la flanelle.

Î62 i^MAISON ' AMOUR; ^ET C*®

vm

. A quaraifteideilx jeMBaftinatiai.

Une femme: ch&nûafile 1

Règle générale : quand on se marie on trouTô toujours sa femme charmante, ou si l'on ne la trouve pas telle^oa ie dit d'autant plus haut pour tâcher de persuader les autres.

Et elle m'aimait, Monsieur'

Elle m'aimait...

En Youlez-vous la preuve?

Tout de suite, — sans que j^usse râème eu le temps d'y penser, — elle me dit aprè? notre hy- ^ttteée:

— Mon ami

— Bobonne?

— Mon ami, tu as bien tort.

-^ Etfqiioi', «hwurtftor?

— «Bf wcfuéHtfifiejpôites'pàsîtïeUMiélle?

— Jamais... C'est grotesque pour un homme I

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