‹ Les marchands de santéChapitre 14 sur 166 · LES VAUTOURS DE LA PUBLICITÉ · texte numérisé non relu

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ne fut nullement ému par cet accident et n'en hâta ni n'en ralentit son atlnre.

De sorte que le monsiem* sourd allait bel et biea avoir avec les roues des rapports intimes.

Heureusement un des polissons qui avaient les yeux fixés sm la voStnre remarqua sur le sol un corps étranger.

— Un homme à la mer I cria-t*il.

C'était le signal adopté depuis qu'un passant avait péri noyé dans le macadam perfectionné de la planète Fantasia.

Aussitôt deux agents s'édancèrrat inU^épidement à la nage^ tandis que den autres tendaient des perches flu haut du trottoir. Un des agents arrêta le cheval, Tautre plongea pour arriver jusqu'au naufragé.

Le monsieur sourd était sauvé, — maïs tout était loin d'être fini.

La comédie des accidents commençait au contraire.

Les agents gourmandaient le cocher et prenaient son numéro; les %atlatiâs attroupés péroraient et formulaient des théories sw: la «urveillaoce de la voie publique; Onésime voulait descendre.

— A quoi bon? fit son compagnon.

— Peut-être ce pauvre monsieur a-t-il besoiD de soins. Dans quel état il est!

"•^ — Au point de vue de la coquetterie, sa^enue laisse à désirer, mais sous le rapport sanitaire, il ne peut avoir aucune blessure. D'ailleurs il est sûr d'être plus soigné qu'il ne le voudra.

En effet — et comme poussés par un ressort — les six marchands de santé grimpés derrière la voiture s'étaient précipités, aux premières rameurs de l'accident.

Ils entouraient la victime comme s'ils eussent voulu s'en disputer les morceaux.

L'un lui prenait le bras, l'autre lui tirait les pieds, celui-ci voulait lui palper les côtes, celuilà lui frictionner la colonne vertébrale.

— n faut le déshabiller t

— Il doit avoir au moins une fracture.

— Une blessure.

-— Une foulure.

— Une écorchure.

~ 11 n'est pas possible qu'on fasse une chute pareille sans qu'il en résulte aucun symptôme morbide.

— Ce serait indécent.

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