‹ Les marchands de santéChapitre 15 sur 166 · LES VAUTOURS DE LA PUBLICITK 7S · texte numérisé non relu

LES VAUTOURS DE LA PUBLICITK 7S

— Il y aurait de quoi renoncer à la profession.

— Monsieur, d'où souffrez-vous ?

— Monsieur, vous devez avoir quelque chose de démis?

-De déboîté?

— De luxé?

— D'ecchymose?

— Soyez sans crainte, je vous remettrai sur jambes avant quinze jours.

— Moi avant huit.

— Moi avant six.

— Moi avant quatre.

— Monsieur, n'est-ce pas que c'est moi que TOUS choisissez pour docteur?

— N'est-ce pas que c'est moi, monsieur ?

Le sourd ne répondait pas, par l'excellente raison qu'il n'entendait pas un traître mot de ces questions multipliées-

— Monsieur!... insista un des marchands de santé. Eh!... Monsieur...

— Monsieur!... répétèrent tous les autres.

Le sourd, surpris par ce tutti imprévu, risqua un léger mouvement.

— Il m'a fait signe.

Jli LES MARCHANDS DB SANTJ

— C'est à moi !

— Je l'ai bien vu peut-être !

— Et moi donc!,..

— Vite que je le soigoa à tottt risque.

— Je vais lui appliquer une compresse d'e sédative.

— Encore un coup, c'est moi qu'il a choisi . Les agents, voyant que la hiUe miÊDaçaît de se

prolonger, jugèrent uéce&saire d'iatervemr.

— On va reconduire monsiaui: à soa d(»Dliicile et là il vous fera demander si hon M semble.

— Veuillez en ce cas prendre du moixïs mon nom, répliqua un des mardiaads de sauté, en tendant sa carte à l'agent. Vous serez assez bon pour faire mettre eu toutes lettres daos les non velles diverses des journaux qui ne manqueront p de raconter le fait que c'est le docteur Ricochet qui a prodigué au blessé les premiars secours.

— Par exemple!... ne l'écoutez pas et acceptez une carte, afin de faire constater que c'est le docteur Maniveau qui, avec un dévouement audessus de tout éloge... ^

— Il ferait beau voir, qu'on méconnût le droit à ce point I c'est moi le docteur de Orandpré, rue de la Mule, 1233... Vous entendez^ répéta-fe-il

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