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LES ÉTRENNES DE PITANGHOIS

Diable I

PliaDchois, moD ami, il ne s'agit pas de lésiner. Ce diable! que tu viens de laisser échapper est une pingrerie.

T'en Yoilà pour tes petits six mille francs.

Ni plus ni moins.

Ce n'est pas tout, Pitanchois, tu te dois à toimême d'égaler en cette occasion Timpartialité de Salomon.

Madame Pitanchois a tout Pair d'avoir depuis quelque temps des soupçons sur tes coups de canifs. Elle s'assombrit visiblement.

L'occasion est précieuse pour la rasséréner. Un cadeau galant dépistera ses idées noires.

Donc trois mille francs pour les étrennes de madame; trois mille francs pour les celles de Dolorida.

Juste autant pour ta femme que pour ta maitresse.

Je crois que l'on ne peut pas faire mieux les choses...

Sur ce monologue, Pitanchois se sourit dans le

miroir de sa conscience — et sortit pour aller toir Dolorida.

Le 10 décembre, notre SQpti^Q. d'dgeofc de change eatra oliez an bijoutier »

— Monsieur, je désirerais voir deux bracelets.

— Trois, Monsieur, si vous le souhaitez.

Le bijoutier, qui était laa hMtiM«W»taHWU en montra dii.

Mais il y en avait surtout uii..# Quelque chose de ravissant t

— Combien ? dit Pitanchois.

— Quatre mille francs.

Bigre!

Mentalement il avait déjà fait son addition :

— Quatre mille et quatre mille serai^t huit mille... Je [réfléchirai, conclut-il en satoani te fcijoutier.

LES CTItEVNCS BB mAUCSlOlS OJI

Quand il fut daus la rue :

~* C'est TPfttaieiit dommage que ce bracelet ne coûte pas trois jnille francs.

J'aurais fait faire les deux pareils.

Dolorida aurait été capable de m'adorer pour six mois de plus.

Mais quatre mille U*

U est vrai que madame Pitanchois n'a pas beaucoup besoin de bijouxl Une femme comme il faut flôitMlter par la simplicité.

Et puis, pour ce qu'elle sort !...

Avec deux mille francs j'aurai «pour «He quelque .cacbemiire'qi» lui sera aussi agréable.

Car enfinxseqaVonjdoit tegaorder, c-est l'inteo*tion.

.C'est décidé.

Deux mille pour ma femme, quatre mille pour

le bracelet de Dolorida. L'équilibre reste — et je fais toujours très-bien les choses.

Le 20 décembre, Pitanchois retoorna chez le bijoutier pour acheter le bracelet.

— Monsieur ne veut pas la broche pareille?

— C'est vrai... La broche?... Combien coûterait la broche?

— Mille francs seulement.

Pitanchois continua à réfléchir.

Et tandis que le marchand respectait sa réverie :

— Cela ferait cinq mille...

Tl ne resterait plus pour madame Pitanchois que... Il est vrai qu'elle n'a pas besoin d'un cachemire de plus, ma femme.

Celui de ses noces est encore bon conmie neuf.

LES ÊTRENNES DE PITANGHOIS 273

Dolorida serait si heureuse I... D'autant plus qu'au fond je suis persuadé que madame Pitanchois ne se doute de rien.

Elle est sombre, j'en conviens, mais ce sont ses névralgies qui en sont cause.

Or, si elle ne se doute de rien, il est complète^ ment superflu que je l'amadoue... D'ailleurs, ayec mille francs on peut encore avoir chez Gi-^ roux un nécessaire très* présentable.

— Monsieur, enveloppez- moi aussi la bro-» che««.

Le 30 décembre, Pitanchois avait eu dans la soirée une querelle avec Dolorida.

. Le soir, après son dîner, il se prit à songer à :elte querelle :

— Pauvre chérie!... J'ai peut-être eu tort... Elle a passe la nuit à mettre du papier chimique à sa tante qui est malade... Et moi qui l'accusais!...

274 Uk^fim MMOISK ET€^

leureœement que raid le jour de Vao.- Au fâii, cela Biê ra^fieUe que j6 a'ai pas eocûne acheté les étrennes de mafiBflUMw

Auttiesi'CequejesaîftqMi?.*. Ua nœesaak'e est ce qui Test le moins dans l'exiâtetioe.

Q*e diAOtrat elle a tout ce qu'à lui faut, Madame Pitàflichoia. Toute faonée, je itoumois à.*. Elle est en 4N^re d'une indifféreocef. Elle ne m'aurait aucune obligation de ce ^oe je ferab pov elle.

Avec les douze mille francs qui restent, je vais aller acheter à Dolorida les boucles d'oreilles cela c^mplétQra la parure.

vn

Le 1*' jaasiiei:, Pita^iebois ne donna rien h sa feipwe.

Mais comme il passait dans le salon, à deux heures, pour aller chez Dolorida lui porter le

lES ÊTRÉNNÈS DE PITANCHOIS 275

bracelet, la broche et les boucles d'oreilles, il aperçut plusieurs forts sacs de bonbons qu'on avait envoyés à madame Pitanchois.

— Au fait!... ma femme n'aime pas les sucreries^ murmura-t-il... ce sera autant d'économisé.

Et il prit trois des plus forts sacs pour les porter àDoloridalII

ym

11 y aura encore cette année beaucoup de Pianchois, allez 1

Lk CORRESPONDANCE DE LiONA

êCkNI DB MCiURS

Ceci Yous représente s

1« MADEMOISELLE LfeONA, — exerçant avec succès et profits la profession de cocotte. — Ne dédaigne pas de jouer de la façon la plus intermittente dans un petit théâtre où la gloire lui coûte cent francs par mois sans les faux frais. Appartement soigné. Éducation non idem. Ne sait

LA CORRBSPONDANCB DB LBONA 277

ni lire ni écrire, — ce qui ne l'empecne pas de trouver moyen de savoir compter ;

â"" URSULE, amie de la précédente. Est partie très-jeune pour faire son voyage autour du monde de la galanterie, mais le Temps mflexible Ta forcée depuis quelque temps déjà à prendre un billet de retour. S'en console en tenant l'emploi de confidente. Fait les lettres de ces dames, pose comme repoussoir dans leurs voitures, leur tire des carottes, leur sert de chaperon, — va-t-en ville et aux bals de Markowski.

MADEMOISELLE LÉONA, commeDçant & procéder à sa toilette.

Cette Ursule!... elle ne viendra pas... Elle de-

vrait pourtant bien savoir que dans ce moment-ci c'est le fort de la saison et que j'ai une correspondance qui... Je changerai mon marchand de blanc... il me la fait à l'oseille avec ses flacons qui ne tiennent rien, — pas même leurs promesses!—Bon! un mot... c'est mauvais sigiie.' Calembour du matin» cbagrin.«.Ohi cette Ursulel

278 lfAl8C>K AMOUR BT C^' '

une fille qae je comble !... Et^ dire que j'ai là ua paquet de lettresiLremplirtioomDibas du factage: parisien. .. et que je ne peux pas savoir ce quMl y a dedans 1 Est-ce malpropre à des parents de ne pas inilior leur progéniture aux mystères de Palphabet !

(Elle ^enduit fartemmt: d'une isomhe de vermUloih)

Je crois qu^oii a sonné, e'est peut-être Ur^le;4 G'esftelle! Ahttevoâlà, toi!

URSULE^ entniit avec précipitatuM^

Ma biche, figure-loi... Ça va bien? Bonjour. * Prête -moi donc cent sous pour mon cocher qui est en bas.

MADEMOISELLE LÉOMa.

Ton cocher 1

~ Oui, J'agis pris llomnihuî,. maïs il a aocro^ cbé dans. lu rue Bc^b^chousart; j'ai vu que Je n'arrl verais jamais et,, pjttlôt queîde;te faireattendra, j'ai ptètm. me. B^xer wi-ôraisei

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