LK MIROIR
Tous, — avec le dédain confiant que leur inspirait leur talisman nouveau, se tordirent de rire» en songeant aux infortunes de ce bonhomme.
Mais, bêlas ! le bon sens propose» et Tbomme dispose.
Le lendemain matin, — il paraît qu'on était pressé dans ce ménage-là, — le premier des Cent dix mille, en se faisant la barbe dans son miroir providentiel, aperçut soudain. •<
Impossible de s'y méprendre.
C'était bel et bien une teinte blonde comme les épis. La teinte du premier degré.
— Ctorbleui... ma femme l...s'écria-t-il avec une intonation francboisienne, ma femme me... Je... Elle m'aimait tant!... D'où donc pourrait venir?... Il est vrai que, depuis quelque temps, ce maudit Cercle accapare toutes mes soirées... Je ferais peut-être bien de rester un peu plus souvent auprès d'elle. •• Merci t j'en ai assez du tête*
204 BCAISON AMOtJR ST C^*
Môte... Un an de lune de miel quand on n'a pas de bail» c'est déj& joli... Et puis nous avons ce soir un baccarat monstre^*, je resterai un autre jour... D'ailleurs, ce miroir radotOt.. Gécilia n'oserait*.
Et î) partit potenr le CAtde.
Le second jour, ce fut le tour du second des Cent dix mille.
— laune paille t... je suis jaune pailtel... Nom d'un petit bonhomme î Adélaïde, une femme que j'ai épousée pour son argent, aurait l'audace de.é*
Hum!... ce M. Jules qui vient à la maison.
Allons doncl comme s'il existait un homme plus charmant, plus beau^ plus fascinateur que moil
A la vérité, toute la journée je suis à la Course,
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où )'al, par parenthèse, rincé deux cent mille francs ce D)oî^ci««.
Âa diable ce mir^r idiot I... Il font que Je rat^trape mes écus...
Et il s'en fat sons la colonnade de la place Yi- Yienne.
Lé f rôisièmé jour, ce fut le tour da troisième :
— Jaune serin I... serin, qui? jaune, quoi?... Sac à papier i... Mais je n'entende pas de cette couleur-là, moi !•••
Mais je. ••
Il n'y a donc plus rien de sacré sur terre f ... Héloïse, une demoiselle que je stiid allé cbefcher en province! qui à des goûts de famille t qui sait faireles confitures et i^aecommoderles chaussettes !
Les fruits maiiqueraient<^ilë k ses tonserves ou (es trous à son aiguille ! C'est inyraisemblable ! Alors, que lui faut-il de plus ?
Je sais bien qae Gavalcada» une écuyère de rHippodrome, m'absorbe an peu, beaucoup, pas* sioûoémeot, et que je oe reotre quelquefois pas du tout.
Ma femme aurait-elle des soupçons ?
Penh I elle 1 la candeur départementale !... range de la gelée de coing!... Ce miroir est un crétin.
Héloïse m'aime en épouse. Gavalcada m'adore en écuyère. Tenue des cœurs en partie double. •• Je suis un heureux drôle.
Et il Yola chez Gavalcada»
Ainsi des autres.
A la fin de Tannée, ils étaient soixante-dixneuf mille en plein jaune safran 1 1 1
Soixante-dix* neuf mille qui, alors, — pour n& plus be voir, — jetèrent leurs miroirs par la fenêtre...