LES VADIUS ET LES TRISSOTUIS
— Par Tahnemann...
—-Ah! c*est ainsi...
— - Vous le prenez sur ce ton...
— Nous allons voir.
— On vous apprendra la politesse...
Sur ce^ les quatre champions commencèrent à en venir aux mains avec un acharnement que l'amour de la science ne sufGisait pas à rehausser.
La garde arriva sous la conduite du caporal traditionnel.
-— Qu'est-ce que c'est? demanda le caporal.
— C'est des marchands de santé qui s'attrappent, cria la foule.
— Des marchands de santé !... Peloton!... em* poignez-moi-les.
Les soldats ne bougèrent pas...
— Eh bien ! de quoi 1 Des braves» qui ont dix ans de campagne, reculer devant quatre faibles citoyens.
— Dame, caporal, excusez si j'objecte, fit tin des soldats; mais des docteurs, on a beau être brave. •• Ils n'auraient qu'à nous reconnaître un jour à l'hôpital...
— C'est juste... Eh bien, celui qui les em*
170 LES IfARCHANDS DE SAMîf
poigne nonobstaDt, je solliciterai ponr lui de ravancement.
Les quatre soldats s'élancèrent aussitôt avec une témérité qui parut vivement impressionner les assistants.
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tfsttoe HèUdbônift^ ooûsîdôrdtt Oûiéiâays-âii cûio dB l'œil, mm il se g»da<]mii>âe. lui demander e>mplB. àidi ae& sensations». Il pcélônuiliaisser agir la raison» gui dexrait tM eu. tardi csûouîrer ses droits.
Ce fut donc sileneieBsemDi qpfOA anrira^ aa (aèîMft des dmsêiUaUfM gratuites oa plutôt à roo de ces cabinets.
Lft mnaAvB m était, en effiQt4SMsâdépab]e». et il fallait qp0: FautasiapGaeitalO! ireceUit dana son
sein bien des philanthropes pour qu'ils se livrassent à Texercice d'une médecine si désintéressée. ^
Telle fut du moins la réflexion qui reconforta un peu le petit-fils d'Argan, que la scène précédente avait visiblement démoralisé.
Autre sujet de remarque.
La foule était beaucoup moins grande à la consultation gratuite qu'à la consultation de mille francs.
Cette dernière particularité n'avait pas encore pu être éclaircie par Onésime quand il se trouva en présence du docteur Tatonnet.
Le logis du docteur Tatonnet affectait une simplicité voisine de la nudité; pas un tableau sur les murailles^ pas une glace, pas une tenture.
Rien que des rayons de sapin chargés de gros livres de médecine ; un bureau de bois blanc et deux chaises de paille. Sur l'une le docteur, sur l'autre le malade.
Car là on consultait assis.
Tous ces détails causèrent à Onésime une impression favorable.
^ Je crois que cette fois j'ai mis la main sur un modèle de probité et de dévouement...
GONSUI^TATIONS GRATUITES 173
Le docteur Tatonnet fat doux, paterne, char«mant.
^— Monsieur, dit-a à Onésime après l'avoir examiné avec beaucoup de soin en apparence » monsieur, ce sont les entrailles qui sont chez vous le siège du mal; mais des entrailles F affection s'est propagée dans tout le corps.
La franchise me fait un devoir de vous parler ainsi ; d'ailleurs mon langage ne saurait vous être suspect.
Vous savez en effet que je donne toujours mes soins gratuitement.
En échange de ce procédé, dont vous apprécierez j'espère la délicatesse, je ne demande au maladd qu'une seule chose, à savoir de se conformer scrupuleusement à la médication que je prescris.
J'ajoute surtout une importance capitale à ce que les remèdes soient bien préparés.
Tout est là, monsieur, tout est là.
Aussi me suis-je adjoint un pharmacien de la loyauté duquel je me suis assuré, et chez lequel je veux exclusivement qu'on porte mes ordonnances.
Vous comprenez, monsieur, qu'en cela votre
174 un MARCHANDS DB SANTÉ
intérêt seul me goide, puisque les bénéDces qu'il peut réaliser n'entrent pas dans ma poche.
Voici ma prescription—
n montrait une pancarte dé tàx colonnes. — II n'y faut pas négliger un mof^ pas modifier un iota.
Permettez-moi, — pour ptus^dë sftretë et toujours dans Totre intérêt — de donner moi-m&ne les ordres nécessaires.
Mon pharmacien est à Tétage ci-dessous ; mes remèdes familiers y sont prêts d'avance.
L'affaire de cinq minutes...
Ce disant, le docteur Tatonnet glissa son ordonnance dans une sorte de tube qui communiquait avec rétage inférieur.
Au bout de quelques instants, deux garçons pharmaciens parurent, portant chacun un volumineux paquet.
— Posez cela sur la table, dit le docteur Tatonnet simplement. Vous me répondez sur votre tête de la qualité des produits...
— Monsieur le docteur. . .
— C'est que je ne plaisante pas» vous le savez. Merci 1...
CONSULTATIONS 6IUTIIITB8 175
Pois 86 retournant vers Onésime.
^- Mon cher monsieur, je crois que vous serez une de mes plus belles cures... Voici la note du {Aarmacien... 921 francs 50, que je me charge* rai de lui remettre de votre part. ^'
— Neuf cent vingt et un firancs de drogues!
— 11 ne manquerait plus, monsieur, que vous marchandassiez.
Il me semble que je ne vous marchande pas mon temps, moi qui consacre aux classes souffrantes mes willes et mes forces...
— Neuf cent vingt et un francs, répéta Oné* sime en payant machinalement et en se laissant fourrer par le docteur Tatonnet un des gros paquets de remèdes sous chaque bras.
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