E8 AMOURS THERMALE
Ce récit véridique fait à Onésime par maître Helleborus ne devait pas le persuader. Probablement c'était pour cela qu'Helleborus l'avait fait, car voyant son ami hocher la tête :
— Je vous ai divulgué, lui dit-il, l'art de fabriquer une source et de s^en créer des millions de revenus.
— Tout cela est bel et bon, mais on ne trompe point ainsi toute une population.
-^ La tromper en quoi? Les autres eaux màné-
LES AMOURS THEBMALES 225
raies naturelles de Fantasia-Planète n'ont jamais fait de bien, celles-ci ne font point de mal. Partant quitte.
— Si ceux qui y vont ne s'en trouvaient pas satisfaits...
— Ils s'empresseraient de n'en pas informer les antres, afin de leur laisser partager leur déception.
— Vous êtes désillusionnant.
— Et vous illusionné. Mais j'avais si bien prévu le cas que nos bagages sont déjà portés dans la voiture à vapeur qui nous attend en bas.
— Pour nous emmener?
— AUX eaux de Blaguen-Blaguen, parbleu ! Les voyages ne duraient pas longtemps dans la
planète Fantasia et, en une vingtaine de minutes, les deux touristes avaient franchi les quarante-six lieues et trois quarts.
Encore n'eurent ils la peine que d'en franchir quarante j car la file des voitures à vapeur amenant des buveurs aux eaux de Blaguen-Blaguen commençait à six lieues et trois quarts de distance.
Un employé s'approcha.
— Ces messieurs viennent pour les eaux?
— Oui, parbleu, mais nous ti'y sommes pas.
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— Impossible d'aller plas loin, messieurs. Tout est retenu jusqu'au 28 septembre.
— Et nous sommes au i^r mai.
-^ Oai> monsieur.
Le 28 septembre» à 2 heures 35 du matin, monsieur sera admis à boire no verre de la précieuse source. Pas avant.
~ C'est prodigieux, fit Qnésime presiiue enthousiasmé.
— - Vous allez attendre? dit Helli^orus car* guois.
—•Si ces messieurs ne veuilentpas rester tout ce temps-là en voiture» continua obligeamment l'employé, ils peuvent descendre dans un des neuf mille hôtels d'attente fondés sous le patronage du docteur Balissan. On y <est admirablement pour trois cents francs par jour.
— Saperlote ! ne put s'empêcher de crier Onesime.
~ Âh ! monsieur, on est nourri, objecta l'employé.
—Je l'espère bien... Mais à quoi diable allonsnous passer notre temps jusqu'au 28 septembre 2 heures 35 du matin?...
Au moment où Onésimi^ se posait cette ques-