‹ Les marchands de santéChapitre 91 sur 166 · LE RENDEZ-VOUS · texte numérisé non relu

LE RENDEZ-VOUS

Obligé de rentrer chez moi pour appliquer sur la * blessure un morceau de taffetas... La raie un peu plus bas... Pas tant; vous allez d'un extrême à Tautre...

— Est-elle bien ainsi ?

— Non... oui... c'est bon... Je n'ai pas le temps... CetH ebmme un fait exprès ! juste le jour où je tiens à déployer tous mes avantages... Je vous dis que je n ai pas te t. . . Ah ! si, un peu de cosmétique à la moustache pour dissimuler certains poils gris... Assez!... Où ai-je fourré mon chapeau maintenant?... Un chapeau tout necrf... Sans doute ce monsieur^ qui se faisait couper les cheveux, l'aura pris pour le sien...

— Soyez sans crainte, monsieur, nous le connaissons... Il le rapportera. ••

— Il le rapportera! la belle avance!... C'est aujourd'hui qu'il me le fallait... Ce vieux feutre me coiffe d'une façon ridicule... J'ai l'air, ma parole d'honneur, d'un vrai Cassandre... Ma blessure continue à saigner à flots...

80i MABKMr AMOTTR ET c'*

-^ Nous sommes désolés, monsiâor, de ce^ con* tff64emps, eLune autre fois...

•^ Désûtés tanlqueYoïifr voudrez. .. En atten* dant...

— Croyez, monsieur, que..*

— Entendu ! convenu I Je crois.. • Quand celuilà me reverra i... Me couper un jour de premier rendez vous... Et ce chapeau I... Cela me cuit horriblement... Rentrons bien vite appliquer ud peu... C'est singulier, i] me semblait que. mon taffetas d'Angleterre était dans ce tiroir... Non t je me souviens, je Tai placé à droite, dans ma commode... Non I. .. je l'ai serré à gauche dans le secrétaire... J'en perds la tête, ma parole !... Le voici... Penh I de loin cela ressemble à une mouche etla mouche ne messied point... Hâtons-nous, le soleil est radieux, la nature semble sourire à mon bontieur:.. Mieux* vaut arriver le premier... 6«t empressement la touchera... U n'y à. pas de !«tlres pour moii, madame Duuand?

•^N<MQ, moosîetir.

— Pas de contre -ordre, sa«ré t..*

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—Seulement, le locataire da seeond m'acbargé de TOUS parier... S se plaiot que le matin vous remuez les metiMes dès faurore, ^ il prétend qoe si tous continnez, il vous fera donner congé*

— Congés à mot t le plus ancien habitant de la maison !..•

— C'est ce que je lui ai réponda. Mais yow sarvez, il y a des gens méchants. J'ai eu beau lut dire : « Monsieur, le locataire du troisième est un homme rangé; s'il se lève le matin, c'est pour...»^

— Merci, vous m'achèverez ce récit un autre: jour...

— Ah 1 mais c'est que je ne veux pas qu'où vous calomnie...

— Un autre jour, madame Danand, uu -autre jour!...

Enfin, me voici dans la rue. D'ici aux Champs-Elysées, avec un temps semblable, j'en ai pour une demi-heure à peine. D'ailleurs je ne suis pas fâché de me donner un peu de mouvement .. Mon émotion s'accommoderait mal de l'immobilité. .. Elle est si charmairte I... Des yeux^ un nez^

une bouche I... et des cheveux i des chevenx qu'elle coiffe avec un goût... Je ne le suis guère bien coiffé, moi... Je viens dans une glace d'apercevoir Tabominable feutre..» Et dire que je vais avoir le bonheur d'offrir mon bras à un pareil sylphe pour le conduire à rExposilion permanente des produits de TÂlgérie !...

Ciel i mon chef de bureau !... Moi qui ai prétexté un violent rhume pour conquérir cette journée d'indépendance... Cachons-nous sous cette porte pour le laisser passer...

Boni il s'arrête pour lire les affiches de théâtre ! Ces choses-la n'arrivent qu'à moi... Il cherche ses lunettes pour déchiffrer des lettres de vingt- cinq centimètres, et l'on conserve de tels aveugles dans l'administration au lieu de donner leur place à des employés qui, comme moi... Bien sûr, il les apprend par cœur... Pendant ce tempslà. Theure vole et il pénètre sous cette porte un courant d'air... 11 s'en va, merci mon... Son garçon de bureau qui l'accoste à présent !... Pour peu qu'ils entament la conversation... Le garçon lui

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remet une lettre; il cherche de nouveau ses lunettes... Alors j'en aï pour trente-cinq minutes au moins... Dieu soit loué, il s'éloigne en Usant:..

Doublons le pas; car je finirais par m'attarder...

Prenez donc garde, manants i... Ces maçons sont d'une maladresse. Ils ont toujours Tair de se frotter avec préméditation sur les habits noirs qu'ils rencontrent. Sans compter que le plâtre frais est d'un tenace... Je lui expliquerai la cause de cet accident et elle me pardonnera de me présenter à demi-enfariné... Elle a le cœur si compatis-^ sant... C'est une véritable perle qu'une femme comme celle-là, et si je puis écarter les autres prétendants qui aspirent à sa main, cet hymen me promet toutes les joies... Les autres prétendants!... Puis-je les craindre après la preuve de sympathie dont elle m'honore... M'autorisera la conduire à l'Exposition permanente des produits de l'Algérie!... Ou je ne m'y connais pas, ou un tel témoignage est significatif. Montrons-nous par notre diligence digne de cette précieuse faveur.

QO' MAI8Û37 AMÙim ET G**'

HeiB? Qui est-ce qui se permet de me donner an coap de oanne sur mendiapeaul.^.TieDs^c'est toi, Eugène !..•

— Md-màme». et je m te lâche pas. ..Ah ! monsieur, vous restez des mois entiers sans venir voir vos amis... Je t*emmène à la maison •« Tu y passeras la journée et ta dîneras avec nous...

— - Je te remercie, mais il y a impossibilité. Je suis invité...

— Au moins ne me refuseras-tu pas d'accepter au café?...

— Mon médecin mse défend absolument de rien prendre entre mes repa& Un violent rhume... Eum\ humt...

— Un peu de mvop de gomme ne saurait te fiiire mal. J'ai tant de choses à te raconter...

— Mon amr... ce serait avec un grand plaisir... mais, à te parler franchement, une afTair e m'appelle, et de ce pas...

— De quel côté vas-tu ?

— Mais du eôték)»' faubourg du Temple.

-^ Parfait ! je t'accompagne. Just^xienl je vou-

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laîs aller voir mon onde Benoit , qni demeure...

— C'est qu'auparavant je sais obligé de passer auGros-Caiiloa...

— Eh bien 1 je suis ton homme... Ma vieille cousine Julie habite ce quartier, et je lui dois une visite.

— Mon cher, sans cérémonie, je ne puis profiter de ton offre obligeante... Un rendez- vous..*

— Du moment où vous doutez de ma discrétion... il suffit... je n'insiste pas... Adieu t

— Serais-tu fâché?

— Moi!... oh 1... du tout !... seulement... II suffit... Adieu!

— Encore un ennemi à la caisse d'épargne ! Est-ce ma faute?... N'y songeons plus... El songeons plutôt à elle. Ce maladroit m'a retenu -là margré moi... Mon tailleur maintenant I

— Monsieur vot^e trôs^bumble... J'allais cbes/

TOUS

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— Ayez Tobligeance de repasser- . je suis trèspressé.

— Si monsieur pouvait régler ma petite note... le commerce est si dur en ce moment.

— Demain, je verrai... je...

— La note n'est pas très-élevée. J'ai pour aujourd'hui des échéances.

— Demain, je vous le répète...

— Au besoin, je me contenterai d'un petit àcompte. Mon cadet a la rougeole et les médecins sont si coûteux.

— Je ne m'en délivrerai jamais... Tenez, voici deux louis... quant au reste...

— Bien reconnaissant, monsieur, bien reconnaissant.

— Soyez ingrat, mais laîssez-moi m'en aller. Quelle heure est-il, mon Dieu I Ah I dans cette

boutique... Deux heures moins vingt... et elle m'attend à deux heures... c'est impossible... Cette autre pendule... midi dix... celle-ci retarde à n'en pas douter. Cette troisième... trois heures trente-cinq... Cette qualricme, neuf heures qu.i-

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