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aux mariages consanguins, el par ordre de fréquence : l'idiotie, l’aliénalion mentale, l’épilepsie et les convulsions du jeune âge, la Surdi-mutité, les maladie de la vue, la stérilité et certaines difformités congénitales.
Idiotie, aliénation mentale, épilepsie, convulsions du jeune âge
Parmi les nombreuses opinions que nous avons rapportées dans le chapitre précédent, nous avons vu celles d’Esquirol et de Luys sur l'influence nervo-mentale de la consanguinité. Nous avons vu que ces deux savants n’hésitaient pas à considérer les mariages consanguins comme dangereux à ce point de vue, et que le mieux était de s’en abstenir. C’est aussi l'opinion de plusieurs autres savants :
s Le D' Howe parle de 17 mariages consanguins qui donnèrent naissance à 95 enfants, dont quarante-quatre idiots, 12 scrofuleux, { sourd-muet, 1 nain et 27 seulement d’une santé supportable.
Mitchell cite 37 mariages consanguins qui donnèrent 146 enfants, dont 8 idiots, 5 niais, ? épileptiques, ? paralytiques, 2 sourds, 3 monstres, 1 rachitique et 2 scrofuleux.
Le professeur Trousseau, dans sa Clinique médicale de l’Hôlel-Dieu de Paris, rapporte ces trois observations qui lui sont personnelles : À ;
« J'étais mandé naguère dans une famille napolitaine. L'oncle avait épousi sa nièce : 1! n'y avait dans la famille
aucun antécédent fâächeux. Sur quatre enfarts, la fille
ainée est de nature fort bizarre ; le second fils est épilep-
tique, le troisième enfant est très sensé, le quatrième est idiot et épileptique.
« Je suis lié d'amitié avee une autre famille dont l’un des chefs a également épousé sa nièce. De cette union sont issus quatre enfants, l’un a été pris à sa naissance de convulsions éclamptiques graves, un autre fils est idiot et épi- leptique.
« Dernièrement encore, je voyais avec M. le docteur Moynier, un jeune garcon épileptique né de cousins germains ; et à quelque temps de là j'avais occasion d'observer deux faits analogues : l’un chez un jeune homme de trentedeux ans, l’autre chez un enfant idiot et épileptique. »
Et :l conclut ainsi : « Maintenant que je m’enquiers avec soin chez mes malades de ce qui a rapport à la consanguinité, alors que J'ai affaire à des sourds-muets, à des idiots, à des épileptiques, je ne saurais vous dire combien cette influence me paraît active dans l’étiologie de ces aflections. » E
Le témoignage d’un homme qui s’est montré, dans tout ce qui touchait son art, si profond observateur, est trop précieux pour ne pas être rapporté ici en entier.
Legrand du Saulle racontait que sur 4 enfants issus d’un inceste, il avait trouve ? idiots, 1 épileptique et 1 hydrocéphale.
Les statistiques des asiles d’idiots ont fourni pour la proportion des consanguins à Bemiss 7 et 15 pour 100; Mitchell 18,8 et 23,2 pour 100. Dans le Connecticut, en 1856, 12,5. Down, sur 852 idiots, 7 pour 100; Ilowe, sur 359, 4,7 pour 100. Darwin fils a trouvé 170 consanguins
nor eu
sur 4,822 aliénés (3,5 pour 100), uu peu plus que la proportion des mariages entre cousins germains.
D'autre part, voici ce que dit M. J. Voisin, dont la longue carrière s’est passée dans les asiles : « Pour ce qui concerne l'idiotisme, la folie et l’épilepsie, mes observations m'autorisent à dire que rien n’est moins certain que cette influence des mariages consanguins. J’ai pris les observations de 1,157 malades dans les différents services de Bicêtre et de la Salpétrière où J'ai été tour à tour médecin et j'ai constaté que la consanguinité ne pouvait être une seule fois incriminée, quoique j'ai eu bien soin d'interroger moimême les parents. Or, si la consanguinité était une cause si décisive, J'aurais dû en observer les effets déplorables parmi ces 200 idiots ou idiotes et ces 1,157 aliénés.
C'est aussi l'avis de MM. Bourneville, Gottschalk, qui invoquent l’hérédité comme seule cause. Et ce dernier nous apporte un grand nombre d'observations où l'affection nerveuse est sous la dépendance de l'hérédité névropathique, de l’arthritisme, de l'alcoolisme, de la syphilis, etc.
Comme on le voit, les avis sont nettement partagés, et le pour et le contre a été soutenu par des hommes de valeur. À quelle opinion convient-il donc de se rattacher ? Sera-ce à celle qui prétend que les unions consanguines peuvent avoir une influence fâcheuse sur les produits de la génération, où à celle qui prétend qu’elles n’en ont aucune, et que l’hérédité seule est cause du mal ?
Evidemment, l'hérédité similaire ou transformée joue un très grand rôle dans la transmission des maladies du Système nerveux, et on serait tenté de croire, à l'exemple de Moreau de Tours, qui fait intervenir l’hérédité dans les
Re
9/10° des cas, qu’il existe toujours quelque antécédent qui puisse expliquer l’affec‘ion nerveuse ou mentale constatée. Nous admettons bien qu’on lui fasse la plus large part, à VFhérédité de transformation surtout ; car il n’est pas douteux que toutes les causes qui sont capables d’altérer d’une manière lente et continue la nutrition, et par suite celle du système nerveux, peuvent favoriser l’appatition d’uné des maladies qui nous occupent. Mais néanmoins il existe, c’est indéniable, des exemples d’idiotie, d’aliénation mentale et d’épilepsie où aucune cause héréditaire, de similitude ou de transformation ne peut être invoquée. Alors si on ne trouve absolument rien chez les ascendants qui puisse expliquer la dégénérescence constatée, pourquoi ne pas vouloir reconnaître à la consanguinité une entité étiologique à part qui nous rende compte de faits inexpliqués. Nous avons lu plusieurs travaux et de nombreuses observations absolument concluantes qu’il faut admettre sans restriction.
Après avoir rapporté une observation type, communi-
quée par M. Rameau à la Société d'anthropologie, nous en
“présenterons quelques-unes que nous avons recueillies nous-même, et six autres que nous devons à l'extrême
-obligeance de M. le docteur J. Voisin, de la Salpétrière, et -de M. Génevrier, un de nos amis, externe dans son service.