‹ Les Mariages Consanguins et Leurs ConsequencesChapitre 18 sur 31 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

(Salpétrière, Service de M. le Dr J. Voisin).

Mélina Ha..,, agée de 6 ans et demi : Convulsions et chorée,

Son père et sa mère sont cousins germains.

Le père a eu jusqu’à l’âge de 7 ans des crises de nerfs (?) qui ont disparu sans traitement. Pas d’alcoolisme,

La mère ne présente rien d’anormal dans ses antécé— dents héréditaires et personnels. Nostalgie pendant sa grossesse. Etant enceinte de quatre mois, elle fit une chute. du haut d’une voiture de blé : pas de douleur, pas de perte. Elle accoucha à terme d’une petite fille, qui eut au 4° jour de l’ophthalmie purulente.

Une tante est épileptique.

Enfant : Pas de convulsions pendant la dentition, mais trés agitée et têtue, riant et pleurant sans motifs toute une journée.

Elle a eu deux pertes de connaissance avec petites convulsions, rotation des globes oculaires, sans incontinence:

AR

ni écume. La nuit elle est agitée, elle repasse mentalement ce qu'elle a fait dans la journée.

Mouvements choréiques de la face, des yeux. Pas de troubles de la sensibilité. La mère dit qu’elle est très intelligente ; elle sait, d’ailleurs, lire et écrire très correctement.

Ces mouvements choréiques de la face datent de deux

ans, ceux des yeux datent de 8 jours seulemeni.

Elle est soumise depuis trois ans au KBr., sans résultat.

OBSERVATION XI (Salpétrière, service de M. le D'J: Voisin).

Charlotte Fol..…., âgée de 2 ans : Convulsions et para- -lysies.

Le père et la mère sont cousins germains. o

Antécédents personnels et héréditaires du père. — Menuisier sobre, le père et la mère sont bien portants. Antécédents personnels et héréditaires de la mère. — Elle se porte bien aussi, et n’a Jamais été malade, le père et la mère sont bien portants. Grossesse et accouchement normaux.

L'enfant a été mise en nourrice, et élevée au biberon. À 7 mois, elle eut des convulsions, à la suite desquelles la jambe droite devint paralysée et s’atrophia. Mais la jambe gauche restait normale, la petite malade la remuait et s’appuyait dessus, quand, il y a 3 mois (janvier 1895), elle fut prise d'accidents convulsifs à la suite desquels ce membre gauche devint paralysé à son tour, ainsi que le bras du même côté. Le bras droit ne le fut jamais. é Cette petite fille a commencé à parler à quinze mois ; sa première dent n’apparut qu’à un an. Elle n’a jamais marché, elle est toujours restée sur sa chaise, ou se traînait par terre en tenant ses jambes avec ses mains et en s'appuyant sur son côté gauche qui n’est pas atrophié.

LA

Maintenant (avril 1895), le bras commence à remuer, mais les jambes sont toujours paralysées, et aucune amélioration ne s’est produite.

Surdi-Mutité

Parmiles affections imputées aux unions consanguines,. la surdi-mutité tient une des premières places. Cela peutil être ? Il nous semble que pour répondre à cette question, il faut examiner avec soin quelle est dans cette affection, la part de l'hérédité et celle de la consanguinité.

Ménière, dans ses Recherches sur l'origine de la surdilé, s'exprime ainsi : « On peut dire aujourd’hui que tous les enfants sourds-muets doivent le jour à des enfants entendants et parlants. Il n’y a pas longtemps que l’on a recueilli les premiers faits en contradiction avec ce principe, et l’on a pu constater un certain nombre de fois, l’hérédité directe de la surdi-mutité. On doit dire, cependant, que ces faits constituent une rare exception, et qu'habituellement, dans l'immense majorité des cas, les sourds-muets mariés à des sourdes-muettes ont des enfants qui entendent et parlent. Cela est vrai à plus forte raison, quand le mariage est mixte, c’est-à-dire quand un des époux, seul, est sourd-muet. » Ainsi donc, d’après cet ob$ervateur, le plus grand nombre des cas de surdi-mutité, J'entends la surdi-mutité congénitale, échapperait à l'influence d’une hérédité qui devrait, en ces cas, s'exercer dans toute sa force. Quelle est alors la cause de cette surdimutité ? Pour Ménière, c’est le plus souvent la consan- . guinité, mais 1] n’apporte pas de statistique à l’appui de sa thèse.

DE Re

Boudin fit ce travail et est arrrivé aux propositions générales suivantes :

«is Les mariages consanguins réprésentent environ deux pour cent de l'ensemble des mariages, tandis que la proportion des sourds-muets de naissance issus de mariages consanguins, est à l’ensemble des sourds-muets de naissance :

a). À Lyon, au moins de 25 pour cent.

b). À Paris, de 28 pour 100.

c). A Bordeaux, de 30 pour 100.

2° La proportion des sourds-muets de naissance croît avec le degré de la consanguinité des parents; si l’on représente par ! le danger de procréer un enfant sourdrauet dans un mariage ordinaire, ce danger est représenté par :

18 dans les mariages entre cousins germains.

37 dans les mariages entre oncles et nièces.

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