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enfants, compte neuf idiots ; idiots, soit, mais encore a-t-il fallu les engendrer, et une telle fécondité ne se concilie guère avec la stérilité reprochée aux mariages consanguins. M. Bourgeois, dans sa thèse inaugurale, donne la généalogie de sa propre famille, famille « surchargée de consanguinité », comme dit l’auteur, car on y compte jusqu’à 64 unions consanguines, qui toutes ont donné d'excellents produits. Dans une statistique relativement récente, "le I» Saint-Martin de Madrid, étudie 161 mariages Consanguins : 12 sont sans enfants ; les 149 autres en ont eu 551, dont 300 bien portants, 236 sont morts et 15 malades. Parmi ces derniers 5 sont sourds-muets, 2 idiots, 6 scrofuleux, rachitiques ou tuberculeux et 2 hémiplégiques.
Dans le Nivernais cependant, le D' Cointe qui exerce depuis de longues années dans une contrée où les mariages consanguins abondent, nous assure qu’il a constaté la stérilité bien des fois. Voilà ce qu’il nous écrit à ce sujet : «J'en viens à la commune de Germenay ; là, il y a succession non interrompuede mariages consanguins, aussi la population diminue, beaucoup d’unions sont stériles, et on observe le plus souvent tous les accidents énumérés ci-dessus. Ce que j'ai remarqué, je vous le donne sous toute réserve, c'est que le plus souvent c’est le premier né qui est victime ; ensuite, les autres enfants échappent plus ou moins à‘ces accidents, mais il y a toujours quelque chose d’anormal. »
Si maintenant nous consultons la zootechnie, nous apprenons de M. Cornevin que l'union des pores consanguins donne des produits qui, dès leur naissance, sont de véritables boules de graisse et restent stériles. Cette asser-
tion nous paraît fausse. Nous quisommes fils d’agriculteur, et qui avons été à même de nous rendre compte du fait, surtout dans le Morvan où on élève de grandes quantités de porcs, nous avons toujours constaté que dans la plupart des fermes on garde pour la reproduction un porc mâle qui féconde avec succès ses consanguins les plus proches ; et nous n’avons jamais vu que les produits fussent inférieurs à ceux provenant d’un mäle et d’une femelle étrangers. Il en est de même pour les taureaux et génisses charolais-nivernais dont la race est une des plus appréciées de France. Et cependant que d’agriculteurs choisissent leur taureau parmi les jeunes bêtes de leur écurie ! Le directeur des volières du Jardin d’Acclimatation, a dit à M. Regnault que, si la consanguinité est continuée jusqu’à la troisième ou quatrième génération, les oiseaux deviennent stériles, parce que les parents deviennent de plus en plus chétifs. Nous n'avons constaté cette dégénérescence dans aucune basse-cour où cependant tous les volatiles finissent par être consanguins au bout de peu de temps. Enfin, les pigeons font invariablement deux petits de sexe différent qui le plus souvent s’accouplent entre eux ; chez les perdrix et les cailles les accouplements se font dans la compagnie, par conséquent entre frères et sœurs. Cependant ces espèces ne s’éteignent pas et ne paraissent pas péricliter. En résumé, l'influence de la consanguinité autrefois admise est aujourd’hui très contestée. On a en effet remarqué que certains mariages consanguins sont très féconds, alors que d’autres sont stériles. La consanguinité, d’une facon générale semble exagérer, accentuer les défauts ou les qualités d’une même race ; au point de vue de la stérilité, si le mari et la femme font partie d’une nombreuse
famille, il est probable que leur union sera des plus ficondes, si au contrairé ils sont enfants uniques leur mariage à de grandes chances de rester stérile.
Difformités congénilales
De toutes les déviations organiques, celle qui a été le plus fréquemment observée est la polydactilie ; le phénoz mêne contraire, lectrodacltilis, est bien moins fréquent. Devay cite un petit village isolé de l'Isère, nommé Izeaux, où les habitants se mariaient constamment entre eux, et ainsi fréquemment en famille. A la fin du siècle dernier, de. cette manière de: faire, de’ ces alliances constantes entre parents éfait née et entretenue par elle une monstruosité singulière qui frappait toute la population. Dans cette commune, hommes et femmes étaient porteurs d'un sixième doigt supplémentaire, implanté aux pieds et aux mains ; mais lorsque les communications devinrent plus faciles, les mariages croisés les firent disparaître peu à peu. Cette particularité a été constatée aussi par le Docteur A. Bonnet (de Lyon), qui dit avoir opéré fréquemment des enfants atteints de cette infirmité, tous issus de mariages entre parents.
Le pied-bot congénital (tarus équin) a été aussi rencontré chez es enfants dont les parents étaient consanguins. Devay l’a rencontré 5 fois sur 82 cas. « Cette difformité, dit-il, est très commune dans les familles ou lhabitude de la consanguinité persiste depuis longtemps. » Le professeur Lannelongue, dans sa thèse d’agrégation, dit qu’il y a prédominance des pieds-botschez les enfants issus d’unions consanguines (23 fois plus que chez les autres).
St AE
Le retard dans la dentilion a été aussi rencontré plusieurs fois. Et nous rapportons nous-même une observation intéressante de persistance du trou de Boltal, où une double consanguinité semble être intervenue. Différentes monstruosités du crâne et de l’encéphale ont été aussi signalées. Il n'existe qu’un cas d’anencéphale, les parents étaient cousins germains.
il est évidemment certain, et c’est en effet ce qui a lieu le plus souvent, que des vices de conformation des doigts et des pieds, un retard dans la dentition, des difformités du crâne, etc..., ont des causes toutes autres que l'influence de la consanguinité, mais il n’en est pas moins certain non plus, de nombreuses observations le démontrent, que la consanguinité peut exercer une influence souvent fâcheuse sur fa conformation des produits.
OBSERVATION XIV (Personnelle)
Les nommés B.., et CG... de Ger... (Nièvre), sont cousins germains, et mariés depuis vingt-deux ans. À l’époque du mariage, les conjoints ne présentaient aucune tare, mais nous devons dire que depuis la mère se trouve atteinte de tuberculose pulmonaire.
De cette union sont nés deux enfants : l’un rachitique et atteint de tuberculose pulmonaire est mort à-18 ans ; l’autre a été bien portant jusqu’à ce jour.
OBSERVATION XV (Personnelle)
Les nommés C... et P... d’Asn..… (Nièvre), cousins germains, sont bien constitués et bien portants. Ils ont deux filles : l’une est rachitique et hydrocéphale ; la deuxième est forte et bien portante en ce moment.
OBSERVATION XVI (Personnelle)
Les nommés F.…. de Ger.… (Nièvre), sont cousins -germains, et mariés depuis quelques ann‘es seulement. Ils sont tous les deux très forts et bien constitués. Nous n’avons pu déceler chez eux, ni chez leurs parents, la moindre affection qui pût expliquer le mauvais état de santé dans lequel se trouvent deux enfants issus de ce mariage. Le 1°", un petit garcon, est intelligent mais vraiment trop fort” pour son-ôge il a: 17 mois et pêse 2{ kilog. ; n'y aurait-il pas disposition à l’obésité ? Le deuxième, une petite fille, est chétive et atteinte d’un pied-bot congénital du côté droit. |
OBSERVATION XVII (Personnelle)
| À Cer..… (Nièvre), deux familles ont contracté entre elles trois mariages consanguins :
Le 1* ménage a eu six filles, trois sont mortes adul-
tes, sans présenter de tare ; une âgée de 66 ans, présente Perrin. 8