‹ Les Mariages Consanguins et Leurs ConsequencesChapitre 23 sur 31 · OBSERVATION X VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION X VIII

Due à l’obligeance de M. le D' Vilon, chirurgien de l'hôpital civil de Versailles

Deux familles, la famille F... et la famille R... La famile F... a deux fils qui épousent les deux filles de la famille R... L'un des ménages a un fils, et l’autre une fille qui s’'épousent. Le D' Vilon m’assure que tous les ascendants qu'il connait personnellement ne sont frappés d'aucune tare constitutionnelle. De l'union contractée entre ces cousins deux fois germains, naissent trois enfants : l’ainé, âgé aujourd’hui de {8 ans, a une persistance du trou de Boltal : le second est bien portant actuellement ; le troisième est , atteint d’un mal de Pott.

OBSERVATION XIX (Personnelle)

Lucie X..., 10 ans : Dégénérescence mentale. Polydactylie.

Antécédents héréditaires : Le père appartient à une famille de cultivateurs, dont tous les membres sont robustes et bien portants. Mais lui-même n’est pas. d'une très forte constitution : il a une maladie de foie pour laquelle il est allé plusieurs fois à Vichy. Aucune trace: d’alcoolisme, ni de syphylis.

La mère à une santé délicate; elle n’a cependant jamais eu de maladie grave. Elle doit avoir des tendances à la tuberculose, sans en avoir eu jusqu’à présent aucun symptôme : ses parents sont en eflet morts tous les deux tuberculeux, la mère ayant contracté cetle maladie auprès de son mari mort quelque temps avant elle. Enfin quelque temps avant son mariage, la mère de notre petite fille a eu -des troubles nerveux dont elle ne peut préciser la nature.

Le père et la mère de Lucie X... sont cousins germains, enfants du frère et de la sœur.

La petite Lucie est leur premier enfant, née environ un an après leur mariage. Depuis ils ont eu un petit garçon, àgé aujourd’hui de 4 ans ; il est parfaitement conformé et a une excellente santé.

La grossesse s’est très bien effectuée ; la mère ne se rappelle pas avoir eu à cette époque ni chagrin, ni commotions morales d'aucune sorte. L'accouchement a eu lieu au septième mois, sans qu'aucune cause extérieure, chute ou ‘Coup, paraisse l’avoir déterminé.

À sa naissance l'enfant pesait 850 grammes. On l'éleva dans l’ouate avec quelque difficulté.

Aux mains et aux pieds on remarque un doigt supplémentaire ; ce doigt est parfaitement conformé, et est un peu plus petit que l’auriculaire auquel il fait suite. Il existe aussi un métacarpien et un métatarsien supplémentaires. Les parents, craignant que ce doigt ne gêne l’enfant dans la suite, pour jouer du piano ou exécuter des travaux manuels, se décident, sur l’avis d’un médecin, à le faire enlever. On attend que l’enfant ait quelques mois, et l’on pratique la désarticulation de la 1° phalange, l'opération d’ailleurs réussit entièrement. Toutefois, le métacarpien fait en dehors du petit doigt une saillie très disgräcieuse et même gênante pour l'enfant.

La croissance se fit très rapidement. A 3 ans, la petite Lucie est de beaucoup plus grande que les enfants de son âge, mais son intelligence est très longue à s’éveiller. Sa. 1re dent n’est apparue qu’à l’âge d’un an.

À deux ans et demi, elle sait à peine marcher.

À trois ans, elle ne parle pas encore et ne prononce que quelques monosyllabes inintelligibles. Son regard n’a aucune vivacité. La face présente une légère asymétrie, et lon peut trouver quelques stigmates de dégénérescence (voûte palatine ogivale, oreilles non lobulées).

À cinq ans, elle commence à comprendre et à prêter attention à ce qui se passe autour d'elle, elle arrive à manger proprement et à s’habiller seule. On l'envoie alors à l’école où elle apprend l'alphabet : mais elle éprouve la plus grande difficulté à coordonner les syllabes et à lire les mots; elle a la même difficulté à apprendre à écrire et à coudre.

Aujourd’hui enfin, elle ne lit pas encore couramment et sait à peine écrire. Elle conserve un certain embarras de la parole, ne peut pas articuler nettement beaucoup de ses mots, et emploie en parlant beaucoup de monosyllabes que seules les personnes de son entourage peuvent comprendre.

Critique des trois opinions émises

Nous avons vu dans un des chapitres précédents que les nombreux travaux publiés sur la consanguinité pouvaient se résumer dans les trois opinions suivantes :

128 Presque toutes les alliances entre proches parents ont des résullats fâächeux ;

2e Les mariages consanguins ne sont nullement préjudiciables, le plus souvent même ils donnent d'excellents résultats ;

3° L'influence des mariages consanguins est bonne ou mauvaise suivant que les auteurs sont exempls ou affectés de maladies constitulionnelles.

Ainsi le désaccord règne dans la science ; tandis qu’un grand nombre d’hygiénistes se prononcent ouvertement contre les mariages entre proches, plusieurs autres taxent lenrs craintes de chimériques et cherchent à représenter les unions consanguines non seulement comme inoffensives, . mais même comme avantageuses, pourvu que lés conjoints se trouvent dans de bonnes conditions de santé. En un mot, tandis que les uns affirment le danger des unions consanguines, les autres affirment. leur innocuité et même leur supériorité.

Maintenant que nous connaissons les différentes opinions émises sur la consanguinité, que nous savons que

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