mariages qui se font chaque année, il y en a
entre neveux et tantes, c’est-à-dire { sur 4946.
La moyenne des mariages entre oncles et nièces est un peu plus élevée : elle est de 168 par an pour la France, et de 8,4 pour la Nièvre; ce qui fait, pour la France, 1 sur 1707. Dans la Nièvre, durant ces vingt-cinq dernières années, il y a eu 10 mariages entre oncles et nièces, tandis qu’il n’y en a eu que 6 entre neveux ct tantes.
Les mariages entre cousins germains sont beaucoup plus fréquents. Pendant la même époque, il y en a eu 64.468, ce qui nous donne, pour la France, une moyenne annuelle de 2.930, c’est-à-dire un mariage sur 97. Dans la Nièvre, il y en a eu 585, ce qui.fait une moyenne de 26 par
an.
et
. Historique et Revue des principaux travaux publiés
L'historique des mariages consanguins est curieux et intéressant à plus d’un titre. Tout d’abord, il nous ouvre des aperçus sur-l’état social et la morale de différents peuples ; puis il peut, dans une certaine mesure, fournir quelques arguments pour ou contre ces sortes d’alliances. En vérité, il faut avouer que ces arguments sont un peu étrangers à un sujet purement médical, mais il est bon de signaler que différents auteurs n'ont pas hésité à s'en servir; ces auteurs sont justement ceux qui ont émis les premiers des opinions sur la question, opinions qui, d’ailleurs, sont toutes spéculatives, comme nous le verrons.
« Maudit soit celui qui dort avec sa sœur, avec la fille de son père ou de sa mère, dit Moïse dans le Lévitique. Qu'on les tue devant le peuple. » Sans être aussi sèvère à l'égard des unions entre oncles et nièces, entre neveux et tantes, le législateur des Hébreux les défend formellement. Pourquoi cette défense ? La raison, la seule, croyonsnous, nous la trouvons dans la longue série de commandements que Moïse adresse à son peuple. Qu'on les lise, et on n’y verra d’autres motifs invoqués que ceux de la morale et de la pudeur : à chaque instant, reviennent les mots honte, ignominie, inceste, etc. C’est « ce noble instinct de
pudeur » (Saint-Augustin), qui, à l’aurore de la civilisation a fait condamner les alliances entre parents chez presque tous les peuples civilisés. Mais ce ne sera qu’au milieu de notre siècle qu’on verra intervenir les raisons médicales ou hygiéniques.
Les Perses, les Mèdes, les Indiens, les Ethiopiens, s’unissaient à leurs mères, filles et petites-filles, dans une très forte proportion, sans que personne, prétre, magistrat, société, y trouvât à redire. Bien mieux, les Perses accordaient une considération toute spéciale aux enfants nés de l’union d’une mère avec son fils, union que les mages surtout, qui joignaient le prestige de la science au caractère religieux, mettaient en pratique. :
Chez les Grecs, les frères et sœurs du même père, mais de mères différentes, pouvaient se marier ensemble. A Athènes le frère, seul héritier, pouvait, à son choix, épouser sa sœur ou la doter. Lorsque les Ptolémée, d’origine grecque, devenaient souverains d'Egypte, souvent, par intérêt dynastique, ils se mariaient entre frères et sœurs. Issue de cette famille, Cléopâtre, qui elle-même épousa ses deux frères, Ptolémée XII et Ptolémée XIII, était fort belle et séduisante.
A Rome, les alliances entre parents étaient sévèrement interdites : ainsi le mariage de l’oncle avec la nièce était regardé et puni comme inceste ; les mariages entre cousins, après avoir été défendus, puis permis, furent de nouveau prohibés sous peine de mort.
Les Arabes épousaient leurs mères jusqu’à Mahomet. Mais le Prophète interdit de pareils mariages,et bien d’autres encore dans le Coran. « N’épousez pas les femmes
qui ont été les épouses de vos pères ; c’est un crime. Il ne vous est pas permis d'épouser vos mères, vos filles, vos sœurs, vos tantes, vos nièces, vos sœurs de lait, vos grand'mères, et les filles des femmes dont vous avez la garde, à moins que vous n’aycz pas cohabité avec leurs mères. »
Les aborigènes du Pérou, du Brésil, de Californie, semblent avoir prêté peu d’attention aux mariages Consanguins. Au contraire, les unions entre parents rapprochés étaient interdites et sévèrement punies chez les naturels du Mexique, de Haïti et surtout d'Australie. La législation chinoise défend tout mariage entre personnes pouvant avoir un lien de parenté quelconque, si éloignée que soit celle ct ; ilen est de même en Turquie, chose assez surprenante chez des peuples qui, pratiquant la polvgamie, ne paraissent pas avoir une morale bien farouche !
L'Eglise catholique a un peu varié dans ses décisions concernant les mariages consanguins, mais en général s’est montrée sévère à leur égard. Le concile de Tolède de 991 les défendit absolument, quel que soit le degré de parenté des époux. Les autres conciles du sixième siècle, à Clermont, Orléans, Tours, Auxerre, moins rigoureux, les permirent jusqu'aux cousins au premier degré. Le pape Saint-Grégoire-le-Grand interdit le mariage entre parents à la seconde génération, entendant par là les cousins germains, et les permit aux fidèles à la troisième et quatrième gén ‘ration.
Nous n'insisterons pas sur les décisions prises par les conciles suivants qui tantôt interdisent les mariages au troisième degré de parenté seulement (oncle et nièce, tante