‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 117 sur 318 · Saini'Sinwnf t. II, p · texte numérisé non relu

Saini'Sinwnf t. II, p

duchesse de Bourgogne ^ ; à quatorze ans, on convoitait pour elle cet aiïreux bc^tard de Soissons, qui échut depuis à W^ de Luxembourg*. Autre imputation,|celle-là plus grave et malheureusement fort vraisemblable : « elle avait un peu rôti le balai. » Sans compter les eiïets d*une précoce fréquentation du monde, la maison où elle avait grandi n'était pas faite pour abriter et défendre la pureté de son âge. Son aïeule, la maréchale de la Ferté, avait poussé si loin reiïronterie, que même les femmes les plus décriées avaient cessé de la voir^. Sa mère ne devait rien à son aïeule; et si le monde ne s*était pas retiré d'elle, c'était non parce qu'elle avait moins de vices, mais parce que le monde était devenu plus accommodant ; il s'amusait de sa belle humeur, et fredonnait à demi-voix les vers qui couraient sous son nom, vers lestement troussés, où elle faisait gaiement litière de la patience conjugale des la Ferté *.

Quant au duc de la Ferté, il ne manquait ni de cœur, ni même d'esprit à la guerre, mais il n'avait jamais plus d'esprit que le verre en main : c'était un intrépide convive ; il tua bien des gens à table, et (inil par s'y tuer lui-même, à quarante-sept ans. Cet homme, dont on avait pu croire pendant un temps qu'il ferait aussi bonne figure à la tête d'une armée que le maréchal son père, devait donner à ses soldats, dans ses dernières campagnes, le scandaleux spectacle d'un général toujours pris de vin ^ Avec de tels parents, qui vivaient d'ailleurs brouillés et séparés, on juge si la conduite de M"* de Menetou était à l'abandon ! Il est vrai que la réputation du mari qu'on lui offrait valait encore moins que la sienne ; mais ici le profit égalait la honte : Monsieur faisait de ci grands avantages à son

Page 1