Saint-Simon, t. VIII, p. 336; t. XH, p. 38i
^8 LA NOBLESSE UË KÂCE.
La liste des mariages de la maison de Noailles était enfin close! Dangeau ne peut résister au plaisir de la réciter tout entière, et d'égaler son admiration à là longueur de Ténuuiération :
Les huit sœurs mariées du duc de Noailles sont la duchesse de Guichc, la marquise de Goetquen, la maréchale d'Estrées, la marquise de la Vallière, la marquise de Beaumanoir, qui est veuve, la marquise de Gondrin, la marquise de Ghâteaurenaud> et celle qui va épouser M. de Louvois. Je marque cela par la singularité de huit liiles de qualité de même père et de même mère toutes bien mariées ^
Nous allions oublier, avec Dangeau, une neuvième iille de la maréchale de Noailles, sa fille d'adoption, la plus séduisante de toutes. Qui croirait qu'une mère de famille aussi occupée ail eu du cœur et du temps de reste pour se charger encore d'une petite parente, la Iille de M. de Bournonville -, son cousin germain, et d'une sœur de M. de Chevreuse? M"* de Hournonville, dont la mère était morte en 1701, vécut moins au couvent qu'à l'hôtel de Noailles ; la maréchale, sans aucune appréhension jalouse, la menait pai*tout avec ses filles, et triomphait aussi franchement que si elle eût été sa vraie mère, de l'éclat ravissant de ses grâces. M"® de Lœwenstein semble renaître, à vingt ans d'intervalle, dans M"' de Bournonville, pour l'éternel enchantement de cette cour. Elle apparaît à Versailles comme la déesse de la jeunesse ; elle anime les promenades, les bals, les fêtes diverses de sa gaieté légère; elle est l'âme de toutes les mascarades ; elle se travestit en amazone, en Espagnole, en mariée de village, en dame de carte, et quelque forme qu'elle prenne, elle est toujours charmante : lorsque la duchesse de Bourgogne se déguise en Flore, la plus belle et la plus agile des nymphes qui voltigent autour de ses pas est i^r^' de Bournonville ^. Hébé la divine était aussi la bien dotée : aux 100 000 écus que lui avait légués son père, le roi ajoutait un guidon des gendarmes de 100000 livres ; elle avait de plus la fortune de sa mère. Aussi put-elle échapper aux