Le comte de Gisors, par G. Roussel
3. Marie Fourché, dame de Quchillac, très-riche héritière de Bretagne, dit Moreri.
4. Sdint-Simonf t. VI, ch. xi. Il y avait trois espèces de ducs : 1" les ducs et pairSf qui avaient droit de séance au Parlement comme pairs du royaume, et dont les duchés-pairies se transmettaient à leurs héritiers mâles par ordre de primogéniture ; ^^ les ducs non pairs, qui avaient des terres érigées en ducid; ils n'avaient pas le droit de siéger au Parlement, mais ils jouissaient des mêmes distinctions honorifiques et leur titre était également héréditaire; 3" les ducs à brevet. Le hrcvet qui les autorisait à prendre le titre de duc n'était qu'un acte privé du roi, qui n'était ni vérifié, ni enregistré par les cours souveraines. Ce brevet ne pouvait ôlro Iraiismi? à leurs fils qu'avec une autorisation spéciale du roi.
Cette duchesse, fort méiée aux controverses théologiques du temps, fut le disciple favori de M"* Guyon. « C'était par excellence la grande âme devant qui Monsieur de Cambrai même était en respect. » Saint-Simon s'exprime en termes plus familiers sur son mari, a Le duc de Béthune n'était qu'un frère coupe-choux qu'on tolérait à cause d'elle. » MM. de Chevreuse et de Beauvilliers se rencontrèrent avec elle dans la sainte phalange qui luttait pour Fénelon, lui vouèrent un profond attachement et firent obtenir à son fils, le duc de Charost, l'une des charges de capitaine des gardes, devenue vacante par la mort du maréchal deBoufflers. Les Charost recouvraient ainsi le bien qui leur avait échappé et retenaient ceux qu'on leur avait donnés en compensation.
Une grande ambition unie à une profonde ignorance de toutes choses, mais ennoblie de beaucoup de probité, d'honneur, de sûreté dans les relations ; un tempérament débordant d'activité, des passions ardentes combattues par une ardente piété et domptées « à force de bras », un goût des plus vifs pour le monde avec tous les dons pour y réussir, et en même temps une fidélité, un dévouement conjugal poussés jusqu'aux dernières limites, une causerie intarissable et jamais indiscrète, un commerce étroit, ma;s pur de toute débauche, avec les plus brillants libertins de son temps, une verve honnête et charmante qui tempère leur gaieté sans l'étouffer, tels sont les traits contradictoires qui composent la physionomie originale du duc de Charost, cet autre petit-fils de Fouquct. Il agrée aux personnages les plus divers, et soit que les saints ou les roués dominentdansleconseil, ilavance toujours sa fortune. En 1711, c'est le duc de Bourgogne qui le désigne pour la charge de capitaine des gardes ; en 1722, le Régent le choisit pour gouverneur de Louis XV, et le descendant de Fouquet prend la place du plus cher favori de Louis XIV, qu'on envoie sous bonne escorte consumer sa rage et son orgueil dans sa terre de Villeroy K
I. Saint-Simon, t. VI, p. 89, 169, 353; t. Xfl, p. 40-4. — Le duc de Charost avait épousé en secondes noces la fille du marquis de Baulo qui lui avait apporté de sept à huit cent raiUe francs de bien. Elle mourut en 1712, " à cinquante et un ans, après plus de dix ans de maladie, sans avoir pu *Hn' remuée de son lit, voir aucune lumière, ouïr le moindre bruit, enfondrc ou dire plus de doux mots de suite, et encore rarement, ni changer
Villeroy supplanté par un petit-fils deFouquet! Qui donc, dans la précédente génération, eût jamais pu imaginer un tel caprice de la fortune? Mais était-il plus facile de prévoir que les Charost et les Belle-Isle compteraient parmi leurs plus dévoués protecteurs les alliés ou les descendants de l'implacable ennemi de leur aïeul, MM. de Chevreuse et de Beauvilliers, gendres de Colbert, M™* de Lévy, sa petile-fille? Les Fouquet relevés par la famille même qui les avait précipités, quelle preuve plus frappante de l'éternel flux et reflux qui ballotte les passions et les fortunes humaines !
de linge plus de deux ou trois fois ran, et toujours à rextrêmc onction «iprës cette fatigue. Les soins et la persévérance des attentions du duc do Charost dans cet état furent également louables et inconcevables ; et elle les sentait, car elle conserva sa tête entière jusqu'à la fin avec une patience, une vertu, une piété qui ne se démentirent pas itn instant et qui augmentèrent toujours. »