‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 154 sur 318 · Metz et le pays Messin · texte numérisé non relu

Metz et le pays Messin

vérifié, ambassadeur extraordinaire pour l'élection de l'empereur, général d'armée et le dictateur de l'Allemagne * ! »

Veuf sans enfants d'une riche héritière, une Durforl-Sivrac, qui s'était entêtée de lui sans qu'il le fût d'elle (elle était « extrêmement laide, encore plus folle »), il se remaria en 1729 avec la jeune et charmante veuve du marquis de Médavy- Grancey, Marie-Casimir de Béthune, petite-nièce de Marie de la Grange d'Arquien que son mariage avec Sobieski avait portée jusqu'au trône de Pologne. De cette union, qui fut heureuse malgré la disproportion des âges, naquit ce brillant et vertueux comte de Gisors, auquel les années seules manquèrent pour égaler ou surpasser peut-être les talents et le renom paternels. Les Fouquet eurent aussi leur Marcellus, dont une plume éloquente a naguère fait revivre la touchante figure K

La postérité de Fouquet se continua encore avec quelque éclat par une fille née de son premier mariage avec Marie Fourché ^ Il l'avait donnée, lorsqu'il était à l'apogée de sa faveur, au comte de Charost, petit-neveu de Sully, qui devait succéder à son père dans la charge de capitaine des gardes. Le TellieretColbert, aprèsavoir écrasé Fouquet, s'appliquèrent à sceller sa ruine; ils ne virent pas sans inquiétude le crédit de ses alliés, les Charost, mais ils le battirent en brèche sans parvenir à le ruiner. Les Charost n'abandonnèrent l'importante charge de capitaine des gardes qu'en obtenant du roi de précieux avantages, entre autres la dignité de duc à brevet, avec la promesse de la première pairie vacante*. C'est ainsi que la tille de Fouquet devint bientôt duchesse de Béthune.

1. Sainl-Simony t. IV, p. 383. — L'électeur de Bavière fut élu empereur en 1742, sous le nom de Charles Vit.

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