‹ Les mariages dans l'ancienne société françaiseChapitre 157 sur 318 · Sabït-Simoii, l. VI. p. HiC · texte numérisé non relu

Sabït-Simoii, l. VI. p. HiC

â98 LES FAMILLES DES SECRÉTAIRES D*ÉTAT.

Ces innocentes plaisanteries de M. de Beauvilliers n'altéraient pas sa parfaite union avec son beau-frère; si l'un avait le sens plus judicieux que l'autre, ils se ressemblaient merveilleusement tous les deux par la noblesse et la pureté du cœur :

M- de Beauvilliers était grand, fort maigre, le Tisage long et coloré, un fort grand nez aquilin, la bouche enfoncée, des yeux d'esprit et perçants, le sourire agréable, Tair fort doux, mais ordinairement fort sérieux et concentré. 11 était né vif, bouillant, emporté, aimant tous les plaisirs. Beaucoup d'esprit naturel, le sens extrêmement droit, une grande justesse, souvent trop de précision ; renonciation aisée, agréable, exacte, naturelle; Tappréhensiou vive, le discernement bon, une sagesse singulière, une prévoyance qui s'étendait vastement, mais sans s'égarer; une simplicité et une sagacité extrêmes, et qui ne se nuisaient point Tune à l'autre ; et depuis que Dieu l'eut touché, ce qui arriva de Irès-bonne heure, je crois pouvoir avancer qu'il ne perdit jamais sa présence, d'où Ton peut juger, éclairé comme il était, jusqu'à quel point il porta la piété. Doux, modeste, égal, poli avec distinction, assez prévenant, d'un accès facile et honnête jusqu'aux plus petites gens ; ne montrant point sa dévotion, sans la cacher aussi, et n'en incommodant personne, mais veillant toutefois ses domestiques, peut-être de trop près ; sincèrement humble, sans pr(*ju<licc do ce qu'il devait à ce qu'il était, et si détaché de tout que je ne crois pas que les plus saints moines l'aient été davantage, l/oxtrême dérangement des affaires de son père lui avait néanmoins donné une grande attention aux siennes, ce qu'il croyait un devoir, qui ne l'empêchait pas d'être vraiment magnifique en tout, parce qu'il estimait que cela était de son état ^

Quant au duc de Mortemart, il était, au témoignage de ses beaux-frères, lorsque lamort l'enleva prématurément, « rhomme de son temps de la plus grande espérance et pour son âge de la plus grande réputation ».

Les filles de Colberl étaient dignes de leurs maris ; la cour était édifiée de leurs vertus et, malgré leur origine, charmée de leurs grâces. La vive duchesse de Mortemart, que le souffle de Fénelon enflamma d*une ardente piété, quitta de bonne heure le monde, où elle élait aussi goûtée que répandue -. La belle et aimable duchesse de Chevreuse fit les délices de la jeune cour, se mêla à tous ses divertissements sans s*y alla-

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